Logistique au Maroc : atouts et handicaps

Le Maroc a de l’avenir en matière de logistique. Seulement, il faut vite en tirer profit car la concurrence en ce domaine est rude. C’est du moins les résultats d’une étude réalisée par le bureau d’études français Samarcande, et rendue publique en marge du Salon de la logistique tenu du 13 au 17 novembre à Tanger . «Certes, le Maroc occupe une position géographique privilégiée. Sa proximité avec l’Europe suppose des coûts de transport deux à trois fois moins chers qu’avec la Chine. Mais cela risque de vite changer avec l’arrivée dans le secteur de porte-conteneurs de plus en plus énormes», explique Mathieu Sarda, chercheur à Samarcande. En effet, les derniers bateaux, notamment les «SuperPanamax» ayant une capacité de plus de 13.000 conteneurs, peuvent réduire l’écart avec le géant chinois en abaissant substantiellement le coût du transport.
«D’autre part, le coût de la logistique est encore trop élevé au Maroc. Elle absorbe environ 20% du PIB et constitue de 25 à 60 % de la valeur ajoutée totale selon les secteurs», précise le rapport de Samarcande. Par ailleurs, si au niveau des échanges extérieurs, le Maroc est au niveau, en matière de logistique interne, la situation est moins bonne.
Selon Sarda, l’éclatement des structures (essentiellement des PME) et des prestataires médiocres conjugués à un transport routier inadapté, plombent le développement du secteur. «Les industries marocaines, dont les produits étaient destinés au marché local, n’ont accordé aucune place à la logistique. En fait, la protection du marché n’encourage pas la recherche de la compétitivité», ajoute le chercheur. En clair, seules les entreprises orientées vers l’export et le trafic international ont fait des efforts en matière de logistique.
Aujourd’hui, Casablanca et sa région sont considérées comme le cœur battant du secteur. Mais d’autres régions affichent leurs ambitions en ce domaine. C’est le cas de Tanger qui mise énormément sur le complexe portuaire de TangerMed pour augmenter sa part du gâteau. L’étude réalisée par Samarcande recommande toutefois de développer d’autres zones dédiées à la logistique, notamment dans les régions de Meknès, Marrakech, Agadir et Oujda. L’objectif est de proposer une offre complète en la matière.
Rappelons que le transport représente à lui seul 6% du PIB et 9% du secteur des services. Il emploie 6% de la main-d’œuvre active et représente 25% de la consommation de l’énergie, tout en participant pour 25% au budget de l’Etat. L’étude démontre enfin que près de 70% du secteur du transport des marchandises au Maroc travaille dans l’informel, dont l’essentiel de l’activité est concentré dans la région du Grand Casablanca.

L’economiste

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