Sœur Emmanuelle, la battante inébranlable, s’est éteinte en France

Soeur EmmanuelleGrand hommage à sœur Emmanuelle décédée, ce lundi, après avoir vouer une bonne partie de sa vie aux enfants pour les sortir de la misère, les enfants du Caire, en particulier les chiffonniers du Caire.
Elle a bataillé 30 années de sa vie avec les petits chiffonniers du Caire, vivant avec eux dans les montagnes d’ordures de la capitale égyptienne, sœur Emmanuelle battante à la fois inébranlable et dont le franc-parler n’épargnait personne, vient de mourir en France paisiblement dans son sommeil à quelques jours de son centième anniversaire.
Quand sœur Emmanuelle arrive en Caire en 1971, c’est déjà une vieille dame à la retraite. Sa vie, elle l’a passée à enseigner notamment en Turquie, en Tunisie puis à Alexandrie. Elle travaille dans écoles catholiques huppées, mais elle ne supporte plus l’océan de misère qu’elle domine autour d’elle. C’est à Ezbet El Nakhl, un bidonville au nord du Caire, que sœur Emmanuelle décide d’entamer sa 2ème vie, là des milliers de « Zabalin », les chiffonniers, vivent dans la pauvreté absolue, l’insalubrité, la maladie, ils trient les ordures des millions d’habitants du Caire sans jamais recevoir ne serait-ce que l’aumône d’un regard.
Parmi ces exclus et pendant 20 ans, Sœur Emmanuelle va lutter, faire vacciner les enfants, créer les dispensaires, elle ouvre des écoles, elle apprend aux mères les notions élémentaires d’hygiène. Elle entraîne surtout avec elle ceux qui aujourd’hui perpétuent son travail, à l’instar de sœur Sara une religieuse Copte devenue sa compagne de route, très émue de la disparition de celle qu’elle considérait comme sa sœur autant que son modèle et dont elle dit qu’elle lui a ouvert les yeux. Il y a également toutes des associations très actives, notamment dans le domaine de l’éducation et de la santé, elles sont coordonnées par Asmae, l’Association des Amis de Sœur Emmanuelle, qui prolonge au-delà des frontières de l’Egypte l’héritage et la dynamique de cette religieuse pas comme les autres.
« Yalla », disait-elle toujours, ponctuant ses phrases d’un éclat de rire, une image pour toujours attachée à ces chiffonniers avec lesquels elle a tout partagé.

20 octobre 2008

Laisser un avis ou un commentaire

Partager cet article MaghrebInfo

S'inscrire à la newsletter MaghrebInfo

Abonnez-vous à MaghrebInfo et recevez dans votre boite les dernières mises à jour du site, Entrer votre Email:

Ne pas oublier de confirmer votre inscription en cliquant sur le lien reçu par email