Les retombées de la privatisation sur l’économie marocaine vues par la DEPP

Les opérations de privatisation ont engendré, entre 1993 et 2006, une recette globale d’environ 94 milliards de dirhams. Par mode de cession, la majorité des recettes a été générée sur la base d’appels d’offres. Au-delà de leur dimension financière (près de 94 milliards de dirhams), les opérations de privatisation ont permis la libéralisation de certains secteurs tels les télécommunications et ont favorisé un courant d’investissements privés d’envergure avec des retombées positives sur l’emploi et la productivité.
De manière générale, la privatisation a eu des effets positifs appréciables sur l’ensemble des entreprises cédées. Tel est, en tous cas, le constat de la DEPP (Direction des Entreprises Publiques et de la Privatisation), établi dans un récent document intitulé : « Impact de la privatisation sur l’investissement au Maroc ». Le point sur les principaux effets du processus de la privatisation sur l’économie marocaine.
Les acquisitions faites par des partenaires industriels de renom, marocains et étrangers, ont permis aux entreprises privatisées de s’insérer dans des stratégies de développement de groupe, d’accéder à de nouveaux marchés grâce aux réseaux internationaux de partenaires stratégiques et d’améliorer leur savoir-faire et leur productivité, renforçant ainsi leurs positions concurrentielles.

Sur le plan des IDE, le processus de privatisation, depuis son lancement en 1993, a permis au Maroc de drainer des investissements extérieurs particulièrement importants vers des secteurs industriels, des télécommunications, du tourisme et de l’énergie et vers le secteur financier.

Cette évolution remarquable a permis au Maroc de passer du 4ème au 1er rang parmi les pays arabes et au 3ème rang des pays africains dès 2003 juste après l’Afrique du Sud et le Nigeria. Les privatisations ont incontestablement raffermi l’intérêt que portent les investisseurs étrangers à l’économie marocaine puisque leur apport a atteint plus de 67 milliards de dirhams à fin 2006.

Le processus de privatisation a contribué à la re-dynamisation de la Bourse des valeurs de Casablanca. En effet, la privatisation a constitué un facteur essentiel de la croissance de la place Casablancaise. Depuis 1989, année coïncidant avec la première privatisation par le marché, la capitalisation boursière a été multipliée par plus de 83 fois, passant de 5 milliards de DH à 417 milliards de DH à fin 2006.

Les sociétés privatisées pèsent pour plus de la moitié sur le marché de Casablanca. On remarque, également, une forte corrélation entre l’amélioration des indicateurs boursiers et le rythme des privatisations. A noter que plus de 15 % des recettes de privatisation ont été réalisées par des opérations de cession en bourse. Ces introductions ont amélioré la liquidité et la profondeur du marché financier créant des conditions attrayantes pour les investisseurs et favorisant le développement de professions et d’activités nouvelles (banques d’affaires, OPCVM, sociétés de bourse….).

Un autre impact soulevé concerne les recettes de privatisation affectées au Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social. « Jusqu’en 2000, l’ensemble des recettes de privatisation a été affecté directement au budget de l’Etat. Mais depuis 2001, une part importante de ces recettes est transférée au Fonds Hassan II pour le Développement Economique et Social, afin de développer le capital économique national et de le fructifier pour créer de nouvelles richesses. A fin 2006, plus de 31 milliards de dirhams prélevés sur les recettes des privatisations ont été transférées à ce fonds et servent au financement de projets économiques et sociaux à caractère structurel ».

Du même rapport de la DEPP, l’amélioration des performances post-privatisation des entreprises et hôtels via le transfert de savoir-faire a été significatif non seulement dans les cas où l’acquéreur était un opérateur international qui a introduit ses règles et procédures dans sa nouvelle filiale marocaine, mais également dans le cas de la plupart des entreprises et hôtels repris par des investisseurs privés marocains. A titre d’exemple, Sonasid (sidérurgie) avec son partenaire industriel espagnol Marcial Ucin, affilié par la suite au groupe Arcelor, a développé ses techniques d’achat de billettes et diversifié sa gamme de fabrication.

Un autre point évoqué est relatif à l’impact du processus de la privatisation sur l’image du Maroc au plan international. Pour la DEPP, les appels d’offres internationaux et les grandes opérations qui les ont suivis, telles que celles portant sur 35% de Maroc Télécom ou 80% de la Régie des Tabacs, ont attiré l’attention des milieux d’affaire internationaux et ont contribué sensiblement à renforcer l’image de l’économie marocaine à l’étranger. « La communauté financière internationale a, en effet, apprécié les modalités de réalisation de ces opérations, considérant que celles-ci ont été menées avec un haut niveau de professionnalisme et de transparence ». Bien plus, poursuit la même source, la révision positive, en 2005, de la notation du Maroc par les deux agences de rating Standard & Poor’s et Moody’s témoigne des efforts et progrès réalisés au cours des quinze dernières années et qui se sont traduit par une amélioration sensible de la situation économique du pays ainsi que par la mise en place d’un climat d’investissement favorable.

L’Opinion

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