Nouveau code électoral en Tunisie

Révéler les conditions de déroulement des élections tunisiennes du 24 juillet pour la création d’une Assemblée constituante, une stricte parité entre hommes et femmes et la proportionnelle pour permettre aux petits partis d’être représentés.
Une nouvelle étape a été franchie sur la voie de la transition politique en Tunisie. Hier soir ont été officiellement adoptées les règles pour les élections de la prochaine Assemblée constituante, ce sera le 24 juillet et ce sera – à plusieurs titres – une première dans la région en raison notamment de la place sans précédent accordée aux femmes.

code électoral en Tunisie

Nouveau code électoral tunisien

La révolution est toujours en marche en Tunisie malgré certains soubresauts, on apprend ainsi que la prochaine Assemblée constituante sera pour moitié composée d’hommes et pour moitié de femmes, et que l’élection se fera selon un mode de scrutin favorable aux petits partis.
Il est donc prévu un scrutin de liste à la proportionnelle au plus fort reste et qui respecte la parité hommes-femmes, c’est la révolution dans la révolution, l’altérante parfaite entre candidats masculins et féminins sur toutes les listes électorales. C’est ce que prévoit l’article 16 du décret-loi qui encadre l’élection le 24 juillet prochain de l’Assemblée constituante. Un principe de parité fondé d’ailleurs, dit le nouveau code électoral, sur le rôle prépondérant des femmes dans la société tunisienne, citoyenne à part entière depuis 1957 et la promulgation du (CSP) le Code du Statut Personnel.
Oui donc à la parité hommes-femmes, mais non en revanche au RCD. Les anciens responsables gouvernementaux ces 10 dernières années tout comme ceux du pari présidentiel dissous, ne sont pas éligibles, c’est l’article 15 du décret-loi. Cette mesure est loin de faire l’unanimité, elle a été âprement discutée au sein de la haute commission. Certains estiment que seule une décision de justice peut rendre ces anciens responsables politique inéligibles. Ils voient dans cette mesure une décision arbitraire négation des principes même de la démocratie qui pourrait conduire aux extrêmes.
Mais la majorité a tranché et le vote de la haute commission hier soir reflète un courant dominant qui juge que finalement le remède reste moins mauvais que le mal, et que cette inéligibilité des anciens hommes de Ben Ali permet d’arrêter une bonne fois pour toute la machine du RCD.

 

12 avril 2011

4 Commentaires concernant “Nouveau code électoral en Tunisie”

  1. Mounir Ben Aïcha dit :

    Titre : Béji Caïd Essebsi, un vieillard tunisien, ancien dictateur, encore assoiffé de pouvoir.

    Auteur : Mounir Ben Aïcha.

    Le 09 janvier 2013

    Lorsque le Président tunisien Habib Bourguiba a été destitué le 7 novembre 1987, ce dernier était âgé de 84 ans et trois mois, étant né le 3 août 1903. A l’époque, on invoquait comme raison de sa destitution, son âge très avancé… Mais, si ce vieillard de Bourguiba a été destitué en raison de son âge de 84 ans, voilà qu’un autre vieillard âgé aujourd’hui de 86 ans en l’occurrence Béji Caïd Essebsi, né le 29 novembre 1926 (plus vieux que Bourguiba) tente par tous les moyens de devenir Président de la République Tunisienne, durant l’année 2013….! Heureusement que le projet de la nouvelle Constitution tunisienne dans son article 67, limite l’âge de la candidature aux présidentielles à 75 ans au maximum….

    Affichant un style autoritaire lui rappelant ses années de dictature lorsqu’il était sous Bourguiba au Ministère de l’intérieur de 1956 jusqu’au 8 septembre 1969, Béji Caïd Essebsi n’a pas pu se démarquer de cette attitude répressive….

    Aujourd’hui, ce vieillard de Béji Caïd Essebsi ne peut tenir un discours sans qu’il soit en contradiction avec ses anciens discours.

    Lorsqu’il était Ministre de l’intérieur sous Bourguiba durant les années 60, en pleine promotion, Béji Caïd Essebsi satisfait, faisait l’éloge du Bourguiba, en défendant son régime. Mais cette situation a pris fin lorsque Bourguiba avait limogé Béji Caïd Essebsi de son Gouvernement le 8 septembre 1969. C’est alors que Béji Caïd Essebsi a tenté de réintégrer le Gouvernement le 7 novembre 1969, sous Bahi Ladgham, comme Ministre de la Défense Nationale. Mais de nouveau, le voilà limogé par Bourguiba le 12 juin 1970, et désigné comme Ambassadeur de la Tunisie auprès de la France, Béji Caïd Essebsi non content de son limogeage du gouvernement, passe à l’opposition en 1971, en démissionnant de son poste d’ambassadeur en France pour rejoindre l’opposition menée par Ahmed Mestiri, en réintégrant le “Mouvement des Démocrates Soicalistes” (M.D.S). C’est alors que Béji Caïd Essebsi commence à critiquer Bourguiba et son parti le “Parti Socialiste Destourien” (P.S.D.), comme étant monopartiste : ce qui lui a voulu son exclusion du P.S.D de Bourguiba, en 1974.

    De nouveau, lorsqu’il réintègre le gouvernement de Bourguiba en 1980, en tant que Ministre délégué auprès du premier ministre et ensuite en tant que Ministre des affaires étrangères, alors Béji Caïd Essebsi tourne son dos au M.D.S. d’Ahmed Mestiri et redevient subitement Bourguibiste, en cessant ses critiques sur le monopartisme de Bourguiba.

    Encore, dès l’arrivée du président déchu Ben Ali, le 7 novembre 1987, Béji Caïd Essebsi se détache de son Bourguibisme et adhère au R.C.D. défendant l’ère nouvelle du régime de Ben Ali, en tant que député et Président de la Chambre des Députés et membre du Comité Central du R.C.D, (élu 3 fois de suite au sein de ce Comité).

    Et paradoxalement sous l’avènement de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011, Béji Caïd Essebsi critiquant le président déchu Ben Ali et son régime, s’affirmant de nouveau comme un révolutionnaire Bourguibiste…

    Il convient de mettre en relief, le parcours politique de Béji Caïd Essebsi de 1956 jusqu’à ce jour ainsi que ses principales déclarations contradictoires et opportunisites attestant que le sujet en question avait toujours eu comme mobile principal la soif et la prise du pouvoir par tous les moyens à travers ses principales périodes de son parcours politique, notamment durant :

    – la période de la promotion de Béji Caïd Essebsi (juin 1956-8 septembre 1970)

    – la période du déclin débutant le 8 septembre 1969 quand Bourguiba a limogé Béji Caïd Essebsi de son Gouvernement,

    – la tentative de Béji Caïd Essebsi de réintégrer le gouvernement de Bourguiba le 7 novembre 1969,

    – sa tentative avec Ahmed Mestiri pour prendre le contrôle du P.S.D., le 15 octobre 1971 lors du
    8ème Congrès du P.S.D.

    – la réaction de Bourguiba face aux décisions du 8 ème Congrès du P.S.D.,

    – son passage en 1972 à une opposition déclarée contre Bourguiba, en compagnie de l’aile libérale
    d’Ahmed Mestiri,

    – sa désertion du M.D.S. en réintégrant de nouveau le gouvernement de Bourguiba fin septembre 1980,

    – son adhésion au parti de Ben Ali le R.C.D défendant son régime,

    – la période de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011 où Béji Caïd Essebsi tente de se présenter Bourguibiste

    – la période après son échec aux élections de la Constituante du 23 octobre 2011 critiquant la
    légitimité du gouvernement de Hamadi Jebali….

    I- La période de la promotion pour Béji Caïd Essebsi : Juin 1956 – 8 septembre 1969.

    Béji Caïd Essebsi a assuré depuis juin 1956 de grandes responsabilités au sein du Ministère de l’intérieur jusqu’à son limogeage par Bourguiba le 8 septembre 1969 de son portefeuille de Ministre de l’intérieur.

    C’est ainsi :

    – en juin, Béji Caïd Essebsi a été nommé par Bourguiba comme Directeur de la Commission sécuritaire et politique au sein du Ministère de l’intérieur ( N° 2 au sein du Ministère de l’intérieur ),

    – le 8 janvier 1963 au 4 juillet 1965 : Béji Caïd Essebsi a été nommé par Bourguiba comme Directeur de la Sûreté Nationale en remplacement de Driss Guiga . Béji Caïd Essebsi avait occupé ce poste du 15 décembre 1956 au 7 janvier 1963.

    – le 5 juilet 1965, Béji Caïd Essebsi a été nommé Secrétaire d’Etat à l’intérieur en remplacement de Taïeb Mhiri décédé le 29 juillet 1965. Béji CaId Essebsi a été remplacé dans sa fonction de Directeur de la Sûreté Nationale par Foued Mebazzaa.

    II-La période du déclin : le 8 septembre 1969, Bourguiba a écarté Béji Caïd Essebsi de son Gouvernement.

    Cette période de déclin a commencé lorsque Bourguiba avait désavoué Ahmed Ben Salah le 8 septembre 1969 pour l’échec de sa politique collectiviste, il a du même coup désavoué Bahi Ladgam et Béji Caïd Essebsi. Ainsi, le 8 septembre 1969, Bourguiba a mis fin à la fonction de Béji Caïd Essebsi comme Secrétaire d’Etat à l’intérieur. Ce jour même, Béji Caïd Essebsi a été désigné comme Ambassadeur de Tunisie auprès des Etats-Unis, à Washington. Mais cette nouvelle désignation comme Ambassadeur ne plaisait pas à Béji Caïd Essebsi estimant que c’est une sanction déguisée pour pouvoir l’écarter du Gouvernement. Ainsi, Béji Caïd Essebsi n’avait pas accepté cette nouvelle affectation sans toutefois la refuser officiellement, tardant ainsi à demeurer en Tunisie dans l’espoir de réintégrer de nouveau le gouvernement lors du prochain remaniement ministériel.

    De même, Ahmed Ben Salah a été démis de ses fonctions ministérielles le 8 septembre 1969 et a été exclu du P.S.D de Bourguiba ainsi que de son mandat de député. Il a été condamné le 25 mai 1970 par la Haute Cour à dix ans de travaux forcés pour avoir abusé de la confiance du Président et pour sa mauvaise gestion financière dans le système des coopératives…Mais le 4 février 1973, il s’est évadé de la prison regagnant l’étranger.

    La maladie de Bourguiba dès 1967 avait lancé la guerre de sa succession. Lorsque le 14 mai 1967 Bourguiba était victime d’une crise cardiaque ses Ministres les plus proches de lui ont songé à son remplacement. Mais l’état de santé de Bourguiba s’est davantage fragilisé au fur et à mesure de l’avancement de son âge, l’obligeant à s’absenter très souvent de sa fonction de Chef d’Etat pour recevoir des soins et des cures de repos, notamment à l’étranger.

    Les causes du limogeage de Béji Caïd Essebsi du gouvernement, le 8 septembre 1969 sont nombreuses, mais elles tiennent essentiellement à :

    1- la mauvaise gestion sécuritaire par Béji Caïd Essebsi lors de l’échec du système des coopératives introduit en Tunisie par Ahmed Ben Salah, notamment l’affaire du village “Ouardanine” près de M’Saken, en Tunisie qui a éclaté le 25 janvier 1969 et qui a failli déclencher un soulèvement populaire général en Tunisie,

    2- ainsi que la mauvaise gestion par Béji Caïd Essebsi des crises sécuritaires des années 1962 à 1967 qui n’ont pas été appréciées par Bourguiba, notamment dans les affaires qui ont abouti à des grands procès politiques comme les procès des Youssefistes, le procès du complot de 1962 contre Bourguiba, les procès des étudiants en 1966 et en 1967, les procès des manifestants du 5 juin 1967 lors de la guerre des six jours opposant les pays arabes et Israël du 5 juin au 10 juin 1967, les procès en septembre 1968 et en février 1969 à l’encontre non seulement des étudiants mais aussi des enseignants et des opposants de la gauche comme le “Groupe d’Etudes et d’Action Socialiste Tunisien” (G.E.A.S.T.), les membres du Baâth, qui est un mouvement nationaliste Arabe, les Maoïstes et les Trotskystes.

    Toutes ces affaires ont été instruites et traitées au niveau sécuritaire par Béji Caïd Essebsi qui avait la mainmise sur le Ministère de l’intérieur depuis le 8 janvier 1963 et même avant cette date lorsqu’il était responsable depuis 1956 au Ministère de l’intérieur en tant que Directeur de la Commission politique ( N° 2 du Ministère de l’intérieur).Il est à noter que du 4 juillet 1965 au 21 juin 1967, Foued Mebazzaa était le Directeur de la Sûreté Nationale placé sous l’autorité de Béji Caïd Essebsi qui était le Ministre de l’intérieur à l’époque du 5 juillet 1965 jusqu’à la date de son limogeage le 8 septembre 1969 par Bourguiba.

    Les évènements du 5 juin 1967 étaient marqués par des manifestations de la population tunisienne lors de la guerre de six jours opposant Israël aux pays Arabes, guerre qui s’est déroulée du 5 au 10 juin 1967. A Tunis, les manifestants se sont pris au Centre Culturel Américain, également à l’Ambassade de la Grande-Bretagne et aussi des Etats-Unis ainsi qu’à la grande synagogue de Tunis et aux magasins de la rue de Londres appartenant à des juifs tunisiens. Beaucoup de manifestants ont été arrêtés à la suite de cette manifestation A la suite de ces manifestations du 5 juin 1967, Bourguiba a limogé Foued Mebazzaâ, le Directeur de la Sûreté Nationale, le remplaçant par Tahar Belkhoja comme Directeur Général de la Sûreté Nationale et en même temps a adressé à Béji Caïd Essebsi de sévères critiques pour sa mauvaise gestion de ces évènements du 5 juin 1967 qui selon Bourguiba auraient dû être évités à temps par les services de Sécurité.

    Dans une interview donnée à la première chaîne de télévision publique, Al Wataniya, et diffusée dimanche 25 mars 2012, Béji Caïd Essebsi a encore nié sa responsabilité dans l’affaire du complot de décembre 1962 contre Bourguiba, en soulignant qu’il présidait à cette époque aux destinées de l’Office national du tourisme et du thermalisme qu’il a quitté seulement en 1963 pour prendre les rênes de la direction de la Sûreté Nationale au Ministère de l’Intérieur ” alors que tout était terminé ” ajoutant que le dossier de ce coup d’Etat a été traité par le Ministère de la Défense nationale, dont c’était du reste la compétence.

    Ces déclarations de Béji Caïd Essebsi sont mensongères puisque dès le début de l’année 1963, soit le 8 janvier 1963, il était nommé par Bourguiba comme le Directeur de la Sûreté Nationale et que l’ensemble des interrogatoires et l’emprisonnement des accusés et actes de torture perpétrés dans le complot de 1962 ainsi que les autres affaires des opposants de 1965 à 1969 ( étudiants et perspectivistes, enseignants universitaires, gauchistes du parti communiste, maoïstes, trotskystes,et nationalistes arabes nassériens et baâssistes ), qui étaient intervenus à partir de janvier 1963 jusqu’au 8 septembre 1969 relève de l’autorité de Béji Caïd Essebsi, en tant que Directeur de la Sûreté Nationale à partir du 8 janvier 1963 jusqu’au 4 juillet 1965 et en tant que Ministre de l’intérieur à partir du 4 juillet 1965 jusqu’au 8 septembre 1969. Cette grande période est suffisante pour couvrir tous les actes de torture commis sous l’autorité de Béji Caïd Essebsi durant cette période à l’encontre des prisonniers en Tunisie sous le régime de Bourguiba. Il convient également de rappeler que Foued Mebazaâ était aussi responsable des actes de torture puisqu’il était désigné comme Directeur de la Sûreté Nationale du 5 juillet 1965 jusqu’au 22 juillet 1967, sous l’autorité du Ministre de l’intérieur à l’époque Béji Caïd Essebsi.

    En outre, les témoignages de pratique d’actes de torture qui ont été commis durant les années 60 quand Béji Caïd Essebsi était responsable au Ministère de l’intérieur, en tant que Directeur de la Sûreté Nationale à partir du 8 janvier 1963, ou en tant que Ministre de l’intérieur, du 5 juillet 1965 au 8 septembre 1969, sont nombreux comme ceux livrés par : Noureddine Ben Kheder, Ahmed Othmani, Mohamed Salah Fliss, Gilbert Naccache, Aziz Krichen, Fathi Ben Haj Yahya, Sadok Ben Mhenni, Mohamed Charfi, Ahmed Smaoui, Azeddine Azzouz, Kaddour Ben Yochret, Temime H’maïdi, etc…

    Pour éviter d’être sanctionné par la justice, notamment après la plainte qui a été déposé à son encontre par certains avocats en 2011 et en 2012, Béji Caïd Essebsi a réussi à adopter un décret-loi rendant prescriptibles dans le temps les crimes commis sur une période ne pouvant pas dépasser 15 ans, à partir de la date du dépôt de la plainte

    En effet, Béji Caïd Essebsi a réussi à adopter un décret-loi N° 2011-106, le 22 octobre 2011, à la veille des élections de l’Assemblée Nationale Constituante qui avaient eu lieu le 23 octobre 2011. Ce moment a été choisi volontairement parce que la veille des élections de la Constituante, le peuple tunisien était très préoccupé par les élections : c’est ce qui a donné une grande chance au décret-loi N° 2011-106 d’être adopté sans rencontrer à l’époque de commentaire ou de résistance de la part de la société civile, préoccupée davantage par les élections.

    Le projet du texte du décret-loi N° 2011-106 sur la torture a été préparé par le Comité du groupe des Experts au sein de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (H.I.R.O.R.) ou (ISROR) présidée par Yadh Ben Achour. Bien que la HIROR de Yadh Ben Achour a été dissoute le 27 août 2011, le texte du décret-loi 2011-106 sur la torture a été préparé par le goupe d’Experts de la HIROR bien avant cette date de dissolution et transmis à Béji Caïd Essebsi et à Foued Mebazzaä pour adoption et signature sous forme de décret-loi. Ce groupe d’Experts de la HIROR est composé en majorité d’ enseignants universitaires de droit auprès des Universités tunisiennes et ont été désignés par Yadh Ben Achour pour former le Comité de la H.I.R.O.R

    Le décret-loi N° 2011-106 du 22 octobre 2011 relatif aux actes de la torture a abrogé les anciens textes tunisiens relatifs à la torture notamment l’article 5 nouveau du Code des procédures pénales en prévoyant désormais une prescription de 15 ans pour les crimes de torture en Tunisie. De par ce décret-loi N° 2011-106 relatif à la torture en Tunisie, les crimes de torture ne peuvent être sanctionnés que lorsque ces crimes se situent dans l’intervalle d’une période ne pouvant pas dépasser 15 ans à partir de la date du dépôt de la plainte. Ce qui laisse dans l’impunité tous les crimes de torture commis en Tunisie sous le régime de Ben Ali, notamment durant le début des années 90 ainsi que les crimes de torture commis sous le régime de Bourguiba, notamment ceux qui ont été commis dans les années 60 sous la responsabilité de Béji Caïd Essebsi ainsi que dans les années 80 sous la responsabilité des autres Ministres tunisiens…

    Sous le gouvernement de Hamadi Jebali, dominé par la Troïka (CPR, Ettakattol et Ennahdha) aucun texte n’a été adopté officiellement en 2012 pour modifier le décret-loi 2011-106 relatif à la torture. en Tunisie. Les tentatives législatives se situent encore que sur le plan de quelques projets non officiels….

    C’est pour cette raison que Abdallah Kallel et Mohamed Ali Ganzoui ont été jugés le 7 avril 2012 par la Cour d’appel militaire de Tunis, affaire N° 334, non pas sur la base de l’incrimination d’actes de crime de torture commis en 1991 dans l’affaire dite “Barreket Essahel” mais sur la base de l’infraction de l’article 101 du code pénal tunisien qui dispose ainsi :

    ” Est puni de cinq ans d’emprisonnement et de cent vingt dinars d’amende tout fonctionnaire public ou assimilé qui, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de ses fonctions aura, sans motif légitime, usé ou fait user de violences envers les personnes.”.

    D’autre part, le Tribunal militaire de Tunis dans cette affaire N° 334 précitée dite “Barreket Essahel” a rejeté l’application de la loi N° 99-89 du 2 août 1999 au motif que cette loi ne peut pas produire des effets rétroactifs aux actes incriminés remontant à 1991 dans l’affaire de “Barreket Essahel”….! C’est de cette manière que le Tribunal militaire en rejetant l’application de l’article 101 bis de la loi a évité de qualifier les actes incriminés comme étant des actes de torture…! En effet, cette loi N° 99-89 du 2 août 1999 a ajouté un article 101 bis au Code pénal tunisien en disposant dans ses termes :

    “Est puni tout fonctionnaire ou assimilé qui soumet une personne à la torture et ce , dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice des ses fonctions”.

    Le rejet du Tribunal militaire de l’application de l’article 101 bis aux actes de torture commis dans l’affaire dite “Barreket Essahel” est incompréhensible car la rétroactivité ne peut pas s’opposer aux actes de torture qui sont imprescriptibles !

    De même, le Tribunal Militaire de Tunis dans cette affaire N° 334, dite “Barreket Essahel” a confirmé sa compétence rejetant les arguments des avocats de l’accusation qui ont demandé au Tribunal militaire d’appel de se démettre de cette affaire au profit d’un tribunal civil car elle concerne un crime de torture revêtant un caractère pénal.

    Les actes de torture incriminés datant de 1991 remontent à plus de 15 ans se trouvent ainsi prescrits par la loi tunisienne. C’est ce qui explique que la cour d’appel militaire a procédé à la réduction de moitié les peines de quatre ans de prison prononcées le 29 novembre 2011 par le tribunal militaire permanent de Tunis à l’encontre de Abdallah Kallel, ministre de l’Intérieur sous Ben Ali de 1991 à 1995 et de Mohamed Ali Ganzoui, directeur des services spéciaux du ministère de l’Intérieur de 1990 à 1995 ainsi que d’autres officiers des forces de sécurité comme Abderrahmane Kassmi et Mohamed Ennacer Alibi.

    Pour remédier aux actes de la torture et lutter contre l’impunité de leurs auteurs en Tunisie, il est temps que les autorités tunisiennes se décident à modifier le décret-loi N°2011-106 du 22 octobre 2011 relatif à la torture afin de se conformer aux dispositions de la Convention des Nations Unies contre la torture, notamment en prévoyant l’imprescriptibilité des actes de torture en Tunisie et aussi prévoir la compétence des Tribunaux civils tunisiens, et non les tribunaux militaires pour juger les crimes de torture : ce qui est de nature à dissuader dans l’avenir les criminels et empêcher leur impunité….

    III- Béji Caïd Essebsi tente de réintégrer le Gouvernement, le 7 novembre 1969 , mais il en a été exclu rapidement pour la deuxième fois, le 17 juin 1970.

    Cette période a débuté lorsque Béji Caïd Essebsi a rallié Bahi Ladgham et ses amis pour pouvoir réintégrer de nouveau le Gouvernement.

    En fin d’année 1969, Bourguiba était décidé de changer d’équipe gouvernementale en écartant les amis d’Ahmed Ben Salah et mettre ainsi fin à sa politique collectiviste. Également, Bourguiba était décidé de changer de politique économique en favorisant l’émergence d’une nouvelle politique économique libérale. Il voyait en la personne de Hédi Nouira l’homme qui est capable de mener à bien ce changement de politique économique favorisant le libéralisme et mettant fin à la politique collectiviste menée par Ahmed Ben Salah durant la décennie des années 60.

    Mais les amis d’Ahmed Ben Salah, appuyés discrètement par Bahi Ladgham ont réapparu de nouveau à la scène politique à la suite des élections législatives et présidentielles du 2 novembre 1969. C’est alors que Béji Caïd Essebsi va tenter son forcing en se ralliant à Bahi Ladgham afin de réintégrer le Gouvernement. En effet, Ahmed Ben Salah, Bahi Ladgham, Béji Caïd Essebsi, et leurs alliés ont en majorité réussi le 2 novembre 1969 à être élus comme députés à l’Assemblée Nationale et ont pu conserver leurs mandats en tant que membres au Comité Central du P.S.D, mandats déjà confirmés lors du 7ème Congrès de Bizerte tenu du 19 au 22 octobre 1964. Quant à Bourguiba, il est réélu ce 2 novembre 1969 comme Président de la République jusqu’à la fin de l’année 1974, ce qui lui a conféré de nouveau une légitimité pour contrer ses Ministres qui sont opposés à sa politique.

    Après les élections législatives et présidentielles, Bahi Ladgham a présenté son nouveau Gouvernement le 7 novembre 1969. Dans cette nouvelle composition gouvernementale, Bahi Ladgham a essayé de réintégrer une partie de ses alliés en les nommant comme Ministres dans son Gouvernement, comme Mondher Ben Ammar, Béji Caïd Essebsi, Bourguiba Junior….

    Dans cette nouvelle composition du Gouvernement de Bahi Ladgham, Béji Caïd Essebsi a été nommé Ministre d’Etat, délégué auprès du Premier Ministre, chargé de la Défense Nationale.

    Mais cette nouvelle composition du gouvernement de Bahi Ladgam a reçu l’opposition de Bourguiba qui voulait tourner définitivement la page aux séquelles de sa politique des années 60, conduite par Ahmed Ben Salah, Bahi Ladgham, Béji Caïd essebsi, etc…

    Dans ce contexte, un nouveau gouvernement de Bahi Ladgam a été de nouveau présenté les 12-17 juin 1970 et Béji Caïd Essebsi a été démis de sa fonction de Ministre de la Défense et a été remplacé par Hassib Ben Ammar. Béji Caïd Essebsi a été nommé le 1er août 1970 comme Ambassadeur de Tunisie auprès de la France, à Paris. Cette fois-ci, Béji Caïd Essebsi s’est rendu à Paris comme Ambassadeur de Tunisie auprès de la France. Mais très mécontent de cette désignation, il démissionne de nouveau le 14 décembre 1971 de sa fonction d’Ambassadeur pour pouvoir rejoindre la Tunisie; estimant que son éloignement de la Tunisie compromettait son parcours politique (voir infra sous V).

    Le 6 novembre 1970, Hédi Nouira a présenté son gouvernement en conservant dans le gouvernement le clan d’Ahmed Mestiri tout en excluant Bahi Ladgham et ses amis Béji Caïd Essebsi, Mondher Ben Ammar, Bourguiba Junior, etc…

    IV- Exclu du Gouvernement, Ahmed Mestiri et ses alliés dont Béji Caïd Essebsi ont tenté de prendre le contrôle du P.S.D.

    Cette période apparaît lorsque Béji Caïd Essebsi qui était un proche collaborateur de Bahi Ladgham et d’Ahmed Ben Salah, après avoir été écarté par Bourguiba du Gouvernement, tente de nouveau d’intégrer ce gouvernement en faisant cette fois-ci alliance avec Ahmed Mestiri et ses amis comme Habib Boularès, Hassib Ben Ammar… Les membres de cette nouvelle alliance vont diriger leurs efforts en revendiquant l’ouverture politique au sein du P.S.D. en essayant de diminuer l’influence de Bourguiba dans toutes les institutions tunisiennes.

    Ahmed Mestiri était sincère dans ses revendications de réformer le P.S.D. et ses structures. En revanche, Béji Caïd Essebsi a été contraint de rejoindre Ahmed Mestiri uniquement par nécessité et opportunisme, tout simplement parce qu’il a été écarté du Gouvernement par Bourguiba, en deux reprises successivement, le 8 septembre 1969 et le 17 juin 1970 ( voir supra sous II et III).

    Ce qui est contradictoire révélant un retournement de veste, c’est que Béji Caïd Essebsi quand il était dans le gouvernement de Bourguiba en tant que Ministre de l’intérieur jusqu’à au 8 septembre 1969, il était un défenseur de la politique de Bourguiba, dans le litige qui l’opposait à Ahmed Mestiri dès le début du mois de janvier 1968 concernant la gestion du système coopératif d’Ahmed Ben Salah et sur le manque des réformes politiques…A l’époque, Béji Caïd Essebsi s’est rallié sur la position de Bourguiba qui a rejeté les critiques d’Ahmed Mestiri, appuyant sans réserve la politique et les réformes engagées par son Ministre Ahmed Ben Salah. Le voilà, retournant sa veste, il rejoint Ahmed Mestiri…

    Donnant satisfaction à la coalition d’Ahmed Mestiri et ses amis Hassib Ben Ammar, Habib Boularès, le Président Bourguiba a promis, lors de son discours du 8 juin 1970, d’introduire des réformes politiques en annonçant la constitution d’un nouveau Gouvernement et d’une Commission Supérieure du parti “P.S.D”. Ce même jour du 8 juin 1970, le bureau politique du P.S.D. a été dissous et par conséquent Béji Caïd Essebsi qui était jusqu’à ce jour membre du bureau politique quitte ce bureau politique…

    Ces réformes promises par Bourguiba était déjà revendiquées par Ahmed Mestiri.

    Les membres de cette Commission supérieure du P.S.D. sont désignés par le Président Bourguiba.

    Cette Commission Supérieure du parti du P.S.D. qui tient lieu de bureau politique du P.S.D. sera chargée :

    – de préparer des amendements à la Constitution,

    – de préparer les assises du prochain Congrès,

    – et de gérer les affaires du P.S.D.

    Le 10 novembre 1970, Bouguiba a achevé la désignation des membres composant la Commission Supérieure du P.S.D.qui devrait comprendre les membres suivants :

    Héd Nouira en tant que Président, Ahmed Mestiri en tant que Rapporteur, Mohamed Masmoudi, Bahi Ladgham, Bourguiba Junior, Abdallah Farhat, Habib Achour, Hassib Ben Ammar, Béchir Zarg El Ayoun,Tahar Belkhoja, Chedly Ayari, Mohamed Ben Amara.

    Bourguiba a essayé d’introduire ses amis parmi les membres de la Commission Supérieure du P.S.D. comme Béchir Zarg El Ayoun, Habib Achour, Mohamed Ben Amara, Chedly Ayari, Tahar Belkhoja, etc…

    La Commission Supérieure du P.S.D. a remis son rapport à Bourguiba le 15 octobre 1970.

    Les réformes proposées par le groupe d’Ahmed Mestiri visaient à atténuer le régime présidentiel en permettant à l’Assemblée de contrôler le Gouvernement et opposer une motion de censure à son égard en cas de besoin. Mais ces propositions tout en reconnaissant le monopartisme du P.S.D. comme étant le seul garant de la stabilité politique, demandaient à ce que les désignations au sein du Comité Central et du Bureau politique du P.S.D soient l’oeuvre des élections et non pas à travers des nominations faites par Bourguiba…

    Telles ont été les principales propositions des amis d’Ahmed Mestiri, Habib Boularès et Hassib Ben Ammar. Mais ces propositions n’introduisent pas, en réalité, une réelle démocratie en Tunisie puisqu’elles écartent le multipartisme et maintiennent le monopartisme du P.S.D. comme étant le seul garant de la stabilité du régime de Bourguiba. En quelque sorte, ces propositions de réformes maintiennent l’organisation absolue du pouvoir de Bourguiba sur le territoire tunisien à travers les cellules du parti du P.S.D. mais elles tendent timidement à introduire au sein du Gouvernement un équilibre du pouvoir qui reste faussé par la prépondérance des prérogatives du Président à la fois sur le Gouvernement que sur l’Assemblée Nationale.

    En clair, l’objectif de ces réformes n’était pas d’introduire une réelle démocratie en Tunisie mais tendaient plutôt à diminuer les pouvoirs de Bourguiba et aussi de permettre aux Ministres qui sont en course d’accéder plus facilement à la Présidence de la République en cas de vacances, en raison de la fragilité de la santé de Bourguiba. C’est pour cette raison que Bourguiba a vu dans ces propositions une tentative de complot visant à prendre le pouvoir émanant d’Ahmed Mestiri qui était à l’époque de ces propositions le Ministre de l’intérieur.

    Finalement, Bourguiba a accepté de convoquer le 8ème Congrès du P.S.D. qui s’est tenu à Monastir du 11 au 15 octobre 1971, baptisé ” Congrès de la réflexion et du décollage” pour examiner le rapport des propositions des réformes de la Commission Supérieure du P.S.D.. Plus de 1200 délégués des cellules du P.S.D. étaient présents pour former le 8ème Congrès du P.S.D.

    Prenant la parole pour annoncer l’ouverture du Congrès, Bourguiba affirme que l’ouverture politique préconisée par Ahmed Mestiri n’est pas au rendez-vous en raison de l’absence de maturité du peuple et doit se faire progressivement par étapes. Bourguiba donne la priorité à la démocratisation économique plutôt que politique. Le 14 octobre 1971, devant les membres du Congrès, Bourguiba affirme ainsi :

    ” Il est évident que je ne crains nullement d’être un jour déchargé de la Présidence de la République, au profit d’un autre, et il est moins évident que tant que je serai de ce monde, je serai maintenu à la tête de l’Etat…Ainsi, est-ce avec confiance que j’entrevois le jour où mon passage dans ce monde venait à son terme, M.Nouira me succédera, tout comme plus tard, M.Ahmed Mestiri, M.Mohamed Masmoudi, etc…”

    En bref, Bourguiba désavoue Ahmed Mestiri, préférant que sa succession serait son oeuvre en désignant Hédi Nouira à cet effet, pour le succéder….Il n’est pas du tout prêt à accepter que son futur successeur soit élu comme Vice-Président en même temps que lui, lors des élections présidentielles.

    Pour la première fois le Congrès du P.S.D. a procédé à l’élection des membres du Comité Central du P.S.D. d’une manière démocratique sans le recours de Bourguiba pour leur désignation…

    Mais les résultats des élections ont fait apparaître le retour massif du clan de Bahi Ladgham ainsi que du clan d’Ahmed Mestiri, au détriment des alliés de Bourguiba, en première de la manière suivante ;

    1- Bahi Ladgham 2- Ahmed Mestiri, 3-Sadok Mekaddem, 4-Jallouli Farès, 5- Hédi Nouira, 6- Mohamed Ben Amara, 7- Béji Caïd Essebsi, 8- Mohamed Masmoudi, 9- Hassib Ben Ammar,10-Taëb Slim, 11-Rachid Driss, 12-Ferjani Bel Haj Ammar,13- Taïeb Sahbani, 14-Habib Boularès, 15-Sadok Ben Jemaâ, 16-Mustapha Filali, etc….

    Comme on le voit, Béji Caïd Essebsi a été de nouveau élu comme membre du Comité Central ce jour du 14 août 1971.

    En plus de ce vote des membres du Comité Central du P.S.D., les Congressistes du P.S.D ont voté une résolution allant à l’encontre du voeu de Bourguiba en prévoyant qu’en cas d’absence du Président, ou décès, l’intérim serait assuré par l’Assemblée Nationale. Également, les Congressistes du P.S.D. ont voté une deuxième résolution prévoyant que les membres du bureau politique du P.S.D. devrait être élu par le Comité Central du P.S.D. durant la tenue du Congrès du P.S.D. et non désigné par Bourguiba en dehors du Congrès. Mais Hédi Nouira a repoussé l’élection des membres du bureau politique pour qu’elle puisse se faire en présence de Bourguiba qui n’était pas présent.

    V- La réaction de Bourguiba : rejet de la tentative de prise de contrôle du bureau politique du P.S.D. par Ahmed Mestiri et ses alliés dont Béji Caïd Essebsi.

    Cette période a été marquée par la réaction de Bourguiba qui n’a pas du tout apprécié les résolutions du Comité Central du P.S.D. et qui selon lui constituent un complot pour s’accaparer de son bureau politique du P.S.D. et tenter de le renverser par la nomination d’un autre successeur…

    Le 20 octobre 1971, Ahmed Mestiri a été suspendu de toute activité au sein du parti, l’accusant de vouloir prendre le pouvoir à travers sa mainmise sur le Comité central et le bureau politique du P.S.D.

    C’est ainsi que Bourguiba a rapidement maintenu sa volonté de désigner lui-même les membres de son bureau politique du P.S.D., refusant également toute succession automatique à la Présidence, préférant par conséquent désigner lui-même son futur successeur en cas de vacance de la Présidence, en l’occurrence Hédi Nouira.

    Le 22 octobre 1971, Bourguiba a réuni le Comité Central du P.S.D. au Palais de Carthage et a présenté aux membres du Comité Central une liste comportant 20 membres qui ont été choisis par lui-même. Le Comité Central a été appelé par Bourguiba afin d’élire 14 membres parmi la liste comportant les 20 membres qui ont été désignés par Bourguiba lui-même pour former le nouveau bureau politique. Le choix du Comité Central des membres du bureau politique ne pouvait se faire que dans le choix des membres désignés par Bourguiba.

    A ce sujet, le Comité Central a procédé à l’élection des 14 membres parmi les 20 noms désignés par Bourguiba pour former le bureau politique pour faire apparaître les noms suivants :

    Hédi Nouira- Dhaoui Hannablia- Ferjani Bel Haj Ammar- Mustapha Filali- Mohamed Masmoudi- Habib Achour- Taïeb Sahbani- Jallouli Farès- Mansour Moalla- Hédi Khfacha- Sadok Mekaddem- Abdallah Farhat- Béchir M’Hedheb- Rachid Driss.

    Dans cette liste présentée par Bourguiba, Béji Caïd Essebsi n’a pas été élu le 22 octobre 1971 comme membre du bureau politique du P.S.D., puisque son nom ne figurait pas parmi les 20 candidats désignés par Bourguiba…alors que Béji Caïd Essebsi était membre de ce bureau politique depuis le 16 août 1965 ! Il convient de rappeler que Béji Caïd Essebsi occupait en octobre 1971 la fonction d’Ambassadeur de la Tunisie auprès de la France depuis le 14 août 1970 (voir supra sous III).

    Lors de cette réunion du Comité Central du 22 octobre 1971 au Palais de Carthage, à Tunis, réunion tenue afin d’élire les membres du bureau politique du P.S.D., Bourguiba s’est adressé au membres du Comité Central ( voir pour le contenu de ce discours de Bourguiba, le journal tunisien “L’Action” du 26 octobre 1971). Dans l’un des passages de ce discours du 22 octobre 1971 précité, le Président Bourguiba s’est adressé à Béji Caïd Essebsi qui était présent lors de ce discours en tant que membre du Comité Central du P.S.D., lui déclarant dans ces termes :

    “…J’ai eu l’occasion de dire à Mr.Béji Caïd Essebsi que la séparation envisagée à la base et à l’échelon des gouvernorats entre les attributions du gouvernement et celles du Parti ne devrait pas revêtir une forme pyramidale et se répercuter au sommet. Toute séparation entre les attributions du Chef de l’Etat et celles du Chef du Parti serait inconcevable, dans un régime présidentiel où tout doit procéder des pouvoirs du Président. Il est également impensable que le rôle du Président du Parti consiste à entériner purement et simplement le choix de personnes dans lequel il n’a pas son mot à dire, …

    Vous n’admettrez pas, je pense, que Bourguiba, Chef de l’Etat soit réduit, au bout d’une carrière de quarante ans de lutte, à un rôle de figurant consistant à signer les décrets de nomination des hommes à devenir collaborateur, ministres ou autres…”

    De même, après la nomination de Hédi Nouira comme Premier Ministre, le 2 novembre 1971, et la composition de son gouvernement le 6 novembre 1971, Béji Caïd Essebsi a été écarté de ce Gouvernement de Hédi Nouira. Fin 1971, étant exclu du bureau politique du P.S.D. et du gouvernement de Hédi Nouira, Béji Caïd Essebsi a démissionné le 14 décembre 1971 de sa fonction d’Ambassadeur en France et a regagné la Tunisie pour rejoindre cette fois-ci non pas le clan de Bahi Ladgham qui n’existe plus mais le clan d’Ahmed Mestiri.

    Dans son discours prononcé le 12 janvier 1972, à la clôture de la Conférence des Gouverneurs ( voir pour l’extrait de ce discours, le Journal tunisien de l’époque ” l’Action ” du 14 janvier 1972 ) Bourguiba voyant dans les manoeuvres des amis de Bahi Ladgham et des amis d’Ahmed Mestiri un complot visant tout simplement sa succession, en affirmant à ce sujet :

    “Mais voilà qu’ils estiment, eux que j’ai trop duré et qu’ils ont hâte de me voir disparaître. Chaque fois que j’échappe à la maladie, ils sont déçus et ils étaient au grand jour leur désappointement. L’un deux se serait exclamé : ” Bourguiba ne veut ni mourir ni céder la main…” Ces gens-là sont impatients de me voir passer de vie à trépas. J’en ai eu preuve l’année dernière au moment de mon départ en Amérique pour me soigner, lorsqu’on a dû me transporter à bord d’avion sur la civière. L’un avait choisi ce moment particulièrement pénible pour me presser de signer un décret le nommant Ministre d’Etat, c’est-à-dire le désignant comme second personnage après le Premier Ministre. Je fus outré de cette démarche. L’heure de la curée n’avait pas encore sonné et ma succession n’était pas encore ouverte. Tels sont les intérêts sordides qui inspirent ces personnages.”

    Ahmed Mestiri a été traduit le 9 et 25 décembre 1971 devant une Commission de discipline du P.S.D. et le 21 janvier 1972, il a été exclu du P.S.D. Également, le 20 juillet 1973, il est exclu de l’Assemblée Nationale.

    VI- Début de l’année 1972 : Béji Caïd Essebsi et ses alliés d’Ahmed Mestiri, écartés du Gouvernement, sont passés à l’opposition contre Bourguiba, mais ont été par la suite rapidement exclu du P.S.D. en 1974.

    Étant exclu du Gouvernement et du bureau politique du P.S.D., Béji Caïd Essebsi a pu conserver sa qualité de membre du Comité Central du P.S.D. qu’il vient d’avoir lors des élections de ce Comité par le 8ème Congrès tenu à Monastir du 11 au 17 octobre 1971 ( Voir supra sous IV). Mais son exclusion par Bourguiba du bureau politique le 22 octobre 1971 était d’une grande importance et faisait comprendre à Béji Caïd Essebsi qu’il est devenu indésirable pour Bourguiba.

    Toutefois, Béji Caïd Essebsi n’était pas encore exclu du P.S.D. Son exclusion de ce parti allait intervenir en 1974. Du début de novembre 1971 jusqu’à la date de son exclusion du P.S.D, le 14 septembre 1974, Béji Caïd Essebsi n’avait jamais démissionné du P.S.D. ainsi que ses activités politiques n’ont pas été gêlées, comme il le laissait croire… Au contraire, durant cette période 1971-1974, Béji Caïd Essebsi s’est accroché à son mandat de député à l’Assemblée Nationale d’appartenance P.S.D., obtenu lors des élections du 2 novembre 1969 ainsi qu’à son mandat de membre du Comité Central du P.S.D. jusqu’à son exclusion du P.S.D le 14 septembre 1974.

    Passant à l’opposition contre Bourguiba du fait qu’il a été écarté du Gouvernement de Hédi Nouira, Béji Caïd Essebsi rejoint dès le début de l’année 1972 le groupe d’Ahmed Mestiri constitué par Radhia Haddad, Hassib Ben Ammar, Habib Boularès, Mohamed Salah Belhaj, Mohamed Ben Amara, Mohamed Moada, Sadok Ben Jemaâ.

    De même, se ralliant aux critiques formulées par Ahmed Mestiri à l’encontre du régime de Bourguiba et du Bourguibisme, Béji Caïd Essebsi affirme dans le même sens dans un article paru au journal “Le Monde” en date du 11 janvier 1972, que :

    ” la stabilité réalisée par la fidélité à un homme ( en l’occurrence Bourguiba) doit être remplacée par une fidélité fondée sur des institutions démocratiques”.

    Ce virage de Béji Caïd Essebsi pour sa défense de la démocratie est très opportuniste car dans le passé, notamment lorsqu’il était Ministre de l’intérieur, Béji Caïd Essebsi ne s’était jamais prononcé pour la démocratie et le multipartisme mais au contraire, Béji Caïd Essebsi ne faisait que défendre constamment le P.S.D, ainsi que Bourguiba et son régime comme étant le seul garant de la stabilité et de la démocratie !…

    Le 13 octobre 1972, le groupe d’Ahmed Mestiri faisait parvenir à Bourguiba une lettre dans laquelle il proposait la réforme de la Constitution, le respect des libertés individuelles et publiques, la révision objective de la politique économique et que la jeunesse ne soit plus considérée comme une classe figée. Cette lettre a été signée par dix membres de l’aile libérale d’Ahmed Mestiri, parmi eux, figurait Béji Caïd Essebsi, Radhia Haddad, Mahmoud Mesaâdi, Mohamed Salah Bel Haj, Ahmed Mestiri…

    Quant à Radhia Haddad, celle-ci a déjà démissionné du P.S.D le 6 mars 1972. Il est à rappeler que Radhia Haddad est la soeur de Hassib Ben Ammar.

    De même, à l’Assemblée Nationale présidée par Sadok Mokaddem, Béji Caïd Essebsi était le porte-parole de l’aile libérale d’Ahmed Mestiri, alors qu’i était élu député d’appartenance du P.S.D… S’il n’était pas d’accord avec la politique de Bourguiba, pourquoi Béji Caïd Essebsi n’avait démissionné en 1972 de son mandat de député d’appartenance du P.S.D de Bourguiba…!

    Lorsque le 1er février 1974, le Premier Ministre Hédi Nouira, avait appelé à l’union nationale pour serrer les rangs autour de Bourguiba, Béji Caïd Essebsi, en tant que député du P.S.D. avait répondu devant l’Assemblée Nationale le 6 février 1974 que le gouvernement devrait faire aussi preuve d’ouverture politique pour parvenir à cette union nationale ( voir pour cette déclaration de Béji Caïd Essebsi, le journal tunisien “La Presse” du 7 février 1974).

    Cette opposition de l’aile libérale représentée par Ahmed Mestiri n’a pas pu durer longtemps au sein du P.S.D.

    En ce qui concerne Ahmed Mestiri, son exclusion du P.S.D. a été prononcée par le bureau politique du P.S.D. le vendredi 21 juin 1972.

    Quant aux autres membres de l’aile libérale, leur exclusion du P.S.D était intervenue lors du 9 ème Congrès du P.S.D tenu à Monastir du 12 au 15 septembre 1974, baptisé le “Congrès de la Clarté”

    Lors de ce 9ème Congrès, les membres du Comité Central en particulier ceux appartenant à l’aile libérale d’Ahmed Mestiri n’ont pas été admis. Ce qui a provoqué une protestation des membres de l’aile libérale à l’encontre de leur interdiction de participer aux travaux du 9ème Congrès à travers la publication d’un communiqué diffusé le 11 septembre 1974 et signé par Habib Boularès, Béji Caïd Essebsi,, Hassib Ben Ammar, Mohamed Ben Amara, Sadok Ben Jemaä, Mohamed Moâda, Mohamed Salah Bel Haj.

    Les congressistes de ce 9ème Congrès du P.S.D. ont adopté le 14 septembre 1974, à l’unanimité, une résolution relative à l’exclusion du P.S.D. de Bourguiba de : Béji Caïd Essebsi- Mohamed Ben Amara- Hassib Ben Ammar- Sadok Ben Jemaâ- Habib Boularès – Mohamed Salah Bel Haj – Mohamed Moâda.

    Dans cette résolution d’exclusion, Mohamed Masmoudi était également cité mais son exclusion n’était pas due à son appartenance à l’aile libérale d’Ahmed Mestiri, mais plutôt à l’affaire de la fusion tuniso-lybienne qui a été avortée au courant de l’année 1974.

    Béji Caïd Essebsi a été par conséquent exclu du P.S.D. par les congressistes du 9ème Congrès, le 14 septembre 1974. Auparavant, Béji Caïd Essebsi n’a jamais démissionné du P.S.D. en 1971, et ses activités politiques n’ont jamais été gelées comme il le laissait entendre… Si vraiment Béji Caïd Essebsi avait démissionné en 1971, il n’aurait pas eu la nécessité pour les Congressistes de l’exclure du P.S.D. le 14 septembre 1974…!

    Au cours de ce 9 ème Congrès du P.S.D, Bourguiba a tenu le 15 septembre 1974 une Conférence de presse au cours de laquelle il s’est exprimé à propos de l’exclusion des 7 membres de l’aile libérale comprenant Béji Caïd Essebsi, en précisant ainsi :

    ” Je ne pense pas qu’un Parti aussi ouvert au dialogue que le nôtre doive se plier aux caprices des trois tondus et de quatre pelés dont le rôle se limite à créer des diversions. J’estime en toute conscience qu’il faudrait se débarrasser de ces personnes qui se servent de leurs qualité de Destouriens comme couverture pour saboter les travaux de ce congrès et pour s’imposer une seconde fois en usant des mêmes méthodes détournées que lors du précédent congrès. Vous vous souvenez tous du nombre impressionnant d’observateurs (plus de 500) et de femmes. Tout était à l’enchère. La raison de tout cela. Je me suis contenté de prononcer des brèves allocutions à l’ouverture comme à la clôture du Congrès. J’ai voulu me reposer et prendre du champ afin de montrer leurs capacités. Or, leur premier geste après le congrès fut d’élire le bureau politique parce qu’ils s’imaginaient qu’ils étaient majoritaires. Ils pensaient sans doute que le Président n’en avait que pour quelques jours. Agir avec une telle petitesse, ce n’est pas faire de l’opposition”.

    Exclu du P.S.D, les membres de l’aile libérale ( comprenant Béji Caïd Essebsi ) ont décidé de mieux s’organiser et de s’ériger désormais comme mouvement politique d’opposition. C’est ainsi que cette aile libérale a publié en mars 1976 un manifeste affirmant sa volonté de s’organiser désormais comme un mouvement d’opposition, outre le P.S.D.

    Et c’est le 14 juin 1978 qu’Ahmed Mestiri a décidé de fonder le “Mouvement des Démocrates Socialistes” (M.D.S.). Cependant, en désirant déposer les statuts de ce mouvement auprès du Ministère de l’intérieur, il avait reçu l’opposition notamment de Béji Caïd Essebsi qui après avoir adhéré au M.D.S. estime prématurée cette constitution en parti politique. Cette opinion de Béji Caïd Essebsi a été exprimée par lui dans une interview publiée par la revue “Jeune Afrique” en date du 28 juin 1978 dans laquelle il jugeait inopportune la demande d’autorisation du “M.D.S” pour se constituer comme parti politique.

    D’ailleurs, le M.D.S. d’Ahmed Mestiri n’a été reconnu comme parti politique en obtenant sa légalisation que le 19 novembre 1983.

    VII-Tournant le dos au M.D.S. d’Ahmed Mestiri, en 1980, Béji Caïd Essebsi a frappé de nouveau à la porte du P.S.D. de Bourguiba cherchant son intégration au gouvernement.

    Dans la nuit du 25 au 26 février 1980, le Premier Ministre était victime d’une hémorragie cérébrale. Le Président Bourguiba s’était dépêché pour présider le 28 février 1980 le Conseil des Ministres. Le 1er Mars 1980, Bourguiba a chargé Mohamed Mzali pour coordonner l’action gouvernementale auprès du Président de la République. Et le 23 avril 1980, Bourguiba a ainsi procédé à la nomination de Mohamed Mzali en tant que Premier Ministre et Secrétaire général du P.S.D. en remplacement de Hédi Nouira qui avait quitté définitivement le Gouvernement pour raisons de santé.

    Bourguiba a entamé une politique d’ouverture envers les dirigeants du Mouvement des Démocrates Socialistes, politique d’ouverture qui a été déjà préconisée en 1979.

    Il faut dire que Bourguiba a vu cette nécessité d’ouverture de son parti le P.S.D. à d’autres sensibilités politiques pour mieux les encadrer politiquement surtout que la Tunisie avait connu le 26 janvier 1978 de grandes manifestations menées par l’organisation syndicale l’ U.G.T.T. Les évènements du commando de Gafsa survenus le 26 janvier 1980 et la maladie de Hédi Nouira un mois plus tard, ont pesé lourdement sur les intentions de Bourguiba, l’incitant davantage vers l’ouverture politique de son parti à des éléments de l’opposition. Mais cette ouverture politique est très timide, car ne pouvant se faire que dans le respect du monopole du P.S.D. et du régime de Bourguiba…

    Faisant suite à cette ouverture politique, le 8 mars 1980, Bourguiba a présidé au Palais de Carthage, la réunion du bureau politique du P.S.D. Et à l’initiative du Président, le bureau politique du P.S.D. par la voix de son Président Mohamed Sayah a arrêté trois résolutions dont la troisième a entériné cette ouverture politique dans les termes suivants ::

    ” Levée de la décision d’exclusion du Parti en date du 21 janvier 1972 prise à l’encontre de M.Ahmed Mestiri, de la décision en date du 10 mars 1974 portant suspension des activités de Mme. Radhia Haddad au sein du Parti et de la décision d’exclusion du Parti émanant du 9ème Congrès du parti en septembre 1974 à l’encontre de MM.Béji Caïd Essebsi, Mohamed Ben Amara, Hassib Ben Ammar, Sadok Ben Jemaa, Habib Boularès, Mohamed Salah Belhaj et Mohamed Moada. En vertu de la levée de ces décisions, les sus-nommés recouvrent leurs droits en tant que membres actifs du Parti” .

    Ahmed Mestiri et Mohamed Moâda qui appartiennent au M.D.S. ont répondu défavorablement à l’appel de Bourguiba estimant que le geste de Bourguiba bien qu’il procède de “bonnes intentions”, ” ne modifie pas fondamentalement les données des problèmes qui se posent au pays à l’heure actuelles”.

    En effet, Ahmed Mestiri a eu un entretien avec Bourguiba le 6 mars 1980 au sujet de son intégration dans le gouvernement de Bourguiba et son parti le P.S.D. mais Ahmed Mestiri dans sa réplique a décliné cette proposition en soulignant : ” la nécessité de dresser un bilan complet et sincère de la situation et de procéder aux changements substantiels et indispensables répondant aux aspirations du peuple tunisien et aux impératifs de l’avenir.”

    Toutefois, d’autres dirigeants du M.D.S. n’ont pas été opposés au geste de Bourguiba préconisant l’ouverture politique comme : Habib Boularès, Radhia Haddad, Béji Caïd Essebsi, Mohamed Amara, Hassib Ben Ammar, Sadok Ben Jemaâ et Mohamed Salah Belhaj.

    L’ouverture politique de Bourguiba visait en réalité l’intégration des dirigeants du M.D.S. non seulement au Gouvernement mais aussi au P.S.D. de Bourguiba. C’était la meilleur solution pour affaiblir le M.D.S et l’encadrer politiquement.

    Toutefois, parmi les membres du M.D.S., il y avait uniquement deux membres qui ont accepté de rejoindre le Gouvernement de Mohamed Mzali et d’intégrer le P.S.D. : il s’agissait de Sadok Ben Jemaâ et Béji Caïd Essebsi. Mais Bourguiba a exigé de Sadok Ben Jemaâ et de Béji Caïd Essebsi d’intégrer le parti politique du P.S.D. comme condition préalable à leur nomination au sein du Gouvernement de Mohamed Mzali.

    Cette condition a été acceptée par Béji Caïd Essebsi et Sadok Ben Jemaâ impliquant ainsi leur démission du “Mouvement des Démocrates Socialistes”, mouvement qui n’a pas encore reçu l’autorisation de se constituer en parti politique, au cours de l’année 1980.

    En ce qui concerne Béji Caïd Essebsi, celui-ci a rapidement répondu positivement à l’appel de Bourguiba et a été reçu par ce dernier le 17 mars 1980. ( voir le quotidien tunisien “La Presse” du 18 mars 1980 ).

    Dans une interview publiée par le journal français ” l’express ” en date du 16 juillet 2009, intitulée : Béji Caïd Essebsi : Bourguiba, ” ni despote…ni démocrate ” propos recueillis par la journaliste Dominique Lagarde, Béji Caïd Essebsi a déclaré à propos de son entretien qu’il a eu avec Bourguiba le 17 mars 1980 concernant son intégration au gouvernement et au P.S.D., que :

    “… Bourguiba est un pragmatique qui sait composer avec les forces en présence. Lorsqu’il m’a demandé, après la nomination en 1980 de Mohamed Mzali au poste de Premier ministre, de revenir au gouvernement – où je n’étais plus depuis le début des années 1970 – j’ai d’abord refusé. Il m’a demandé pourquoi. Je lui ai alors expliqué que je ne croyais plus au parti unique. Je voulais rester destourien, contrairement à Mestiri, mais je pensais que d’autres formations que la nôtre devaient pouvoir exister…”

    D’abord, Béji Caïd Essebsi pour sauver son honneur a fait semblant d’avoir refusé la proposition de Bourguiba d’intégrer le Gouvernement et le P.S.D : ce qui d’ailleurs n’est pas véridique puisqu’il a accepté cette proposition au motif qu’il veut rester “destourien, contrairement à Ahmed Mestiri”.

    Ainsi, Béji Caïd Essebsi tourne son dos à Ahmed Mestiri et à son M.D.S, le 17 mars 1980 en acceptant d’intégrer le gouvernement de Bourguiba, oubliant toutes ses critiques formulées de 1971 à 1974 contre Bourguiba et à son régime, période durant laquelle Béji Caïd Essebsi ne se revendiquait pas de sa qualité de destourien mais se revendiquait de son appartenance à l’aile libérale au sein du M.D.S. en rejoignant le combat d’Ahmed Mestiri…

    Quant à son argument de vouloir intégrer le gouvernement de Bourguiba parce qu’il voulait rester destourien, cette argumentation a été d’ailleurs critiquée par Bourguiba qui dénonçait en 1974 le recours à cette référence de la qualité de destourien invoquée par l’aile libérale dont faisait partie Béji Caïd Essebsi. Lors de sa conférence de presse du 15 septembre 1974, Bourguiba a dénonçé le recours à l’étiquette de destourien invoquée par l’aile libérale dont faisait partie Béji Caïd Essebsi( voir supra sous VI), en soulignant :

    ” Je ne pense pas qu’un Parti aussi ouvert au dialogue que le nôtre doive se plier aux caprices des trois tondus et de quatre pelés dont le rôle se limite à créer des diversions. J’estime en toute conscience qu’il faudrait se débarrasser de ces personnes qui se servent de leurs qualité de Destouriens comme couverture pour saboter les travaux de ce congrès et pour s’imposer une seconde fois en usant des mêmes méthodes détournées que lors du précédent congrès.

    Si réellement, Béji Caïd Essebsi prétendait défendre le pluralisme et la démocratie, pourquoi a-t-il accepté d’intégrer le P.S.D. de Bourguiba ainsi que son gouvernement en 1980 et pourquoi s’il voulait défendre le pluralisme et la démocratie, n’a–t-il pas réagi en refusant d’intégrer le gouvernement comme cela a été fait par Ahmed Mestiri ? On ne peut pas défendre le pluralisme en intégrant le P.S.D. et en quittant le M.D.S. car Bourguiba ne voulait pas réellement introduire le pluralisme…

    D’ailleurs, à ce sujet, Ahmed Mestiri a eu un entretien avec Bourguiba le 6 mars 1980 au sujet de son intégration dans le gouvernement de Bourguiba et son parti le P.S.D. Cependant, contrairement à Béji Caïd Essebsi, Ahmed Mestiri dans sa réplique a décliné cette proposition au motif de la :

    ” la necessité de dresser un bilan complet et sincère de la situation et de procéder aux changements substantiels et indispensables répondant aux aspirations du peuple tunisien et aux impératifs de l’avenir.” ( déclaration rapportée par l’Agence TAP du samedi 8 mars 1980 )

    En acceptant d’intégrer le P.S.D. de Bourguiba, Sadok Ben Jemaâ a été nommé le 15 avril 1980 comme Ministre des Transports et des Communications en remplacement de Hassan Belkhoja. Il en est de même pour Béji Caïd Essebsi qui a été nommé le 4 septembre 1980 comme Ministre délégué auprès du Premier Ministre.

    Cette première désignation de Béji Caïd Essebsi dépendant directement du premier Ministre Mohamed Mzali était un test pour contrôler les futurs agissements de Béji Caïd Essebsi, notamment à l’égard du M.D.S.

    Lors du 11ème Congrès extraordinaire des 10-11 avril 1981, Béji Caïd Essebsi a été élu comme membre du Comité Central du P.S.D. Également, le 15 avril 1981, Bourguiba en désignant les membres du Bureau politique du P.S.D., a désigné Béji Caïd Essebsi comme nouveau membre de ce Bureau politique.

    Ce même jour du 15 avril 1981, Bourguiba a nommé Béji Caïd Essebsi comme Ministre des affaires étrangères, fonction qu’il avait occupé jusqu’au 15 septembre 1986, connaissant lors de son Ministère beaucoup d’évènements maléfiques ( menaces militaires de Kadhafi sur la Tunisie avec exclusion des travailleurs tunisiens de la Lybie en 1985, raid d’Israël en 1985 sur le quartier de l’O.L.P. de Yasser Arafat à Hammam-Chatt, aux environs de Tunis, etc…). Cette nouvelle nomination était destinée à éloigner Béji Caïd Essebsi des affaires intérieures pour éviter le scénario d’Amed Ben Salah lorsque Béji Caïd Essebsi était Ministre de l’intérieur de 1965 à 1970 (voir supra sous II).

    Lors des élections législatives anticipées du 1er Novembre 1981, Béji Caïd Essebsi a été élu député à la Chambre des Députés. Cependant, les élections législatives ont été truquées pour ne pas permettre aux mouvements d’opposition, notamment le “Mouvement des Démocrates Socialistes” (M.D.S.), et le “Mouvement de l’Unité Populaire” (M.U.P.) d’Ahmed Ben Salah, ainsi que le mouvement du Parti Communiste, d’avoir les 5% des voix votants, leur permettant d’être reconnus légalement .

    Lors de l’interview précitée publiée dans le journal français ” l’Express” en date du 16 juillet 2009, la journaliste Dominique Lagarde avait demandé à Béji Caïd Essebsi sa réaction devant les élections législatives du 1er novembre 1981 qui étaient truquées et pourquoi n’a-t-il pas démissionné ? Voici la réponse de Béji Caïd Essebsi en reproduisant le questionnaire de la journaliste Dominique Lagarde :

    question de Dominique Lagarde :

    ” Mais la tentative d’ouverture du régime, que l’on attendait à l’occasion des élections législatives de 1981, échoue lamentablement. On bourre les urnes pour empêcher les partisans de Mestiri d’entrer au Parlement et d’obtenir les 5 % qui permettraient au MDS d’avoir une existence légale. Sans qu’aucun des partisans de la démocratisation du régime ne démissionne…”

    Réponse de Béji Caïd Essebsi :

    “On n’a pas bourré les urnes. On a décidé, avant même l’ouverture du scrutin, d’ignorer le vote des électeurs et de publier des résultats fabriqués de toutes pièces. Le gouvernement était divisé sur cette question du multipartisme et, malheureusement, nous n’avons pas tous tenu le même discours à Bourguiba. Moi, je n’étais plus en première ligne, car le chef de l’Etat m’avait entre-temps demandé de prendre le poste de ministre des Affaires étrangères, ce qui était aussi une façon de m’éloigner de la politique intérieure. Le ministre de l’Intérieur, Driss Guiga, était, lui, convaincu que Bourguiba, en dépit de ses déclarations devant le congrès du parti, ne voulait pas du multipartisme. J’ignore quelle a été la teneur exacte de ses conversations avec le président, je ne sais pas non plus s’il a reçu de sa part des instructions précises, ou s’il a interprété ses désirs. Il a en tout cas concouru à altérer la portée de ces élections, qui devaient être le moment de vérité du gouvernement Mzali.”

    Question de Dominique Lagarde :

    “Pourtant, personne n’a démissionné, même pas vous, qui aviez quitté avec fracas, en 1972, votre poste d’ambassadeur en France…”

    Réponse de Béji Caïd Essebsi :

    “Non. Mzali, le chef du gouvernement, informé par Guiga la veille même des élections, a publiquement regretté par la suite de ne pas avoir claqué la porte à l’occasion de cet échec. Nous, les autres ministres de l’ouverture, n’avons appris que plusieurs mois plus tard ce qui s’était réellement passé, même si nous étions conscients que le crédit du gouvernement était atteint”…

    En faisant le commentaire de ces déclarations, Béji Caïd Essebsi a affirmé qu’il n’était pas en première ligne lors de ces élections législatives du 1er novembre 1981 parce qu’il a été nommé Ministre des affaires étrangères. Néanmoins, il convenait de rappeler que Béji Caïd Essebsi avait oublié qu’il était candidat lors de ces élections législatives du 1er novembre 1981 et qu’il était également élu député à l’issue de ces élections. Par conséquent, étant élu député lors de ces élections législatives du 1er novembre 1981, Béji Caïd Essebsi a bien suivi le déroulement de ces élections tout en étant bien placé pour connaître de la réalité du trucage de ces élections, trucage qui va à l’encontre de la politique tendant au pluralisme préconisé par Bourguiba et par son Premier Ministre Mohamed Mzali… Mais alors que Béji Caïd Essebsi avait toujours prétendu défendre le pluralisme et la démocratie, si telle a été ses intentions, pourquoi n’a-t-il pas démissionné de son siège de député, siège obtenu d’une élection truquée allant à l’encontre du pluralisme et de la démocratie ?…! Selon ses dires, Béji Caïd Essebsi n’avait appris que quelques mois plus tard de la réalité du trucage des élections législatives du 1er novembre 1981. Si réellement Béji Caïd Essebsi était honnête, il devrait démissionner lorsqu’il avait appris connaissance du trucage de ces élections, au lieu de s’acharner à vouloir conserver son siège de député jusqu’au 2 novembre 1986, alors qu’il savait très bien que son mandat de député a été obtenu grâce à des élections truquées…! ?

    Dès le début de l’année 1986, la course à la succession de Bourguiba s’est confirmée par des remaniements ministériels. Les émeutes du pain en 1984, les manifestations incessantes du Syndicat U.G..T.T durant les années 1982-1985, les menaces de la Lybie sur la Tunisie durant les années 1984-1985 et le raid d’Israël en 1985 sur le quartier de l’O.L.P, près de Tunis, à Hammam-Chatt, faisant que l’ensemble de ces évènements ont affaibli le régime de Bourguiba. A cela, il convient d’ajouter le vieillissement de Bourguiba qui de plus en plus a du mal à contrer ses adversaires qui sans cesse cherchent à lui succéder…

    C’est dans ce contexte que le 8 juillet 1986, sous l’influence du clan Hédi Baccouche et le général Ben Ali ( le président déchu), le Président Bourguiba a démis Mohamed Mzali de sa fonction de Premier Ministre lui reprochant d’être laxiste envers les islamistes et a nommé Rachid Sfar pour assurer désormais cette fonction de Premier Ministre.

    Avec la destitution de Mohamed Mzali, le Président Bourguiba a procédé à des remaniements ministériels. Ainsi, Bourguiba avait mis fin le 15 septembre 1986 à la fonction de Béji Caïd Essebsi en tant que Ministre des affaires étrangères le remplaçant à cette fonction par Hédi Mabrouk.

    Et dès le début de l’année 1987, Bourguiba avait nommé Béji Caïd Essebsi comme Ambassadeur en Allemagne de l’Ouest. Ainsi, Béji Caïd Essebsi s’est trouvé pour la troisième fois nommé Ambassadeur, mesure qu’il a toujours considéré comme une sanction l’éloignant du territoire tunisien.

    VIII- Sous le régime du président déchu Ben Ali, Béji Caïd Essebsi adhère rapidement en 1988, au parti de Ben Ali en tant que membre du Comité Central du “Rassemblement Constitutionnel Démocratique” (R.C.D.), et réussit à être élu député et aussi à être désigné Président de l’Assemblée Nationale…

    Le président Ben Ali qui est militaire de carrière au grade de général a adhéré tardivement au P.S.D. durant les années 80, Il a été introduit au P.S.D par Hédi Baccouche qui d’ailleurs a participé le 7 novembre 1987 à la destitution de Bourguiba, conjointement avec Kamel Eltaïef, Mohamed Chokri, le Général Habib Ammar et le Général Abdel.Hamid Bescheikh

    Le régime de Ben Ali et son parti politique le “R.C.D”. ne doivent pas se confondre avec le parti le “P.S.D” de Bourguiba.

    L’année 1988 a connu une certaine ouverture politique notamment à des anciens destouriens de Bourguiba et des opposants du M.D.S. Cependant, cette ouverture politique a pris fin rapidement après les élections présidentielles et législatives du 2 avril 1989 lorsque Ben Ali a commencé sa purge à l’encontre de tous les éléments opposés à sa politique, notamment les islamistes, les partis politiques de gauche, les avocats défendant les droits de l’homme, et les anciens bourguibistes et anciens destouriens, notamment les amis de Mohamed Mzali, etc…

    Il faut rappeler que le président déchu Ben Ali et Béji Caïd Essebsi se connaissait depuis les années 60 et ont travaillé ensemble lorsque du 7 novembre 1969 au 12 juin 1970, Béji Caïd Essebsi a été nommé Ministre d’Etat, délégué auprès du Premier Ministre Bahi Ladgham, chargé de la défense. Durant cette période, Ben Ali qui était au grade militaire de Commandant, occupait le poste de Directeur de la Sécurité militaire placé sous les ordres de Béji Caïd Essebsi et de Bahi Ladgham.

    Dès l’arrivée de Ben Ali, le 7 novembre 1987, certains Ministres de Ben Ali comme Hédi Baccouche, Hamed Karoui, Abderrahim Zouari, Abdelaziz Ben Dhia et Chedly Neffati ont participé activement à mettre fin au parti du P.S.D. de Bourguiba pour donner naissance le 27 février 1988 à un nouveau

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  2. Mounir BEN AICHA dit :

    Titre :

    Le scandale : quel est le chiffre réel des responsables du R.C.D dissous, inéligibles à la Constituante tunisienne : est-ce 50.000 personnes? 18.000 personnes? ou 14.000 personnes ? A défaut, allons-nous vers leur réhabilitation massive ?

    Auteur : Mounir BEN AICHA.

    NTRODUCTION

    Le parti politique du Président déchu BEN ALI, le Rassemblement Constitutionnel Démocratique ( le R.C.D.) comptait du temps de président déchu plus de deux millions d’adhérents et environ 50.000 responsables régissant les structures du R.C.D. Ce parti politique (le R.C.D )a été dissous le 9 mars 2011 par une décision de justice.

    Voilà qu’aujourd’hui, au sein du Conseil de l’ISROR, Mustapha TLILI nie complètement l’existence de 50.000 personnes qui étaient responsables dans les structures du R.C.D. dissous , du temps du dictateur BEN ALI et qui aujourd’hui devraient normalement être déclarés inéligibles à l’Assemblée Nationale Constituante dont l’élection est prévue pour le 23 octobre 2011.

    En effet, Mustapha TLILI conteste le chiffre de 50.000 responsables du R.C.D dissous et ne reconnaît que l’existence d’un chiffre très réduit comprenant un nombre variant entre 14.000 et 18.000 personnes qui seraient inéligibles à la Constituante.

    Le chiffre avancé par Mustapha TLILI, variant entre 14.000 et 18.000 personnes inéligibles à la Constituante, comprend à la fois les responsables du R.C.D dissous ainsi que les personnes qui ont appelé le Président déchu à se présenter aux élections de 2014 (Mounachidines)…!

    En réalité, ce que désire Mustapha TLILI qui relève de l’autorité de Yadh BEN ACHOUR est que la majorité des responsables Ex-RCDistes du temps de BEN ALI seront gracies, et réhabilités pour leur permettre de se présenter aux prochaines élections…!

    Il est à rappeler que Mustapha TLILI est le Président de la Sous-Commission 17 relevant du Conseil de l’ISROR, présidée par YADH BEN ACHOUR ayant pour tâche de dresser la liste des responsables du R.C.D dissous et des Mounachidines qui seraient inéligibles à la future Constituante tunisienne. Quant à l’ISROR, c’est bel et bien la » Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique » qui est présidée par Yadh BEN ACHOUR

    La tendance actuelle du Gouvernement tunisien dirigé par le Premier Ministre Béji Caîd-Essebsi est de ne pas exclure les responsables du R.C.D dissous à la Constituante ainsi qu’aux prochaines élections tunisiennes…! Cette tendance de réhabiliter les responsables Ex-RCDistes aux prochaines élections tunisiennes est partagée par Yadh BEN ACHOUR, le Président de l’ISROR, son frère Rafaa BEN ACHOUR qui est le Ministre délégué auprès de Béji Caïd-Essebsi ainsi que par le Président actuel par intérim, le nommé Fouad M’BAZZAA qui dans l’ensemble étaient aussi du temps de BEN ALI, des responsables Ex-RCDistes notoires….!

    Cependant, cette tendance du Gouvernement tunisien actuel va à l’encontre de la volonté du peuple tunisien qui depuis le 14 janvier 2011, avait maintes fois revendiqué l’exclusion totale des responsables Ex-RCDistes de la vie politique tunisienne future afin de couper court avec les méthodes bénalistes dictatoriales du passé. Aujourd’hui, le peuple tunisien ne désire pas faire la chasse à la sorcière aux simples adhérents Ex-RCDistes mais uniquement aux Responsables Ex-RCDistes qui ont participé à l’exercice des fonctions de responsabilités dans le parti politique du Président déchu BEN ALI, à savoir le parti politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (R.C.D.).

    En effet, ce que désire actuellement le peuple tunisien est d’interdire aux responsables Ex-RCDistes le fait de présenter leurs candidatures pour les élections futures telles que l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, les élections présidentielles, législatives, et municipales futures, réclamant leurs inéligibilités pour ces élections.

    L’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la Constituante signifie que ces responsables Ex-RCDistes ne peuvent pas présenter leurs candidatures en vue d’être élus dans l’Assemblée Nationale Constituante ou dans les futures élections..

    C’est dans ce contexte, que le 11 avril 2011, le Conseil de l’ISROR avait adopté le projet du décret-loi relatif à l’élection de la future Assemblée Nationale Constituante dont l’élection est prévue pour le 23 octobre 2011. Cette Constituante est chargée d’élaborer une nouvelle Constitution tunisienne.

    Parmi les dispositions de ce projet du décret-loi organisant la Constituante, il est à citer l’article 15 qui concerne l’inéligibilité à la Constituante des responsables du R.C.D dissous ainsi qu’aux personnes ayant appelé le Président déchu BEN ALI à se présenter aux élections de 2014.

    L’article 15 adopté le 11 avril 2011 est le suivant :

    » l’extension de l’inéligibilité pour la future Constituante aux responsables du R.C.D qui ont exercé leurs fonctions, durant les 23 dernières années en outre, l’exclusion de tout responsable, ayant appuyé le président déchu pour la présidentielle 2014, du droit d’éligibilité à l’assemblée constituante.

    Une liste sera établie et décidée, à cet effet, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections ».

    Cet article a rapidement reçu l’opposition de Béji Caïd-Essebsi, le Premier Ministre tunisien actuel qui avait demandé le 16 avril 2011 de ne pas procéder systématiquement à l’inéligibilité des responsables du R.C.D dissous et proposant de n’exclure ces responsables du R.C.D que cas par cas à travers l’établissement des listes.

    Face à l’opposition du premier Ministre tunisien à l’exclusion des responsables Ex-RCDistes à la Constituante, Yadh BEN ACHOUR qui est le Président de l’ISROR, avait répondu favorablement à la demande du Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi par la conclusion en date du 3 mai 2011, d’un compromis avec Béji Caïd-Essebsi révisant l’article 15 précité.

    Selon ce compromis précité ,conclu en date du 3 mai 2011, la révision de l’article 15 avait introduit le rétablissement de l’inéligibilité par le biais des listes tout en supprimant la référence à la durée de 23 ans, en partant de 1987 jusqu’à la date du 14 janvier 2011, pour ne laisser apparaître finalement qu’un pouvoir discrétionnaire, au cas par cas, dans l’établissement des listes nominatives des inéligibles…!

    Le texte du compromis du 3 mai 2011 qui a été appuyé par le Conseil de l’ISROR le 5 mai 2011 a été transmis le vendredi 06 mai 2011 au Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA, lequel lors de cette séance après l’avoir de nouveau modifié, l’a approuvé et ratifié sous forme de décret-loi qui a été publié au journal officiel tunisien en date du 10 mai 2011.

    Selon cette adoption et ratification sous forme de décret-loi par le Conseil des Ministres en date du 6 mai 2011, les dispositions de l’article 15 du projet de décret-loi relatif à l’élection de l’Assemblée ationale Constituante seraient les suivantes :

    ” A le droit de présenter sa candidature à l’assemblée nationale constituante, tout électeur âgé de plus de 23 ans accomplis le jour de la présentation de sa candidature.

    Ne leur est pas permis de présenter leur candidature:

    * Les personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu, à l’exception des membres de ce gouvernement n’ayant pas appartenu au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD – Dissous).

    * Les personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du RCD, sous le régime du président déchu. Les responsabilités concernées seront déterminées par décret, sur proposition de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

    * Les personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Cette liste sera établie par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution. »

    Ce sont finalement ces nouvelles dispositions de l’article 15 du ce décret-loi sur la Constituante approuvées le 6 mai 2011 en Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA qui seraient définitivement retenues, lequel décret-loi a été publié le 10 mai 2011 au Journal Officiel Tunisien.

    Ces dispositions définitives du décret-loi relatives à l’article 15 peuvent se résumer ainsi

    1- la référence à la durée de 10 ans ou de 23 ans a été définitivement supprimée. On ne tient plus compte de la durée de la participation des responsables Ex-RCDistes dans les structures du .R.C.D pour déterminer leur inéligibilité à la Constituante,

    2- Les listes des personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du R.C.D sous le régime du dictateur déchu BEN ALI seront établies conjointement par le Conseil de l’ISROR et le Gouvernement. Le Conseil de l’ISROR communique d’abord ses propositions de listes à Béji Caïd-Essebsi ainsi que Fouad M’BAZZAA qui à leur tour pourront les réviser avant leur adoption par décret..

    3- Les listes des personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature présidentielle de 2014 relèveront de la compétence du Conseil de l’ISROR.

    La mise en oeuvre des dispositions de l’article 15 a été retardée par le Conseil de l’ISROR, raison pour laquelle l’élection de la Constituante qui était prévue pour le 24 juillet 2011 a été ajournée pour le 23 octobre 2011 sous prétexte de l’existence d’un certain nombre de problèmes techniques qui se sont posées à l’instance supérieure chargée des élections.

    Ce n’est que le mardi 31 mai 2011 que le Conseil de l’ISROR a entamé la mise en oeuvre de l’article 15 précité en constituant lors de cette session deux Sous-Commissions :

    – la première Sous- Commission sera chargée de l’élaboration d’un nouveau texte du pacte républicain, tandis que,

    – la deuxième Sous-Commission ( appelée Commission N° 17 ) aura pour mission d’établir les listes des candidats inéligibles à la Constituante, dont les responsables du RCD dissous et les personnes qui ont exhorté le président déchu à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014(‘mounachidines’).

    Au cours de cette réunion, le Conseil de l’ISROR a adopté le projet du décret relatif au découpage électoral et à la répartition des sièges en fonction des circonscriptions dans les élections de la Constituante. A ce sujet, il est prévu 218 sièges qui seront désignés au sein de la future Assemblée Nationale Constituante dont 19 seront réservés aux tunisiens à l’étranger. Le nombre des circonscriptions électorales a été fixé à 33 circonscriptions dont 27 en Tunisie et 6 à l’étranger.

    La composition des membres de la Sous-Commission 17 chargée d’élaborer la liste des candidats inéligibles à la Constituante a été entourée de beaucoup de secret et de huit clos. Cette Sous-Commission 17 est présidée par Mustapha TLILI et comprend 17 membres dont la mission est de dresser la liste des personnes déclarées inéligibles au mandat électif de la Constituante, prévu le 23 octobre 2011.

    Le jeudi 23 juin 2011, le Conseil de l’ISROR a débattu en fin de matinée, des modalités d’application de l’article 15 du décret-loi relatif à l’élection des membres de la Constituante.

    Au cours de cette session du jeudi 23 juin 2011, l’examen de la question des personnes inéligibles qui ont appelé le président déchu BEN ALI à se présenter aux élections 2014 (‘mounachidines’), ainsi que la question concernant l’inéligibilité à la Constituante des responsables du R.C.D. dissous ont été abordées.

    Cependant, lors de cette session du 23 juin 2011, des difficultés ont surgi dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables du RCD dissous ainsi que les personnes ayant appelé le président déchu à se présenter aux élections de 2014 ( en arabe : » Les Mounachidines » ).

    Ces difficultés dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables du R.C.D et des « Mounachidines » proviennent :

    – en premier lieu des moyens de preuve de l’exercice des responsabilités au sein du R.C.D dissous, autrement dit, les archives sont diverses et lesquelles sont les plus crédibles?

    – En second; lieu, ces difficultés dans la mise en oeuvre de ces inéligibilités à la Constituante proviennent du pouvoir discrétionnaire détenu par la Sous-Commission 17 pour relever le nombre des responsables du R.C.D et des « Mounachidines » qui seraient inéligibles à la Constituante. Ce pouvoir discrétionnaire peut masquer le chiffre exact des inéligibles à la Constituante qui normalement peut avoisiner les 50.000 personnes inéligibles pour ne retenir qu’un chiffre des inéligibles variant entre 14.000 et 18.000 personnes inéligibles….!

    – Quant à la troisième difficulté dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité prévue par l’article 15, cette troisième difficulté se rapporte à l’absence de tout moyen de contrôle et de vérification des noms inscrits sur les listes des inéligibles en cas de contestation portant sur des personnes non inscrites qui devraient normalement l’être et inversement.

    1- La première difficulté dans la mise en ouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante relève des moyens de preuve.

    La première difficulté dans la mise en ouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante va provenir certainement de la preuve de leur appartenance au R.C.D en tant qu’adhèrents responsables du R.C.D dissous.

    En effet, la seule preuve de cette appartenance au R.C.D dissous en tant que responsable dans l’une des structures de ce parti, ne peut provenir qu’en se référant aux archives du R.C.D. qui peuvent dévoiler les noms des adhérents et responsables du R.C.D dissous…

    Cependant, quand on sait que beaucoup d’archives du parti du R.C.D ont été détruites volontairement après le 14 janvier 2011, beaucoup de responsables Ex-RCDistes ainsi que d’anciens membres du Gouvernement ayant exercés dans le régime de BEN ALI vont avoir la chance d’échapper à l’interdiction de l’inéligibilité prévue par l’article 15 du décret-loi organisant la Constituante….!

    D’autre part, même si les listes des adhérents responsables au R.C.D. dissous existent encore, ces listes peuvent être falsifiées pour ne pas révéler les noms des Ex-RCDistes responsables, ou elles peuvent être reproduites en faux….

    Au sujet de l’établissement des listes des personnes ayant appelé le Président à se présenter aux élections de 2014, la Haute Instance a décidé de revenir aux archives de la Présidence de la République . Mustapha TLILI a déclaré que :

    « Nous attendons ces listes pour authentifier les éliminations », estimant qu’il convient de revenir aussi « aux documents trouvés dans le bureau de l’ancien conseiller spécial du président déchu, M. Abdelaziz Ben Dhia, dès lors qu’il a été le premier responsable de la campagne de propagande qui était menée sous l’ancien régime.

    2- La deuxième difficulté dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante peut provenir du pouvoir discrétionnaire dont dispose la Sous-Commission 17 dans la délimitation des responsables du R.C.D dissous.

    En effet, la seconde difficulté provient de la délimitation des responsabilités dans les structures du R.C.D dissous sachant très bien que la Sous-Commission 17 relevant du Conseil de l’ISROR chargée d’établir les listes des inéligibles à la Constituante conserve un pouvoir discrétionnaire. Il en va ainsi de Béji Caïd-Essebsi, de Fouad M’BAZZA ainsi que des membres du Conseil de l’ISROR qui sont majoritairement en faveur de Yadh BEN ACHOUR et qui dans l’ensemble penchent en faveur de la réhabilitation des responsables du R.C.D pour les élections tunisiennes futures….

    Au cours de cette séance du 23 juin 2011 du Conseil de l’ISROR, le Président de la Sous-Commission 17 chargée de l’établissement des listes des inéligibles , Mustapha TLILI a précisé que ‘le fichier des responsables RCD est prêt’. ‘Il suffit de délimiter définitivement le niveau des éliminations pour que le tri soit fait’

    Selon Mustapha TLILI, un tableau préliminaire a été dressé au sujet des responsables déclarés inéligibles à la Constituante. Il comprend le président, les membres RCDistes du gouvernement, les membres du Bureau politique, du Comité central, des Secrétaires généraux des comités de coordination, des fédérations professionnelles et territoriales, ainsi que des présidents des cellules.

    Mustapha LILI a retenu le chiffre variant entre 14 et 18 mille personnes inéligibles à la Constituante précisant que ce chiffre comprend les personnes inéligibles qui ont appelé le président déchu à se présenter en 2014 et qui ont été estimées par Mustapha TLILI à un nombre variant entre 7000 et 9000 personnes. Ces chiffres des inéligibles à la Constituante sont vraiment minimisés car rien que le chiffre total des responsables du R.C.D totalise à lui seul, les 50.000 personnes, sans compter les personnes « mounachidines »…

    En effet, il est une certitude que les listes nominatives qui vont être établies par la Commission N°17 sur l’inéligibilité à la Constituante ne vont faire apparaître qu’un nombre très réduit de noms des responsables du R.C.D dissous dans la liste des inéligibles à la Constituante, nombre qui serait loin du chiffre exact de ces responsables du R.C.D dissous.

    A titre d’exemple, y’aurait-il sur ces listes sans aucune omission l’inscription des noms de l’ensemble des présidents des cellules du R.C.D qui étaient du temps de BEN ALI au nombre du 8803 personnes, ou les noms des Omdas majoritairement Ex-RCDistes, ou les noms des Conseillers municipaux et des délégués et gouverneurs majoritairement Ex-RCDistes aussi…? Faut-il recenser les noms de ces responsables Ex-RCDistes en partant de 1987 jusqu’au 14 janvier 2011 sachant que beaucoup parmi eux ont exercé que des fonctions électives portant sur quelques années de participation comme Ex-RCDistes ? Mais est-ce que ces listes vont mentionner l’ensemble des responsables du R.C.D dissous, sachant très bien que le nombre des membres responsables du R.C.D est cumulatif variant de 1988 à 2014 ? Ainsi, les candidats aux municipales sont au nombre de 4366 personnes, et les candidats aux législatives sont au nombre de 162 personnes et que les membres du Comité central du R.C.D variait tous les 5 ans pour donner un nombre cumulé depuis 1988 jusqu’à 2008….?

    Il parait que d’après le tableau qui a été dressé par Mustapha TLILI et qui a été examiné le 23 juin 2011 au sein du Conseil de l’ISROR, ce tableau présenté par TLILI , n’a pas mentionné comme inéligibles à la Constituante les noms des responsables R.C.D des députés et des Conseillers de la Chambre des Conseillers, ni les noms des membres du Conseil économique et social d’appartenance R.C.D, et ni les membres des Conseillers Municipaux d’appartenance du R.C.D. dissous …!

    Déjà, lors de la séance du 29 juin 2011, le Conseil de l’ISROR avait procédé par le biais d’un vote à la délimitation du statut des inéligibles à la Constituante, retenant ainsi comme inéligibles : l’ex- président et de ses conseillers, des membres RCDistes du gouvernement, de la Chambre des députés et de la Chambre des conseillers, des membres du bureau politique, du comité central, des comités de coordination, des fédérations territoriales et professionnelles, ainsi que des présidents des cellules RCD durant les 23 dernières années , tous les membres des fédérations territoriales et professionnelles ainsi que ceux qui ont appelé l’ancien président à se représenter pour une nouvelle investiture en 2014.

    Toutefois, il ne s’agit là que d’une délimitation du statut des inéligibles d’une manière générale et anonyme alors que les listes des inéligibles à la Constituante seraient nominatives, et leurs inscriptions seraient décidées au cas par cas….

    D’autre part, l’article 15 prévoit également l’inéligibilité à la Constituante dans son alinéa premier
    pour :

    » Les personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu, à l’exception des membres de ce gouvernement n’ayant pas appartenu au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD – Dissous). »

    La délimitation des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu d’appartenance R.C.D. n’a pas été précisé par le Conseil de l’ISROR jusqu’à ce jour…! Que faut-il entendre par là : est-ce que la liste des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu d’appartenance R.C.D pourrait être contenue aux Ministres et Secrétaires d’Etat, gouverneurs, délégués et Omda, ou pourrait s’étendre à d’autres responsabilités d’une manière extensive aux personnes des Administrations, aux hauts responsables de la police et de la gendarmerie, aux Présidents et doyens des Universités, des Lycées, etc…

    Et comment peut-on prouver leur appartenance au R.C.D en cas de contestation pour certaines catégories des personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement, du temps de BEN ALI ?

    Finalement, la détermination des responsables du R.C.D dissous sur les listes des inéligibles à la Constituante va être effectuée par la Commission N° 17 d’une manière discrétionnaire, comme bon lui semble .

    Ce pouvoir discrétionnaire est susceptible d’émaner à la fois de la Sous-Commission N°17 de l’ISROR relative aux inéligibilités, du Président de l’ISROR Yadh BEN ACHOUR ainsi que du Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi et le Président par intérim Fouad M’BAZZAA qui dans l’ensemble vont tous intervenir pour sélectionner comme bon leur semble les Responsables Ex-RCDistes inéligibles à la future Constituante.

    La procédure de l’établissement des inéligibles à la Constituante serait la suivante :

    – d’abord, la Sous-Commission dresse la liste des inéligibles, d’une manière discrétionnaire, comme bon lui semble,

    – ensuite, cette liste des inéligibles serait examinée par le Conseil de l’ISROR et va la réviser à son tour avant de l’approuver,

    – finalement, la liste des inéligibles sera examinée et révisée encore au niveau du gouvernement par le premier ministre et son conseiller Rafaa BEN ACHOUR qui est le frère de Yadh BEN ACHOUR ainsi que par Fouad M’BAZZAA et le Président de l’ISROR, Yadh BEN ACHOUR.

    Lors de chaque examen de la liste des inéligibles, le nombre des personnes inéligibles sera révisé à la baisse pour être finalement adopté par décret, ne retenant qu’un nombre très réduit de personnes inéligibles à la Constituante…

    Tout ce travail va être entrepris dans le manque de transparence profitant de la période estivale de juillet, août et septembre 2011 quand le public tunisien serait en vacances peu intéressé à suivre ce scandale de l’inéligibilité des responsables du R.C.D dissous à la Constituante, d’autant plus que le mois de Ramadan serait à l’approche dès le début du mois d’août, en période de grande chaleur.

    l est à constater que le Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi, son conseiller Rafaa BEN ACHOUR, ainsi que le Président par intérim Fouad M’BAZZAA conserveront un pouvoir discrétionnaire venant au secours des responsables Ex-RCDistes qui majoritairement ne pourront être inéligibles à la future Constituante que si leurs noms figureraient sur les listes .

    Ainsi un grand nombre parmi les responsables Ex-RCDistes auront le plaisir de pouvoir se présenter non seulement à la Constituante mais à d’autres élections tunisiennes.telles que les législatives, les présidentielles et les municipales, etc… Ce qui ouvre la porte d’accès au retour des Ex-RCDistes prochainement dans la vie politique tunisienne.

    Ironiquement, l’établissement de ces listes sur l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes va jouer en faveur de ces Ex-RCDistes puisque , seuls probablement un millier de responsables Ex-RCDistes verront leurs noms établis par les listes des inéligibilités à la Constituante…

    En quelques sortes, cela signifie que les autres responsables Ex-RCDistes dont les noms ne seront pas mentionnés dans les listes qui seront approuvées par décret, ces responsables ex-RCDistes seront réhabilités à participer dans les prochaines élections tunisiennes aussi bien celles qui concernent l’Assemblée Nationale Constituante mais aussi celles qui concernent dans l’avenir les présidentielles, les législatives et les municipales tunisiennes….Est-ce alors des listes qui interdisent et qui en même temps et par voie de conséquence réhabilitent les responsables Ex-RCDistes…?

    3- La troisième difficulté dans la mise en oeuvre de l’établissement des listes des responsables inéligibles à la Constituante consiste dans l’absence de contrôle des listes en cas de contestation…!

    Il est certain que sur les 50.000 personnes responsables du R.C.D dissous qui seraient inéligibles à la Constituante, seul un nombre réduit des responsables du R.C.D dissous peut être retenu comme inéligibles à la Constituante. En cas de contestation des chiffres des inéligibles à la Constituante qui peut contrôler le nombre exact des responsables inéligibles à la Constituante…? Peut-on opposer un veto sur la liste des inéligibles à la Constituante en cas de contestation…? Et qui serait compétent pour contrôler le nombre exact des responsables du R.C.D dissous en cas de contestation ?

    Toutes ces questions ne seraient pas traitées et n’auront aucune réponse que celle décidée par Béji Caïd-Essebsi qui est favorable à la réhabilitation massive des responsables du R.C.D dissous pour les prochaines élections tunisiennes….!

    D’ailleurs, à ce sujet, le Président Yadh BEN ACHOUR partage les mêmes arguments que Béji Caïd-Essebsi concernant les responsables Ex-RCDistes frappés d’inéligibilité à la Constituante.

    A ce sujet, Yadh BEN ACHOUR a maintes fois affirmé qu’il n’est pas pour la chasse aux sorcières.

    Cependant, la question n’est pas de faire la chasse aux sorcières aux simples adhérents Ex-RCDistes mais plutôt aux Responsables Ex-RCDistes, conformément à la volonté du peuple tunisien confirmée le 14 janvier 2011, afin d’éviter à ce que ces Responsables Ex-RCDistes ne reviendront en force dans la vie politique tunisienne pour reprendre leurs conduites bénalistes comme au temps des 23 dernières années du régime du dictateur BEN ALI…!

    Dans un entretien accordé à « la Presse de Tunisie » en date du 8 mai 2011 recueilli par B. OUESLATI intitulé » Report de la date des élections », Yadh BEN ACHOUR avait affirmé au sujet de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante qui ont participé dans les structures du RCD dissous :

    « qu’il faudra, faire preuve de beaucoup de bon sens pour ne pas tomber dans l’inquisition et la chasse aux sorcières. Nous devons être à la fois justes et équitables. Sur ce plan, ce ne sera ni 10 ni 23 ans, mais plutôt un système de sélection qui tienne compte de plusieurs paramètres dont, notamment, l’implication dans des affaires de corruption, de détournement de fonds ou encore dans la torture. »

    Dans un autre entretien paru à la « Presse de Tunisie » en date du 22 mai 2011, recueilli par B.OUESLATI, intitulé « Transition démocratique – L’Instance en question », Yadh BEN ACHOUR faisant volte-face concernant l’inéligibilité des anciens responsables du RCD à la future Constituante, avait souligné :

    qu’on ne doit pas «jeter en pâture des citoyens tunisiens, d’autant plus que la question ne concernerait qu’une dizaines de milliers de ceux qui on appelé l’ancien président à se représenter pour un nouveau mandat en 2014 et une quinzaine de milliers d’autres anciens responsables parmi les présidents de cellules, fédérations, comités de coordination, comité central et bureau politique. On va procéder au cas par cas. Et puis combien d’entre eux vont-ils oser se présenter aux prochaines élections-‚?
    La volonté qui doit animer tout un chacun c’est celle de la réconciliation et non la chasse aux sorcières « .

    En clair, il apparaît de tout ce qui précède qu’en tant qu’anciens Ex-RCDistes aussi bien Yadh BEN ACHOUR, Béji Caïd-Essebsi, son conseiller Rafaa BEN ACHOUR ainsi que Fouad M’BAZZAA défendent l’avenir politique des responsables Ex-RCDistes en Tunisie et ne veulent pas interdire leur participation dans les prochaines élections tunisiennes.

    Les méthodes de travail au sein du Conseil de l’ISROR ont été critiquées par un certain nombre des membres du Conseil de l’ISROR.

    En effet, dans sa livraison du dimanche 5 juin 2011, le quotidien Echourouq a fait apparaître la publication d’un manifeste signé par 13 membres du Conseil de l’ISROR dans lequel ces membres critiquent les pratiques de Yadh BEN ACHOUR au sein du Conseil de l’ISROR.

    Ces signataires, (appelés groupe de 13) ne sont pas d’accord avec :

    – le huis clos imposé aux travaux du Conseil

    – la composition partiale du Conseil de l’ISROR en faveur de certains partis politiques

    – « l’émergence de décisions qui ne reflètent nullement les points de vue de l’opinion publique et d’une manière contraignante dans la direction des débats, loin de tout principe de consensus.le prédominance d’une tendance politique et idéologique bien déterminée sur la composition de l’Instance. »

    – la réunion du Conseil en dépit de l’absence du quorum

    – du « non respect du principe de neutralité et d’impartialité par le président de l’Instance qui exprime des positions personnelles au nom de cette instance »,

    – un ordre de jour orienté d’une manière expresse soit en faveur de certains partis ou pour imposer une proposition qui ne sert pas les intérêts de la majorité des membres du Conseil de l’ISROR…

    Ces 13 signataires sont les suivants : Salem Haddad, Mohamed Attia, Adnane M’nasser, Mokhtar Yahiaoui,, Moncef Ouannès, Ahmed Kahlaoui, Nejib Hosni, Zouheir Makhlouf, Mohamed Bouzghiba, Saïda Harrathi, Sami Jerbi, Sofia Hammami et Fraj Maâtoug.

    D’ailleurs, un certain nombre de membres du Conseil de l’ISROR se sont retirés ou ont suspendu leur participation dans ce Conseil de l’ISROR présidé par Yadh BEN ACHOUR.

    Celles et ceux qui se retirés ou suspendu leur participation du Conseil de l’ISROR sont les suivants :

    1- Gilbert NACCACHE, membre en tant que personnalité nationale s’est retiré en pleine séance du Conseil de l’ISROR le 22 mars 2011

    2 – H’Mida NEIFAR, membre du Conseil de l’ISROR en tant que personnalité nationale s’est retiré du Conseil de l’ISROR le 14 avril 2011

    3- L’Association des Magistrats Tunisiens (AMT) membre du Conseil de l’ISROR en tant qu’Association représentée par Ahmed HAMROUNI s’est retirée de ce Conseil le 11 mai 2011.

    4- Kalthoum KENNOU membre en tant que personnalité nationale s’est retirée du Conseil de l’ISROR le 11 mai 2011

    5- Assia Hadj SALEM, membre en tant que personnalité nationale s’est retirée vers la moitié du mois de mai 2011

    5- L’ Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP) membre du Conseil de l’ISROR, en tant qu’Association représentéee par Samir DILOU, s’est retirée de ce Conseil,

    6- Le Mouvement « ENNAHDHA », membre du Conseil de l’ISROR en tant que parti politique, représenté par : Noureddine BAHRI, et Sahbi ATTIG ainsi que Farida Abidi, ce parti ENNAHDHA a suspendu sa particiation dans ce Conseil en date du lundi 30 mai 2011 et ensuite a repris sa participation au Conseil de l’ISROR vers le 15 juin 2011. Toutefois, le jeudi 23 juin 2011, le parti ENNAHDHA a décidé de se retirer définitivement du Conseil de l’ISROR. Et le lundi 28 juin 2011, le Sectaire génétal du parti ENNAHDH, Rached GHANNOUCHI a confirmé le retrait de son parti du Conseil de l’ISROR en raison selon lui, non pas de la discussion sur le pacte Républicain, ni sur les discussions qui ont portées sur le financement des partis politiques, mais essentiellement en raison du fait que le Conseil de l’ISROR impose ses décisions d’une manière non consensuelle, se comportant comme un législateur, d’autant plus que ce conseil de l’ISROR est dépourvu de toute légitimité pour représenter le peuple tunisien.

    D’autres partis politiques qui sont membres du Conseil de l’ISROR ont déjà critiqué le Conseil de l’ISROR comme le parti politique de Moncef MARZOUGUI le « Congrès pour la République » (CPR), le parti politique de Néjib CHEBBI, le « Parti démocratique progressiste « (PDP),

    Moncef MARZOUGUI, le Président du parti politique le « Congrès pour la République » qui est également membre du Conseil de l’ISROR, avait critiqué la tendance de Yadh BEN ACHOUR de ne pas hâter l’établissement des listes des inéligibles des responsables du R.C.D. à la future Constituante tout en demandant au Président du Conseil de l’ISROR de « couper avec les discussions de thèmes secondaires », tels celui des financements des associations et des partis, pour « éviter un éventuel nouveau report des élections. »

    De même, dans une interview accordée au journal Echourouq du dimanche 26 juin 2011, Ahmed Nejib Chebbi, leader du Parti démocratique progressiste (PDP),avait critiqué l’ISROR de Yadh BEN ACHOUR en estimant qu’elle dépasse largement ses prérogatives et ses attributions car selon lui, cette instance n’a pas le droit de légiférer étant donné que son rôle est consultatif.

    Ahmed Nejib Chebbi avait également accusé les membres de l’Instance de faire du « sur mesure », l’objectif étant, selon lui, est de mettre les bâtons dans les roues des deux partis d’Ennahdha et du PDP en mettant à l’ordre du jour la discussion des projets de décrets-lois sur les partis et sur leurs financements.

    Un autre parti membre du Conseil de l’ISROR, à savoir le parti de la ” Réforme et du Développement” avait exprimé lors de la séance du Conseil de l’ISROR tenue le jeudi 30 juillet 2011,à travers son porte-parole le nommé Mohamed GOUMANI, son mécontentement concernement le déroulement des travaux du Conseil et avait décidé de boycotter à l’avenir les travaux du Conseil de l’ISROR, notamment ceux qui ne sont pas inscrits à l’ordre du jour, en mettant l’accent sur la priorité à vouloir taiter en priorité la question relative à l’établissement des listes des inéligibles à la future Constituante conformément à l’article 15 précité.

    Ces personnalités et partis politiques qui se sont retirés ou ont suspendu leurs activités du Conseil de l’ISROR ne sont pas d’accord sur les programmes qui sont imposés par Yadh BEN ACHOUR aux membres du Conseil d’une façon non consensuelle, programmes qui favorisent certains partis politiques lors de l’élection de la future Constituante.

    Fait par Mounir BEN AICHA

    Le 30 juin 2011

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  3. tounsia horra dit :

    loi électorale tun à commenter

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  4. Mounir BEN AICHA dit :

    Titre :
    Quand Yadh BEN ACHOUR, le Président de l’ISROR, manipule et vole au secours des responsables Ex-RCDistes.

    Auteur : Mounir BEN AICHA

    INTRODUCTION

    L’élection d’une Assemblée Nationale Constituante tunisienne qui était prévue pour le 24 juillet 2011, vient d’être reportée pour le 23 octobre 2011. Cette Assemblée Nationale Constituante tunisienne serait chargée d’élaborer une nouvelle Constitution tunisienne.

    Depuis le 14 janvier 2011, l’objectif proclamé tout haut par le peuple tunisien était d’empêcher le retour à la vie politique tunisienne des responsables Ex-RCDistes afin de couper court avec les méthodes bénalistes dictatoriales du passé. En clair, le peuple tunisien ne désire pas faire la chasse aux simples adhérents Ex-RCDistes mais uniquement aux Responsables Ex-RCDistes qui ont participé à l’exercice des fonctions de responsabilités dans le parti politique du Président déchu BEN ALI, à savoir le parti politique du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (R.C.D.).

    En ce qui concerne les simples adhérents du R.C.D dissous, le problème ne se pose pas pour les prochaines élections . Ces citoyens tunisiens Ex-RCDistes qui étaient de simples adhérents au R.C.D dissous et qui n’ont pas participé en tant que responsables dans les structures du R.C.D, conservent de plein droit , leur droit de vote à la fois en tant qu’électeurs et aussi en tant que candidats éligibles lors des prochaines élections tunisiennes, celles qui concernent l’Assemblée Nationale Constituante, ainsi que celles qui concernent les présidentielles, les législatives et les municipales…

    Toutefois, le problème se pose pour les responsables Ex-RCDistes qui conservent quand même leur droit de vote en tant qu’électeurs pour les prochaines élections tunisiennes en tant que citoyens tunisiens mais perdent uniquement leur droit d’être éligibles pour les prochaines élections tunisiennes.

    En effet, ce que désire actuellement le peuple tunisien est d’interdire aux responsables Ex-RCDistes uniquement le fait de présenter leurs candidatures pour les élections futures telles que l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante, les élections présidentielles, législatives, et municipales futures, réclamant leurs inéligibilités pour ces élections.

    L’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la Constituante signifie que ces respopnsables Ex-RCDIstes ne peuvent pas présenter leurs candidatures en vue d’être élus dans l’Assemblée Nationale Constituante ou dans les futures élections..

    Il est à rappeler que les responsables Ex-RCDistes sont les responsables qui ont appartenu au parti du Rassemblement Constitutionnel Démocratique de BEN ALI ( le R.C.D. ) et qui ont défendu son régime en participant dans de différentes fonctions gouvernementales ou partisanes… Depuis la révolution du 14 janvier 2011, le peuple tunisien ne désire plus le retour au pouvoir de ces responsables Ex-RCDistes…

    A ce sujet, le peuple tunisien s’est soulevé le 14 janvier 2011 contre le régime du dictateur BEN ALI ainsi que son parti politique le Rassemblement Constitutionnel Démocratique (R.C.D.) qui avait la main-mise sur toute la Tunisie. Le parti politique du R.C.D. du temps de BEN ALI comptait plus de deux millions d’adhérents tunisiens. A travers sa révolution du 14 janvier 2011, le peuple tunisien voulait couper totalement avec la politique dictatoriale du R.C.D. de BEN ALI dans l’espoir d’un changement de la politique tunisienne vers une liberté des moyens d’expression et la liberté de la presse, l’indépendance de la justice, l’interdiction de la torture et de la répression policière, le démantèlement de la police politique, le droit de disposer d’un travail et d’un logement afin de remédier au chômage croissant dans la population, la liberté religieuse, la lutte contre la pauvreté, une politique économique nouvelle tendant vers l’assainissement de l’économi e tunisienne et la réduction des privatisations des entreprises tunisiennes et l’arrêt de leur vente au profit des multinationales, une politique étrangère cohérente avec l’histoire et la culture arabo-musulmane de la Tunisie, etc…

    Cependant, voilà que six mois se sont écoulés après la révolution tunisienne du 14 janvier 2011 et l’actuel Gouvernement provisoire de Béji Caïd-Essebsi continue à faire la sourde oreille aux revendications du peuple tunisien tout en s’acharnant à maintenir l’ancienne situation politique du régime du dictateur déchu de BEN ALI…! Pire encore, le gouvernement provisoire actuel de Béji Caïd-Essebsi a refusé de mettre à l’écart de leurs fonctions, l’ensemble des responsables et des hauts fonctionnaires qui ont été placés par le dictateur BEN ALI et qui sont en majorité des responsables Ex-RCDistes . Ces hauts fonctionnaires Ex-RCDistes sont maintenus dans leurs fonctions comme au temps du dictateur BEN ALI, telles que les Gouverneurs, les délégués, les Omda, les directeurs de la police et de la gendarmerie, les directeurs de la police politique et de la Sûreté nationale, les Commissaires des centres de police et de la gendarmerie, les directeurs de la Douane, les directeurs des écoles primaires, secondaires, ainsi que les doyens des Universités, les hauts fonctionnaires des ministères et des administrations, les procureurs de la République, les hauts magistrats, ainsi que les fonctionnaires des tribunaux, les ambassadeurs et Consuls, les anciens directeurs des journaux, des télévisions et de la radio,etc…

    Dans les régions rurales de Tunisie, les structures politiques du parti politique du R.C.D. dissous sont encore très influentes où les Ex-Présidents des cellules du R.C.D. ainsi que leurs militants Ex-RCDistes sont toujours en position de monople politique malgré le fait que le pari du R.C.D a été dissous le 9 mars 2011 par une désision de justice…!

    Malheureusement, l’ensemble des évènements survenus après le 14 janvier 2011 démontrent que l’actuel gouvernement de Béji Caïd-Essebsi ne désire pas couper avec la politique dictatoriale de BEN ALI. Pire encore, l’interdiction des responsables Ex-RCDistes à présenter leur candidature à la Constituante sollicitée par l’ensemble des partis politiques tunisiens a été encore mise en échec par Béji Caîd-Essebsi et son Conseiller Rafaa BEN ACHOUR ainsi que par Yadh BEN ACHOUR, le Président de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (I.S.R.O.R.).

    Pour répondre à la volonté du peuple tunisien , dès le 16 mars 2011 le Conseil de l’Instance Supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (I.S.R.O.R.) présidé par Yadh BEN ACHOUR avait entamé son examen du projet du décret-loi relatif à l’élection des membres de la future Assemblée Nationale Constituante dont la date est prévue pour le 23 octobre 2011.

    Il est à rappeler qu’en date du 18 février 2011, l’ISROR a pris la relève de la Commission Nationale sur la Réforme politique qui a été présidée par Yadh BEN ACHOUR .

    La création de cette Commission Nationale sur la Réforme présidée par Yadh BEN ACHOUR a été annoncée par le premier Ministre démissionnaire Mohamed GHANNOUCHI le 17 janvier2011. Cette Commission Nationale sur la Réforme s’est restructurée le 18 février 2011 et a changé de nom pour s’appeler désormais l’Instance Supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (ISROR ).

    Le 11 avril 2011, les membres du Conseil de l’ISROR reflétant les représentants du peuple tunisien ont adopté le projet du décret-loi organisant la future Constituante.

    Lors de cette séance du 11 avril 2011, le Conseil de l’ISROR a adopté l’article 15 qui fait partie du dispositif du projet du décret-loi organisant la Constituante.

    Cet article 15 qui a été adopté le 11 avril 2011, prévoyait l’inéligibilité à l’Assemblée Nationale Constituante des responsables Ex-RCDistes qui ont participé durant les 23 années de règne du régime de BEN ALI dans les structures du R.C.D en partant de novembre 1987, ainsi que les personnes qui ont appelé le Président déchu à se présenter aux élections de 2014.

    Malheureusement, dès que cet article 15 a été voté le 11 avril 2011 par le Conseil de l’iSROR prévoyant l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes pour la future Constituante qu’une intervention a été ordonnée par Béji Caïd-Essebsi et Yadh BEN ACHOUR pour modifier l’article 15 en question de manière à permettre aux responsables Ex-RCDistes de se présenter aux élections de la Constituante…!

    L’intervention de Béji Caïd-Essebsi et de Yadh BEN ACHOUR a supprimé la référence à la durée de 23 ans prévue par l’article 15 pour incriminer la participation des responsables Ex-RCDistes dans le régime de BEN ALI et également a imposé l’établissement des listes mentionnant les noms des responsables RCDistes inéligibles à la Constituantes. Seuls ceux qui sont mentionnés dans les listes seraient inéligibles, réhabilitant ainsi les autres responsables Ex-RCDistes dont les noms ne figuraient pas dans ces listes à être éligibles à la future Constituante.

    En réalité, cette réhabilitation des responsables Ex-RCDistes dont les noms ne figurent pas dans les listes de l’inéligibilité à la future Constituante va au-delà de la Constituante puisqu’elle permet à ces responsables Ex-RCDistes non mentionnés dans les listes de l’inéligibilité de leur ouvrir la voie dans l’avenir à la participation dans la politique tunisienne en se présentant à toutes les élections puisqu’ils n’ont pas été incriminés dans les listes nominatives….!

    Ces modifications apportées à l’article 15 par Yadh BEN ACHOUR et Béji Caïd-Essebsi ont été imposées aux membres du Conseil de l’ISROR et ont été effectuées progressivement en suivant des étapes successives qui sont les suivantes :

    1- la première étape :

    Cette étape première a consisté dans le vote le 11 avril 2011 par le Conseil de l’ISROR du projet du décret-loi organisant l’élection de la future Assemblée Nationale Constituante chargée d’élaborer une nouvelle Constitution tunisienne, élection qui est fixée pour le 23 octobre 2011. .

    2- la deuxième étape :

    Cette deuxième étape a consisté dans l’opposition rapide de Béji Caïd-Essebsi à l’article 15 au profit des responsables Ex-RCDistes

    3- La troisième étape :

    Cette étape a consisté dans le refus des membres du Conseil de l’ISROR des propositions de Béji Caïd-Essebsi visant à réviser 15 concernant l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes lors des élections de la future Constituante.

    4- La quatrième étape :

    Cette quatrième étape a consisté dans l’intervention de Yadh BEN ACHOUR le 29 avril 2011 auprès des membres du Conseil de l’ISROR leur imposant la révision de l’article 15 pour intégrer en partie les propositions de Béji Caïd-Essebsi qui sont en faveur des responsables Ex-RCDistes.

    5- La cinquième étape :

    Cette cinquième étape a consisté dans l’intervention par Yadh BEN ACHOUR à la conclusion d’un accord sous forme d’un compromis signé le 03 mai 2011 entre Yadh BENB ACHOUR, représenté par la vice-présidente du Conseil de l’ISROR Latifa LAKHDAR et le premier Ministre Béji Caïd-Essebsi assisté de son ministre conseiller Rafaa BEN ACHOUR.

    6- La sixième étape :

    Cette sixième étape avait consisté dans l’intervention de Yadh BEN ACHOUR pour imposer aux Membres du Conseil de l’ISROR l’adoption d’un communiqué à travers lequel les membres du Conseil de l’ISROR sont sollicités à appuyer le compromis du 3 mai 2011 signé entre Béji Caïd-Essebsi et Yadh BEN ACHOUR accompagné des membres de son bureau juridique.

    7- La septième étape :

    Cette septième étape avait consisté tout simplement dans l’adoption le 6 mai 2011 par le Conseil des ministres présidé par Fouad M’BAZZAA du décret-loi relatif à l’élection de la future Assemblée Nationale Constituante. Cette adoption en Conseil des Ministres a de nouveau modifié unilatéralement le texte de l’article 15 en question

    8- La huitième étape :

    Cette étape porte sur la mise en oeuvre de l’inéligibilité des Ex-RCDistes à la future Constituante qui sans doute serait favorable à la réhabilitation des Ex-RCDistes lors des prochaines élections tunisiennes.

    Il convient par conséquent de passer en revue ces différentes étapes de révision de l’article 15 qui ont été réalisées par Yadh BEN ACHOUR, révisions qui ont été effectuées afin de donner satisfaction à Béji Caïd-Essebsi, l’actuel Premier Ministre et ainsi permettre à la majorité écrasante des responsables Ex-RCDistes de se présenter comme candidats pour les prochaines élections tunisiennes.

    I- Etape N° 1 :

    Le Conseil de l’ISROR adopte le 11 avril 2011, l’article15 du projet du décret-loi organisant la future Constituante.

    Le 11 avril 2011, les membres du Conseil de l’ISROR ont adopté le projet du décret-loi organisant la future Constituante dont les principales dispositions sont :

    – l’article 16 dont l’énoncé proclamait le principe de la parité dans les candidats dans chaque liste avec 50% homme – 50% femme’ avec alternance dans les noms, sous réserve de l’élimination de la liste

    – l’article 15 prévoyant l’extension de l’inéligibilité pour la future Constituante aux responsables du R.C.D dissous qui ont exercé leurs fonctions, durant les 23 dernières années

    – l’article 32 qui a abouti à l’adoption du scrutin majoritaire à un tour, en vertu duquel la répartition des sièges au niveau des circonscriptions électorales s’effectue sur la base de la représentation proportionnelle, tout en tenant compte des plus forts restes.

    Le texte de l’article 15 prévoyait à la base de rendre inéligibles lors des élections de la future Constituante les dirigeants du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) ayant assumé des responsabilités durant les dix dernières années

    Lors des débats de cet article 15, un consensus n’a pas pu être réalisé pour son adoption. Plusieurs intervenants, notamment les islamistes d’ENNAHDHA, ont insisté sur un vote autour de cette question. Ils voulaient que l’inéligibilité soit étendue à tous les responsables RCD depuis la création du R.C.D.

    Des divergences entre les membres du Conseil de l’ISROR avaient eu lieu entre entre ceux qui plaident en faveur de l’exclusion de ceux ayant occupé, durant les dix dernières années, des postes de responsabilité au sein du gouvernement de Ben Ali ou des structures du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) dissous, et ceux qui en réclament l’extension aux responsables qui ont exercé leurs fonctions, durant les 23 dernières années. Au terme d’un vote, les membres du Conseil ont opté pour la deuxième proposition qui consiste à étendre la durée de participation au R.C.D. à 23 ans.

    Plusieurs membres se sont opposés à cette extension dans l’exclusion des responsables Ex6RCDistes de la future Constituante. Ainsi, le membre du Comité directeur du Parti démocratique progressiste (PDP), Mongi Ellouze, a rappelé l’échec de l’exemple irakien pour montrer les effets négatifs de l’exclusion totale des responsables du R.C.D.

    Yadh Ben ACHOUR président de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, n’a pas manqué de recommander aux membres de cette instance d’éviter une opération de ‘chasse à la sorcière’ à l’encontre des ex-responsables du RCD dissout.

    L’article 15 a été soumis au vote et seules 34 voix ont opté pour une inéligibilité de 10 ans.

    Le nouveau article 15 qui a été adopté prévoit dans ses termes :

    l’extension de l’inéligibilité pour la future Constituante aux responsables du R.C.D qui ont exercé leurs fonctions, durant les 23 dernières années en outre, l’exclusion de tout responsable, ayant appuyé le président déchu pour la présidentielle 2014, du droit d’éligibilité à l’assemblée constituante.

    Une liste sera établie et décidée, à cet effet, par l’Instance supérieure indépendante pour les élections .

    Plus précisément les dispositions de l’article 15 qui ont été adoptées le 11 avril 2011 peuvent se résumer ainsi :

    1- sont exclus de la candidature de la Constituante tous les citoyens tunisiens qui ont participé à des fonctions de responsabilités au sein du R.C.D dissous durant les 23 ans du règne du dictateur BEN ALI, à savoir depuis novembre 1987 jusqu’au 14 janvier 2011.

    2- sont exclus également de la candidature de la Constituante les responsables tunisiens ayant appuyés le président déchu à se présenter pour les élections présidentielles de 2014.

    3- l’exclusion des responsables du R.C.D de l’éligibilité pour la Constituante serait d’office sans l’intervention d’une liste nominative à ce sujet,

    4- en revanche, en ce qui concerne l’exclusion de la candidature de la Constituante pour les responsables ayant appuyé le président déchu pour les élections présidentielles de 2014, l’établissement d’une liste nominative serait nécessaire. Cette liste serait établie par l’instance Supérieure Indépendantes pour les élections ( et non pas par l’ISROR)

    Les partis politiques tunisiens qui ont soutenu l’exclusion des responsables Ex-RCDistes de la future Constituante sont nombreux parmi lesquels il convient de citer : le parti Ennahdha, le Parti du Travail National Démocratique (PTND), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FTDL), le parti des Patriotes Démocrates, etc…

    A l’inverse, Le Parti Démocrate Progressiste (PDP) et le Parti du Travail tunisien (PTT) ainsi que le parti ETTAJDID ont émis des réserves quant à l’exclusion des responsables Ex-RCDistes de la future Constituante.

    II- Etape N° 2 :

    L’opposition de Béji Caïd-Essebsi aux dispositions de l’article 15 adopté le 11 avril 2011.

    Le Premier Ministre tunisien Béji Caïd-Essebsi ne désire nullement pas exclure les cadres et les responsables du R.C.D des futures élections tunisiennes et souhaite les intégrer dans la vie politique future de la Tunisie et ceci malgré la grande opposition des partis politiques tunisiens à la réhabilitation du R.C.D dissous.

    Saisi par la Haute Instance chargée des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique d’un projet de décret-loi sur l’organisation des futures élections, Béji Caïd Essebsi, Premier ministre du gouvernement provisoire tunisien, n’a pas suivi la proposition qui lui avait été soumise.

    C’est ainsi que lors de la première conférence des gouverneurs depuis la révolution du 14 janvier 2011 tenue le samedi 16 avril 2011 à El-Aouina de Tunisie , le Premier Ministre tunisien Caïd-Essebsi avait affirmé au sujet des élections de la future Constituante , son opposition à l’adoption à l’inéligibilité des responsables du R.C.D rétrogradant sur une durée de 23 ans

    Au cours d’une conférence de presse tenue le 26 avril 2011 au Palais du Gouvernement à la Kasbah, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi avait affirmé que son gouvernement provisoire a proposé d’interdire la candidature, aux élections de l’assemblée nationale constituante, des anciens responsables du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD-dissous), durant les dix dernières années. Il a, également, proposé d’exclure de ces candidatures les membres du cabinet du président déchu, ses conseillers et les attachés de son cabinet, étant partie prenante dans la prise de décision .

    Le Premier Ministre Caïd-Essebsi a justifié le fait de ramener à une durée de 10 ans au lieu de 23 ans, pour les raisons suivantes :

    — D’abord, la Haute Instance a un rôle consultatif et non décisionnaire et c’est au gouvernement d’examiner ses propositions et de prendre l’ultime décision, en son âme et conscience.

    — L’exclusion totale et depuis 1987, objet de controverses, n’est pas conforme au principe d’innocence et aux droits fondamentaux, jetant l’anathème sur tous, y compris ceux qui au lendemain du changement y avaient vu délivrance avant de s’apercevoir de ses leurres et de prendre leurs distances à son encontre. Les cas de Mohamed Charfi, Saadeddine Zmerli, Dali JAZI et d’autres peuvent en témoigner.

    — La période de 23 ans dépasse largement les délais de prescription légale. La rupture avec le passé et le RCD, déjà engagée, est irrévocable, mais elle ne saurait se convertir en rupture avec le futur, source de divisions profondes et d’exclusion totale d’une large frange de la population. D’où, la logique d’une période de 10 ans. L’adopter, c’est reconnaître la responsabilité du RCD dans ce qui s’est passé durant cette décennie et le condamner, sans esprit de revanche ou de main mise sur l’avenir du pays.

    — Les plus impliqués sont les proches collaborateurs du président déchu, ce qui ont fait partie du cabinet présidentiel. Parce qu’en fait, il y a avait deux gouvernements, celui de la Kasbah, sans réel grand pouvoir et celui de Carthage où s’exerce le vrai pouvoir. Les membres du cabinet, au fait des décisions et participant à leur confection doivent être concernés.

    — Par souci d’équité et de justice, et en évitant toute justice collective totalitaire, il convient donc d’établir une liste nominative des personnes concernées par cette disposition, selon leur niveau et degré de responsabilité, de manière objective et de la fixer par décret.

    — Le gouvernement prône l’apaisement des esprits, la réconciliation nationale, la cohésion de tous les Tunisiens, dans une grande unité, pour réaliser les ambitions de la révolution, loin des règlements de comptes et du lynchage, afin de faire triompher l’esprit de tolérance et de concorde. Il y va de l’avenir de la Tunisie. C’est qui illustrera la révolution tunisienne et en fera une belle référence internationale.

    III- Etape N° 3 :

    Le refus catégorique des membres du Conseil de l’ISROR des propositions de Béji Caïd-Essebsi tendant à réviser l’article 15.

    En effet, face à l’opposition de Béji CaÏd-Essebsi, le Conseil de l’ISROR a maintenu sa position refusant de modifier l’article 15 qui a déjà été voté le 11 avril 2011. Les membres du Conseil de l’ISROR ont considéré l’exclusion des responsables du R.C.D de la future Constituante, à savoir les responsables du R.C.D qui ont participé durant les 23 années du règne de BEN ALI comme revêtant une grande valeur symbolique exprimant la rupture totale avec le régime déchu.

    La majorité écrasante des membres du Conseil de L’ISROR, voire la totalité des interventions, ont exprimé un refus catégorique de remettre en discussion des décisions prises à la majorité par le Conseil de l’ISROR.

    Lors de cette réunion du Conseil de l’ISROR en date du 28 avril 2011, les membres du Conseil de l’ISROR ont rapidement réagi à l’égard des déclarations de Caïd-Essebsi concernant la modification de l’article 15 visant à ramener la durée d’exclusion de 23 ans à 10 ans. Les réactions des membres du Conseil de l’ISROR se sont traduites par :

    – une rencontre le 18 avril 2002 au Palais du Gouvernement, de quelques membres du Conseil de l’ISROR avec Caïd-Essebsi,

    – et un refus catégorique des propositions Caïd-Essebsi portant sur la révision de l’article 15 en question.

    Au sein du Conseil de l’ISROR, les membres du Conseil de l’ISROR ont exprimé leur vif mécontentement à l’encontre des décisions du premier Ministre . Les membres du Conseil de l’ISROR ont vu dans ces décisions une manipulation pour ‘faire revenir par la fenêtre certains caciques du régime de Ben Ali’ tout en affirmant que ‘La question des 23 ans revêt une valeur symbolique pour dire notre rupture avec le régime déchu’

    La majorité écrasante des membres du Conseil de l’ISROR voire la totalité des interventions ont exprimé un refus catégorique de remettre en discussion des décisions prises à la majorité par la Haute Instance tout en condamnant ‘la manière unilatéraliste’ de ‘finaliser les décisions’ qui ‘ne sert nullement les intérêts de la stabilité du pays, thème très cher au Premier ministre’. Ils ont affirmé ‘avoir leur mot à dire’ et c’est ‘RCD, dégage !’

    Les membres du Conseil de l’ISROR ont souligné que malgré le caractère consultatif de cette structure, il n’en demeure pas moins qu’elle dispose d’un rôle de coordination avec le Premier ministre pour assurer le suivi de l’exécution des décisions.

    IV- Etape N° 4 :

    Intervention de Yadh BEN ACHOUR auprès du Conseil de l’ISROR lui imposant la révision de l’article 15, conformément aux demandes de Béji Caïd-Essebsi.

    Cette étape a consisté dans l’intervention de Yadh BEN ACHOUR le Vendredi 29 avril 2011 auprès des membres du Conseil de l’ISROR les obligeant à accepter les modifications proposées par le premier Ministre Béji Caïd-Essebsi en prenant l’initiative de réviser l’article 15 du projet du décret-loi relatif à l’Assemblée Nationale Constituante qui a été voté le 11 avril 2011 par le Conseil de l’ISROR.

    En effet, au cours de la cession du Conseil de l’ISROR tenue le 29 avril 2011, Yadh BEN ACHOUR a imposé aux membres du Conseil de l’ISROR sa proposition de réviser l’article 15 en question qui a été voté le 11 avril 2011, afin d’y introduire les idées de Béji Caïd-Essebsi qui vise :

    – à ne pas interdire totalement les responsables Ex-RCDistes de la candidature de la future Constituante

    – à ne pas interdire les Ex-RCDistes de la future Constituante qu’après établissement d’une liste nominative qui serait soumise à agrément au Président par intérim Fouad M’BAZZAA ainsi qu’au Premier Ministre Béji Caïd-Essebsi qui sont deux membres du gouvernement actuels ayant déjà dans le passé de BEN ALI exercé des hautes responsabilités dans le R.C.D dissous.

    Au cours de cette cession du Conseil de l’ISROR tenue le vendredi 29 avril 2011, Yadh BEN ACHOUR a imposé la révision de l’article 15 déjà adopté le 11 avril 2011 de la manière suivante :

    1- la première révision portant sur l’article 15 en question qui a été imposée par Yadh BEN ACHOUR aux membres du Conseil de l’ISROR était de n’interdire de se présenter aux élections de la Constituante que seulement les membres du Gouvernement du président déchu qui ont appartenu au R.C.D. ainsi que les personnes qui ont occupé des responsabilités dans les structures du R.C.D durant le règne de BEN ALI,

    2- la deuxième révision portant sur l’article 15 qui a été imposée par Yadh BEN ACHOUR aux membres du Conseil de l’ISROR avait consisté à introduire l’établissement de deux listes qui ne seraient pas établies par la haute instance indépendante pour les élections mais par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, c’est-à-dire l’ISROR. La première liste précisait les noms des responsables ayant participé aux gouvernement d’appartenance R.C.D ainsi que les personnes ayant occupé des fonctions de responsabilités dans les structures du R.C.D.

    Quant à la deuxième liste, cette dernière préciserait les noms des personnes qui ont appelé BEN ALI à renouveler sa candidature à l’élection présidentielle pour 2014.

    Toutefois, lors de cette révision du 29 avril 2011, Yadh BEN ACHOUR n’a pas révisé la durée de 23 ans qui était alors maintenue car il souhaitait la réviser ultérieurement en procédant progressivement par étape afin de ne pas rencontrer trop d’oppositions des membres du Conseil de l’ISROR.

    Selon la proposition formulée par Yadh BEN ACHOUR le 29 avril 2011 aux membres du Conseil de l’ISROR, l’article 15 doit être révisé dans ses dispositions de la manière suivante :

    L’interdiction aux personnes ayant assumé, au cours des 23 dernières années, des responsabilités gouvernementales, à l’exception de ceux qui n’ont pas appartenu au RCD dissous, de se porter candidat à l’élection de l’assemblée constituante. Cette interdiction concerne, également, les citoyens ayant assumé une responsabilité dans les structures du RCD, sous le régime du président déchu, au cours des 23 dernières années.

    Une liste des personnes concernées doit être établie par décret-loi, sur proposition de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution. Les candidatures à l’assemblée constituante sont interdites, en outre, pour ceux qui ont appelé le président déchu à présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Une liste sera, également, établie à cet effet.

    Cette proposition de Yadh BEN ACHOUR visant la révision de l’article 15 précité a été soumise au vote aux membres du Conseil de l’ISROR au cours de sa réunion tenue le 29 avril 2011. Malgré que la majorité des partis politiques s’est opposée à cette révision, cette proposition a été quand même votée à la majorité, en raison de l’appui des personnalités nationales et de certaines associations qui sont favorables à Yadh BEN ACHOUR .

    En effet, la principale raison du vote au sein du Conseil de l’ISROR de la proposition de Yadh BEN ACHOUR formulée le 29 avril 2011 afin de réviser l’article 15 en question dans un sens favorable à Béji Caïd-Essebsi tient au fait de l’apui de la majorité des personnalités nationales et de certaines associations eainsi que de la majorité des partis politiques qui sont favorables à Yadh BEN ACHOUR au sein du Conseil de l’ISROR. Cette tendance a favorisé l’adoption du projet du décret-loi, particulièrement concernant les dispositions relatives à la parité, à l’exclusion des responsables Ex6RCDistes et au mode du scrutin.

    Yadh BEN ACHOUR a sélectionné une majorité des membres composant son Conseil de l’ISROR qui lui sont favorables, sachant à l’avance que ces membres vont appuyer ses propositions ainsi que son projet du décret-loi sur la Constituante qui a été élaboré par la Comité des Experts de l’ISROR.

    Les personnalités nationales qui composent le Conseil de l’ISROR représentent presque la moitié des membres du Conseil de l’ISROR. Les personnalités nationales de l’ISROR sont issues en majorité des centristes ou des anciens R.C.D., de la gauche laïque, de la LTDH et des féministes de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (AFTD), présidée par Sana BEN ACHOUR.

    Les Associations membres du Conseil de l’ISROR sont dans leur majorité (à l’exception de quelques unes), favorables à Yadh BEN ACHOUR et à son projet du décret-loi relatif à l’Assemblée Nationale Constituante comme l’AFTD de Sana BEN ACHOUR, l’AFTURD, l’Ordre National des Médecins, le SNJT, le Syndicat Tunisien des Médecins de libre pratique, l’UTICA, les diverses Organisations d’émigrés tunisiens, etc…

    Il en est de même des partis politiques comme Ettajdid, le Parti Démocrate Progressiste, le M.D.S, le PSG qui sont favorables à Yadh BEN ACHOUR.

    Le parti politique ETTAJDID est très proche de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) présidée par Sana BEN ACHOUR puisque Sana BEN ACHOUR est membre du Comité Central du Parti ETTAJDID. L’ATFD compte une vingtaine de féministes qui sont membres du Conseil de l’ISROR au titre des personnalités nationales.

    Selon la deuxième composition de l’ISROR approuvée le 05 avril 2011, ce dernier comptait 155 membres qui se répartissent de la manière suivante :

    a– presque un peu moins de la moitié du Conseil de l’ISROR soit exactement 72 membres proviennent des personnalités nationales qui ont été désignées par Yadh BEN ACHOUR. Ces personnalités nationales sont issues en majorité de l’Association des femmes tunisiennes démocrates issues de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)de Sana BEN ACHOUR et les autres de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH ) ou d’anciens R.C.D qui dit-on des modérés laïques….Ces 72 membres disposent de 72 voix à raison d’une voix par membre lors des opérations de vote.

    b- Les partis politiques qui sont au nombre de 12 totalisent 36 membres partis politiques tunisiens et chaque membre dispose d’une voix lors des opérations de vote au même titre que les personnalités nationales.

    c- Les Associations et syndicats totalisent 33 membres à raison d’une voix par membre lors du vote,

    d- les représentants des régions totalisent 12 membres soit 12 voix à raison d’une voix par membre lors du vote

    e- les familles des martyrs totalisent 2 membres soit 2 voix à raison d’une voix par membre lors du vote.

    L’inconvénient majeur de cette répartition dans le système de vote conçu par Yadh BEN ACHOUR est d’avoir contrebalancé l’ensemble des représentants du peuple tunisien, à savoir les partis politiques, syndicats et associations, par autant de voix réservées aux personnalités tunisiennes. Ce qui n’est pas normal c’est que l’ensemble des partis politiques et associations tunisiennes et syndicats ne peuvent totaliser que 69 voix alors que les 72 personnalités tunisiennes qui font contrepoids , totalisent à elles seules 72 voix ! Les voix des personnalités nationales qui ne représentent pas le peuple tunisien et qui de surcroît ont été choisies par Yadh BEN ACHOUR pour appuyer son orientation politique, ces voix des personnalités nationales dépassent de loin les voix de l’ensemble des représentants des partis politiques ainsi que les associations et syndicats tunisiens . Il est clair que dans ces conditions, le consensus se fait rapidement apparaître en fav eur de Yadh BEN ACHOUR et son projet du décret-loi relatif à la Constituante. Même en cas de vote, la majorité est rapidement acquise en faveur du projet du décret-loi tel que rédigé par les experts de la Commission puisque seules les personnalités nationales comptent presque pour la moitié des voix exprimées. C’est de cette manière que Yadh BEN ACHOUR a réussi à imposer sa proposition de modifier l’article 15 du projet du décret-loi organisant la Constituante en la soumettant au vote dont le système lui est favorable.

    V- Etape N°5 :

    L’intervention de Yadh BEN ACHOUR auprès de Béji Caïd Essebsi pour la signature d’un compromis révisant l’article 15.

    Cette cinquième étape a consisté dans l’intervention de Yadh BEN ACHOUR en faveur de la position exprimée par Béji Caïd-ESSEBSI par la conclusion d’un accord sous forme d’un compromis signé le matin du Mardi 03 mai 2011 au palais du gouvernement à la Kasbah, entre Yadh BEN ACHOUR, représenté par la vice-présidente du Conseil de l’ISROR, la nommé : Latifa LAKDHAR et le premier Ministre Béji Caïd-Essebsi assisté de son ministre conseiller, le nommé : Rafaa BEN ACHOUR.

    Ce qui est paradoxal, c’est que ce compromis du Mardi 3 mai 2011 avec Béji Caïd-Essebsi a été engagé unilatéralement par Yadh BEN ACHOUR sans aucune information préalable des membres du Conseil de l’ISROR pour l’accomplir, préférant les mettre dans le fait accompli et sous l’effet de la surprise….

    Cette renconte entre Yadh BEN ACHOUR et Béji Caïd-Essebsi qui s’est déroulée à huis clos, a été d’une d’une composition très restreinte ne comprenant pas des membres du Conseil de l’ISROR mais uniquement les membres du bureau de l’ISROR qui sont en réalité des agents administratifs de l’ISROR travaillant sous l’autorité et sous les ordres de Yadh BEN ACHOUR.

    Cette réunion du 3 mai 2011 a été composée, du côté de l’ISROR :

    – du Président de l’ISROR, Yadh BEN ACHOUR ainsi que des membres du bureau de l’ISROR, à savoir :

    – Mme Latifa Lakhdhar, vice-présidente de l’ISROR

    – M. Ghazi Ghrayri, porte parole de l’ISROR (celui-ci a démissionné de sa fonction de porte-parole vers le 10 juin 2011).

    – M. Belgacem Abbassi, rapporteur de l’ISROR

    Du côté du Gouvernement , ont assisté à cette réunion du 3 mai 2011

    – Béji Caïd-Essebsi, le Premier Ministre tunisien actuel,

    – le ministre délégué auprès du Premier ministre : Rafaa BEN ACHOUR qui est le frère de Yadh BEN ACHOUR

    – et le secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre : M. Ridha Belhaj,

    Dans une déclaration faite par Yadh BEN ACHOUR le 4 mai 2011, la réunion du 3 mai 2011 entre Béji Caid -Essebssi avec les membres du bureau du L’ISROR, a permis de parvenir à un compromis sur l’article 15 en question dont le texte serait le suivant :

    l’interdiction aux membres du gouvernement de se présenter aux élections de la Constituante, à l’exception de ceux qui n’ont pas adhéré au RCD sous l’ancien régime. Seront également exclus ceux qui ont assumé des responsabilités au sein des structures du RCD et les personnes qui ont exhorté le président déchu à se porter candidat à l’élection présidentielle 2014. Deux listes nominatives seront établies à cet effet par décret présidentiel, sur proposition de la haute instance .

    Le texte de ce compromis adopté lors de la réunion du mardi 03 mai 2011 remplacera l’article 15 qui a été déjà révisé le 29 avril 2011

    Les principales modifications apportées à l’article 15 et qui ont fait l’objet de ce compromis adopté lors de la réunion du 3 mai 2011 peuvent se résumer de la manière suivante :

    1- suppression de la référence à la durée relative à la participation des responsables du R.C.D dissous dans le régime du président déchu, durée qui sert comme référence pour déterminer l’interdiction des responsables du R.C.D. de la future élection de la Constituante. La référence à la durée de 10 ans ou de 23 ans n’est plus mentionnée et n’est plus exigée comme étant un critère d’interdiction pour les responsables du R.C.D dans la future Constituante.

    2- deux listes nominatives seront établies par décret présidentiel, sur proposition de la haute instance qui doivent mentionner les responsables Ex-RCDistes qui seraient interdits de se présenter comme candidats aux élections de la future Constituante.

    – la première liste concerne l’interdiction de se porter candidat à l’élection de la Constituante aux personnes gouvernementales qui ont appartenu au R.C.D. ainsi que les citoyens ayant assumé une responsabilité dans les strucutres du R.C.D sous le régime du président déchu,

    – la deuxième liste doit mentionner les noms des personnes qui ont appelé le président déchu à présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2014, personnes qui devraient également être interdites de se présenter comme candidats à l’élection de la future Constituante.

    3- En outre, la principale innovation apportée par ce compromis du 3 mai 2011 est que l’établissement des deux listes mentionnant les personnes responsables du R.C.D qui devraient être interdits dans l’élection de la future Constituante doit obéir à une procédure exigeant un décret présidentiel, sur proposition de l’ISROR, c’est-à-dire que les noms portés sur ces listes doivent avoir l’approbation de Caïd-Essebsi et de Fouad M’BAZZAA.

    Bref, nul responsable du R.C.D ne serait interdit de la future Constituante que si son nom apparaîtrait dans l’une des deux listes qui seraient proposées par le Conseil de l’ISROR et qui seraient modifiées par le Premier Ministre et le Président intérimaire qui ont un pouvoir discrétionnaire dans l’établissement de ces deux listes.

    Or, Fouad M’BAZZAA et Béji Caïd-Essebsi sont des anciens Ex-RCDistes notoires et les deux listes seront certainement modifiées à leur demande et ne pourraient faire l’objet d’un décret présidentiel visant l’interdiction des personnes R.C.D. de la future Constituante que si elles ont obtenu l’accord de Fouad M’BAZZAA et de Béji Caïd-Essebsi.

    Les membres influents qui ont assisté à la réunion du 03 mai 2011 comprenant Béji Caïd-Essebsi, Yadh BEN ACHOUR ainsi que son frère Rafaa BEN ACHOUR sont des Ex-RCDistes notoires. Fouad M’BAZZAA n’a pas assisté à cette réunion du 03 mai 2011 mais il sera associé prochainement lors de l’établissement des listes comprenant les noms des Ex-RCDistes qui seraient interdits de présenter leurs candidature pour la prochaine Constituante.

    C’est pour cette raison que la durée de 23 ans ou même de 10 ans pour déterminer la participation des responsables Ex-RCDistes dans l’ancien régime de BEN ALI gêne beaucoup Yadh BEN ACHOUR, son frère Rafaa BEN ACHOUR, Béji-Caïd-Essebsi et Fouad M’BAZZAA ainsi que l’ensemble des ministres, Sécretaires d’Etat et autres responsables de l’ancien régime de BEN ALI étant donné qu’ils étaient eux-mêmes des responsables Ex-RCDistes et se trouvent visés par l’interdiction de l’inégilibilité aux futures élections tunisiennes…

    C’est ce qui explique que ces responsables Ex-RCDistes désirent être réhabilités afin de participer dans l’avenir politique de la Tunisie. La suppression de toute référence à la durée pour déterminer l’inéligébilité à la Constituante ainsi que l’établissement de listes précisant les noms des inéligibles, permet à la majorité des Ex-RCDistes dont les noms ne figurant pas dans ces listes d’être dispensés de toute interdiction dans la vie politique future en Tunisie…!

    1-Yadh BEN ACHOUR était du temps de BEN ALI, un responsable Ex-RCDiste.

    Il est à rappeler que dès l’arrivée du Dictateur BEN ALI en 1987, Yadh BEN ACHOUR avait été désigné par BEN ALI pour excercer la fonction de Membre du Conseil Economique et Social durant l’année 1987-1988.

    En juillet 1990, Yadh BEN ACHOUR était décoré par BEN ALI au grade de Commandeur de l’ordre de la République.

    De même, Yadh BEN ACHOUR, avait été désigné par BEN ALI comme Membre du Conseil Constitutionnel, fonction qui a été excercée par Yadh BEN ACHOUR de 1988 à 1992. A l’approche de la fin de son mandat fin 1992 et après avoir excercé durant 4 ans cette fonction de membre du Conseil Cnstitutionnel, Yadh BEN ACHOUR avait fait semblant de démissionner de cette fonction.

    En outre, on ne trouve aucune trace écrite qui atteste que Yadh BEN ACHOUR était un opposant à BEN ALI de 1987 jusqu’au 14 janvier 2011.Du temps de BEN ALI, jamais Yadh BEN ACHOUR n’avait critiqué la torture qui était pratiquée sur le peuple tunisien, ni les excès de la police. Yadh BEN ACHOUR n’a jamais été arrêté par la police de BEN ALI, ni torturé à l’époque de BEN ALI…!

    AU contraire, Yadh BEN ACHOUR a eu tous les honneurs à l’époque de BEN ALI.. En effet, Yadh BEN ACHOUR était autorisé par BEN ALI, de fin 1987 jusqu’au 14 janvier 2011, à organiser des colloques, à rédiger des articles dans l’ensemble des revues puisqu’il a été considéré par BEN ALI comme faisant partie de l’élite intellectuelle du R.C.D. appartenant à l’Université du 7 novembre de Carthage et à l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel ainsi qu’à l’Association Tunisienne de Droit Constitutionnel (A.T.D.C.) qui sont des institutions bénalistes de premier ordre. C’est pour cette raison qu’à l’époque de BEN ALI, Yadh BEN ACHOUR se permettait de rédiger des articles dans de nombreuses revues, privilège qui n’était pas accordé au peuple tunisien où la liberté d’expression était refusée aux opposants.

    Après la fin en 1992 de sa fonction de Membre du Conseil Constitutionnel, Yadh BEN ACHOUR a continué à occuper de hautes fonctions universitaires sous la bénédiction de BEN ALI. C’est ainsii que de 1993 à 1999, Yadh BEN ACHOUR avait assuré la fonction de Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis avec l’approbation du Ministère de l’Enseignement Supérieur du régime de BEN ALI. Si réellement Yadh BEN ACHOUR était opposant à BEN ALI, le Ministère de l’Enseignement Supérieur de Tunisie n’aurait jamais accepté de confier à Yadh BEN ACHOUR d’être le Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques Politiques et Sociales de Tunis de 1993 à 1999.

    Yadh BEN ACHOUR est aussi Membre fondateur de l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel (A.I.D.C.) de Tunis. Les membres de l’A.I.D.C. ainsi que l’A.T.D.C. qui sont en majorité des enseignants universitares de Droit Public considérés longtemps comme étant l’élite de BEN ALI, tels que Yadh BEN ACHOUR, Rafaa BEN ACHOUR, Sana BEN ACHOUR, Slim LAGHMANI, Farhat HORCHANI, Zouhayer M’DHAFFER, etc.., avaient largement contribué à la révision de la Constitution tunisienne de 2002 qui avait permis à BEN ALI de se présenter sans limite de mandats, tout en organisant durant tout le règne de BEN ALI des Colloques défendant sa politique .

    L’ensemble de ces hautes fonctions qui ont été exercées par yadh BEN ACHOUR durant le règne de BEN ALI prouvent que Yadh BEN ACHOUR était un responsable Ex-RCDiste directement visé par l’interdiction de l’inégibilité aux prochaines élections…

    2- Il en est de même de Rafaa BEN ACHOUR qui est le frère de Yadh BEN ACHOUR est un responsable Ex-RCDiste.

    Également, Rafaa BEN ACHOUR enseignait à la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales de Tunis et à l’ Université de droit du 7 novembre de Carthage où on retrouve l’élite intellectuelle de BEN ALI.

    Rafaa BEN ACHOUR avait fait partie du Gouvernement de BEN ALI en 2001-2002 en tant que Secrétaire d’État auprès de l’Éducation Nationale de janvier 2001 à septembre 2002. Il était chargé de l’innovation pédagogique mais en réalité, il s’est détaché de sa fonction d’Enseignant universitaire auprès de l’éducation nationale pour mieux se consacrer à la révision constitutionnelle de 2002 voulue par BEN ALI, conjointement avec d’autres ministres comme Zouhayer M’DHAFFER et Lazhar BOUAUNI, etc…

    Dès l’arrivée de BEN ALI, Rafaa BEN ACHOUR avait été promu pour occuper la fonction de Président de l’Université des Sciences, des Techniques de Médecine de Tunis de 1997 à décembre 2000. Il a été Secrétaire Général de l’Académie Internationale de Droit Constitutionnel (AIDC) de 1988 à 1998, Académie qu’il préside actuellement et considérée comme étant le nid des idéologues de BEN ALI. Il a été vice-président de l’Association tunisienne de Droit constitutionnel (ATDC) de 1981 à 2000. Rafaa BEN ACHOUR a participé en 2002 à la révision de la constitution tunisienne qui a permis à BEN ALI de se présenter sans limite de mandats tout en lui octroyant des immunités lui permettant de fuir.

    Ces hautes fonctions exercées par Rafaa BEN ACHOUR du temps de BEN ALI, notamment la fonction de Secrétaire d’Etat auprès de l’éducation nationele en 2001-2002 prouvent que Rafaa BEN ACHOUR était un responsable Ex-RCDistes ou d’appartenance R.C.D.

    3- En ce qui concerne Fouad M’BAZZA, celui-ci était également comme Yadh BEN ACHOUR et Rafaa BEN ACHOUR un ancien responsable Ex-RCDiste.

    Durant le règne de BEN ALI, Fouad m’BAZZAA avait reçu par BEN ALI les décorations suivantes :

    – le Grand Cordon de l’ordre de la République.

    – le Grand Cordon de l’ordre de l’indépendance.

    – le Grand Cordon de l’ordre de 7 Novembre.

    Sous le régime de BEN ALI, Fouad M’BAZZAA avait exercé la fonction de Président de la Chambre des députés dont les membres sont majoritairement des R.C.D. du 14 octobre 1997 jusqu’au 14 janvier 2011, date de la fuite du dictateur BEN ALI

    En effet, dès 1988, Fouad M’BAZZAA a été élu Membre du Comité Central du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (R.C.D.) de BEN ALI. Et en 1993, Fouad M’BAZZAA a été de nouveau réélu Membre du Comité Central du RCD.

    En 1997, Fouad M’BAZZAA a été élu Membre du Bureau Politique du RCD.

    4- Il en est de même de Béji Caïd-Essebsi .

    A l’arrivée du dictateur BEN ALI, Béji Caïd-Essebsi en quittant le Parti Socialiste Destourien de BOURGUIBA, s’est converti dans le R.C.D., pour exercer la fonction de membre du Comité Central du R.C.D jusqu’à juillet 2001.

    Sous BEN ALI, et après 198,7 Béji Caïd-Essebsi avait exercé la fonction de membre du Conseil Constitutionnel.

    En 1988, Béji Caïd-Essebsi était élu député d’appartenance R.C.D. fonction qu’il avait occupé jusquà 1994.

    En 1990-1991, Béji Caid-Essebsi était élu Président de la Chambre des députés, d’appartenance .R.C.D.

    L’ensemble de ces fonctions qui ont été exercées par Béji Caïd-Essebsi font de lui un responsable Ex-RCDiste frappé d’inégibilité lors des prochaines élections tunisiennes.

    VI – Etape N° 6 :

    L’intervention de Yadh BEN ACHOUR auprès du Conseil de l’ISROR leur demandant l’adoption d’un communiqué d’appui au compromis conclu le 3 mai 2011 avec Béji Caïd-Essebsi portant sur la révision de l’article 15.

    Cette étape avait consisté dans l’intervention de Yadh BEN ACHOUR le jeudi 5 mai 2011 auprès des membres du Conseil de l’ISROR leur demandant l’adoption d’un communiqué appuyant le compromis qu’il a conclu le mardi 3 mai 2011 avec Béji Caïd-Essebsi tout en évitant de soumettre ce compromis au vote au sein du Conseil.

    Pour contourner ce vote et éviter le rejet ou la modification de ce compromis du 3 mai 2011, Yadh BEN ACHOUR a réussi à arracher aux membres du Conseil de l’ISROR l’adoption d’un communiqué se contentant tout simplement d’un appui au texte du compromis du 03 mai 2011 relatif à la révision de l’article 15 en question.

    A ce sujet, et d’une manière rapide, une réunion du Conseil de l’ISROR avait eu lieu jeudi 5 mai 2011 au Bardo pour examiner le texte du compromis qui a été arrêté le 03 mai 2011 entre Caïd-Essebsi et les membres du bureau de l’ISROR, compromis relatif aux nouvelles dispositions de l’article 15 en question.

    Yadh BEN ACHOUR a encouragé ce compromis en déclarant que : ce compromis permettra au pays de sortir de sa crise politique et de trouver un terrain d’entente entre le gouvernement et la haute instance. Les membres de la haute instance, sont appelés, a-t-il dit, à dépasser la logique de confrontation, dés lors qu’il s’agit d’une question stratégique qui engage l’avenir du pays. Il est de la responsabilité de la haute instance, a estimé M. Ben ACHOUR, de dépasser tous les antagonismes et d’aller de l’avant en vue de l’organisation des élections à la date prévue du 24 juillet .

    Après un débat houleux, beaucoup de membres du Conseil de l’ISROR ont émis des doutes sur la proposition de Caïd-Essebsi relative à la révision de l’article 15 en question.

    C’est ainsi que Moncef Yaacoubi et Mokhtar Trifi, se sont interrogés sur les garanties offertes par le gouvernement pour montrer son engagement à adopter une liste nominative, proposée par l’Instance, des personnes exclues des prochaines élections sans pour autant y intervenir.
    Ils ont aussi demandé si le gouvernement était prêt à présenter les documents nécessaires permettant d’établir ces listes particulièrement après la dissolution du RCD.

    D’autres intervenants ont émis des doutes concernant cette proposition de Caïd-Essebsi révisant l’article 15 du projet du décret-loi de la Constituante d’autant plus que la question de la période considérée pour délimiter la liste des responsables du RCD n’a pas été encore tranchée.

    Mais ce qui est paradoxal. c’est que les membres du Conseil de l’ISROR n’ont pas réagi au sujet de la question relative à la suppression totale de toute référence à la durée de 10 ans ou de 23 ans qui a été décidée dans le contenu du compromis du 3 mai 2011 conclu entre Yadh BEN ACHOUR et Béji Caïd-Essebsi

    De même, les membres du Conseil de l’ISROR n’ont pas débattu de la question relative à la durée de participation des responsables du R.C.D qui devrait remonter, soit sur une période de 10 ans, soit sur une période de 23 ans, durée qui devrait servir comme un critère déterminant l’inéligibilité des responsables du R.C.D. de la future Constituante.

    Comme les membres du Conseil de l’ISROR sont majoritairement favorables à Yadh BEN ACHOUR, un consensus s’est dégagé évitant des discussions sur le contenu du compromis du 3 mai 2011 précité conclu entre Yadh BEN ACHOUR et Béji Caïd-Essebsi.

    Après un débat houleux, les membres du Conseil de l’ISROR ont finalement accepté d’adopter à l’initiative de Yadh BEN ACHOUR, un communiqué appuyant le compromis auquel est parvenu le Bureau de l’Instance et le Premier ministre concernant l’art.15 du décret-loi portant élection de la Constituante, dans le souci de transcender ses différends avec le gouvernement provisoire.

    C’est de cette manière et à travers ce communiqué d’apui, que les membres du Conseil de l’ISROR ont été considérés implicitement , sans avoir procédé au vote du compromis, comme ayant approuvé le nouveau texte de l’article 15 conclu le 03 mai 2011 entre Caïd-Essebsi et Yadh BEN ACHOUR ainsi que le bureau de l’ISROR

    VII – Etape N° 7 :

    L’adoption par le Conseil des Ministres le 6 mai 2011 de l’article 15 tel que révisé par le compromis du 3 mai 2011.

    Cette étape avait consisté dans la communication rapide par Yadh BEN ACHOUR, le Président de l’ISROR du contenu du compromis du 3 mai 2011 appuyé par le communiqué du Conseil de l’iSROR au Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA qui s’est tenu le Vendredi 6 mai 2011.

    En effet, une fois que Yadh BEN ACHOUR est parvenu à arracher du Conseil de l’ISROR un communiqué d’apui au compromis adopté le 3 mai 201, les choses sont devenues très simples

    Le texte du compromis du 3 mai 2011 qui a été appuyé par le Conseil de l’ISROR le 5 mai 2011 a été transmis le vendredi 06 mai 2011 au Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA, lequel lors de cette séance après l’avoir de nouveau modifié, l’a approuvé et ratifié sous forme de décret-loi.

    Selon cette adoption et ratification sous forme de décret-loi par le Conseil des Ministres en date du 6 mai 2011, les dispositions de l’article 15 du projet de décret-loi relatif à l’élection de l’assemblée nationale constituante seraient les suivantes :

    A le droit de présenter sa candidature à l’assemblée nationale constituante, tout électeur âgé de plus de 23 ans accomplis le jour de la présentation de sa candidature.

    Ne leur est pas permis de présenter leur candidature:

    * Les personnes ayant assumé des responsabilités au sein du Gouvernement du président déchu, à l’exception des membres de ce gouvernement n’ayant pas appartenu au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD – Dissous).

    * Les personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du RCD, sous le régime du président déchu. Les responsabilités concernées seront déterminées par décret, sur proposition de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

    * Les personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Cette liste sera établie par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

    Ce sont finalement ces nouvelles dispositions de l’article 15 du ce décret-loi sur la Constituante approuvées le 6 mai 2011 en Conseil des Ministres présidé par Fouad M’BAZZAA qui seraient définitivement retenues, lequel décret-loi a été publié le 10 mai 2011 au Journal Officiel Tunisien.

    Ces dispositions définitives du décret-loi relatives à l’article 15 peuvent se résumer ainsi

    1- la référence à la durée de 10 ans ou de 23 ans a été définitivement supprimée. On ne tient plus compte de la durée de la participation des responsables Ex-RCDistes dans les structures du .R.C.D pour déterminer leur inéligibilité à la Constituante,

    2- Les listes des personnes qui ont occupé des postes de responsabilité dans les structures du R.C.D sous le régime du dictateur déchu BEN ALI seront établies conjointement par le Conseil de l’ISROR et le Gouvernement. Le Conseil de l’ISROR communique d’abord ses propositions de listes à Béji Caïd-Essebsi ainsi que Fouad M’BAZZAA qui à leur tour pourront les réviser avant leur adoption par décret..

    3- Les listes des personnes qui ont appelé le président en fuite à renouveler sa candidature présidentielle de 2014 relèveront de la compétence du Conseil de l’ISROR.

    Il est à constater que le premier ministre Béji Caïd-Essebsi ainsi que le Président par intérim Fouad M’BAZZAA conserveront un pouvoir discrétionnaire venant au secours des responsables Ex-RCDistes qui majoritairement ne pourront être inéligibles à la future Constituante que si leurs noms figureraient sur les listes

    Ainsi un grand nombre parmi les responsables Ex-RCDistes auront le plaisir de pouvoir se présenter non seulement à la Constituante mais à d’autres élections tunisiennes.telles que les législatives, les présidentielles et les municipales, etc… Ce qui ouvre la porte d’accès au retour des Ex-RCDistes prochainement dans la vie politique tunisienne.

    Ironiquement, le préambule du decret-loi du 10 mai 2011 relatif à l’élection de l’AssembléeNationale Constituante

    stipule que :

    Cette loi électorale a été élaborée, souligne son préambule, dans le but rompre avec l’ancien régime fondé sur le despotisme, l’absence de la volonté du peuple et la falsification des élections, et en fidélité aux principes de la révolution tunisienne visant à instaurer une légitimité fondée sur la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice sociale, la dignité, le pluralisme, les droites de l’Homme et l’alternance au pouvoir

    VIII- Etape N° 8 :

    La mise en oeuvre des dispositions de l’article 15 adopté en Conseil de Ministres le 6 mai 2011.

    Le mardi 31 mai 2011, le Conseil de l’ISROR a constitué deux Commissions :

    – la première Commission sera chargée de l’élaboration d’un nouveau texte du pacte républicain, tandis que

    – la deuxième Commission ( appelée Commission N° 17 ) aura pour mission d’établir les listes des candidats inéligibles à la Constituante, dont les responsables du RCD dissous et les personnes qui ont exhorté le président déchu à se porter candidat à l’élection présidentielle de 2014.

    La composition des membres de la Commission chargée d’élaborer la liste des candidats inéligibles à la Constituante a été entourée de beaucoup de secret et de huit clos.

    Au cours de cette réunion, le Conseil de l’ISROR a adopté le projet du décret relatif au découpage électoral et à la répartition des sièges en fonction des circonscriptions dans les élections de la Constituante. A ce sujet, il est prévu 218 sièges qui seront désignés au sein de la future Assemblée Nationale Constituante dont 19 seront réservés aux tunisiens à l’étranger. Le nombre des circonscriptions électorales a été fixé à 33 circonscriptions dont 27 en Tunisie et 6 à l’étranger.

    La première difficulté dans la mise en ouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante va provenir certainement de la preuve de leur appartenance au R.C.D en tant qu’adhérents responsables du R.C.D dissous.

    En effet, la seule preuve de cette appartenance au R.C.D dissous en tant que responsable dans l’une des structures de ce parti, ne peut provenir qu’en se référant aux archives du R.C.D. qui peuvent dévoiler les noms des adhérents et responsables du R.C.D dissous…

    Cependant, quand on sait que beaucoup d’archives du parti du R.C.D ont été détruites volontairement après le 14 janvier 2011, beaucoup de responsables Ex-RCDistes ainsi que d’anciens membres du Gouvernment ayant exercés dans le régime de BEN ALI vont avoir la chance d’échapper à l’interdiction de l’inéligibilité prévue par l’article 15 du décret-loi organisant la Constituante….!

    D’autre part, même si les listes des adhérents responsbales au R.C.D. dissous existent encore, ces listes peuvent être falsifiées pour ne pas révèler les noms des Ex-RCDistes responsables, ou elles peuvent être reproduites en faux….

    La deuxième difficulté dans la mise en oeuvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante peut provenir du fait que beaucoup de responsables Ex-RCDistes ont exercé des fonctions dans les strucutres du R.C.D et ont ensuite démissionné…Faut-il les incriminer ?

    La troisième difficulté dans la mise en eouvre de l’inéligibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante provient du pouvoir discrétionnaire qui va entourer l’établissement de ces listes des responsables Ex-RCDistes frappés de l’inéligibilités à la Constituante.

    Ce pouvoir discrétionnaire est susceptible d’émaner à la fois de la Sous-Commission N°17 de l’ISROR relative aux inéligibiltés, du Président de l’ISROR Yadh BEN ACHOUR ainsi que du Premier MInistre Béji Caïd-Essebsi et le Président par intérim Fouad M’BAZZAA qui dans l’ensemble vont tous intervenir pour sélectionner comme bon leur semble les Responsables Ex-RCDistes inéligibles à la future Constituante.

    En effet, il est une certitude que les listes nominatives qui vont être établies par la Commission N°17 sur l’inéligibilité à la Constituante ne vont faire apparaître, sur les quinzaine de milliers d’anciens responsables Ex-RCDistes, que peu de noms des personnes visées par l’interdiction de l’inéligibilité…! A titre d’exemple, y’aurait-il sur ces listes sans aucune omission l’inscription des noms de l’ensemble des présidents des cellules du R.C.D qui étaient du temps de BEN ALI au nombre du 8803 personnes, ou les noms des Omdas majoritairement Ex-RCDistes, ou les noms des Conseillers municipaux et des délégués et gouverneurs majoritairement Ex-RCDistes aussi…? Faut-il recenser les noms de ces responsables Ex-RCDistes en partant de 1987 jusqu’au 14 janvier 2011 sachant que beaucoup parmi eux ont exercé que des fonctions électives portant sur quelques années de participation comme Ex-RCDistes ?

    Ironiquement, l’établissement de ces listes sur l’inégilibilités des responsables Ex-RCDistes va jouer en faveur de ces Ex-RCDistes puisque sur les dizaines de milliers de ceux qui ont appelé l’ancien président à se représenter pour un nouveau mandat en 2014 et sur la quinzaine de milliers d’autres anciens responsables Ex-RCDistes, seuls probablement un millier de responsables Ex-RCDistes verront leurs noms établis par les listes des inéligibilités à la Constituante.

    En quelques sortes, cela signifie que les autres responsables Ex-RCDistes dont les noms ne seront pas mentionnés dans les listes qui seront approuvées par decret, ces responsables ex-RCDistes seront réhabilités à participer dans les prochaines élections tunisiennes aussi bien celles qui concernent l’Assemblée Nationale Constituante mais aussi celles qui concernent dans l’avenir les présidentielles, les législatives et les municpales tunisiennes….Est-ce alors des listes qui interdisent et qui en même temps et par voie de conséquence réhabilitent les responsables Ex-RCDistes…?

    D’ailleurs, à ce sujet, le Président Yadh BEN ACHOUR partage les mêmes arguments que Béji Caïd-Essebsi concernant les responsables Ex-RCDistes frappés d’inéligibilité à la Constituante.

    Concernant les Ex-RCDistes, Yadh BEN ACHOUR a maintes fois affirmé qu’il n’est pas pour la chasse aux sorcières.
    Cependant, la question n’est pas de faire la chasse aux sorcières aux simples adhérents Ex-RCDIstes mais plutôt aux Responsables Ex-RCDistes, conformément à la volonté du peuple tunisien confirmée le 14 janvier 2011, afin d’éviter à ce que ces Responsables Ex-RCDistes ne reviendront en force dans la vie politique tunisienne pour reprendre leurs conduites bénalistes comme au temps des 23 dernières années du régime du dictateur BEN ALI…!

    Malheureusement, le gouvernement actuel qui est provisoire et non pas transitoire cherche à maintenir au pouvoir les responsables Ex-RCDistes au motif déviter de leur faire la chasse aux sorcières , ou d’éviter de les jeter en pâture …

    Dans un entretien accordé à la Presse de Tunisie en date du 8 mai 2011 recueilli par B. OUESLATI intitulé Report de la date des élections , Yadh BEN ACHOUR avait affirmé au sujet de l’inéligilibilité des responsables Ex-RCDistes à la future Constituante qui ont participé dans les structures du RCD dissous :
    « qu’il faudra, faire preuve de beaucoup de bon sens pour ne pas tomber dans l’inquisition et la chasse aux sorcières. Nous devons être à la fois justes et équitables. Sur ce plan, ce ne sera ni 10 ni 23 ans, mais plutôt un système de sélection qui tienne compte de plusieur

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