Les pateras de retour au Nord du Maroc

Les Pateras sont de retour. Il ne se passe pas une semaine sans que nous entendions parler d’embarcations de fortune qui essaient de traverser le Détroit de Gibraltar ou l’Atlantique à destination de l’Andalousie, de Murcie ou encore des Iles Canaries avec à bord des centaines de migrants irréguliers.
Pas plus tard que mercredi dernier, une embarcation pneumatique transportant 22 Subsahariens a pris le large à Al Hoceima vers les côtes espagnoles avant d’être arrêtée par les éléments de la Guardia civil à 14 km de la plage de Carchuna à Mortil.
Une tentative qui intervient à quelques jours de celle opérée lundi dernier à partir des côtes de Tanger par huit migrants subsahariens dont une femme. Leur embarcation a été elle aussi interceptée par les autorités espagnoles à quelques kilomètres de Tarfaya.
La semaine dernière, 22 migrants ont tenté au petit matin de prendre la mer sur un bateau pneumatique sur une plage près de Playa Blanca, à quelques kilomètres de Tanger. Une tentative qui a mal tourné puisqu’elle s’est soldée par la mort d’un membre des Forces auxiliaires qui a tenté de les empêcher de prendre le large. Les 22 Subsahariens ont été arrêtés et traduits en justice qui a décidé de les expulser vers leurs pays d’origine. Ces migrants qui sont d’origine ivoirienne, camerounaise et guinéenne n’ont pas été poursuivis pour meurtre.
Le mois de mars dernier a enregistré également deux tentatives de passage par mer de Tanger vers l’Espagne et qui ont été avortées par une intervention des forces de l’ordre marocaines. Près de 40 migrants irréguliers ont été arrêtés.
Pour certains observateurs, la multiplication de ces opérations de passage par mer n’est que la conséquence directe du renforcement de surveillance autour des présides occupés de Mellilia et de Sebta. Pour eux, l’Espagne a verrouillé ses portes en durcissant sa législation et en renforçant ses contrôles sans parler des refoulements à chaud adoptés depuis peu. Du coup, de plus en plus de migrants tentent leur chance en s’embarquant sur des bateaux de fortune pour rejoindre l’Europe. Notamment à cette période de l’année où les conditions métrologiques sont favorables.
Pourtant, ces mêmes observateurs assurent que le phénomène est loin d’avoir la même ampleur que celui enregistré quelques années en Libye ou celui de la fin des années 90 et le début de 2000 au Maroc. D’après eux, la route maritime entre le Maroc et l’Espagne reste peu empruntée par rapport aux routes de l’Est qui passent par la Turquie ou la Grèce, la Bulgarie ou Chypre ou celle centrale qui passe par la Libye. Selon des statistiques de Frontex, organisme chargé de la gestion de la coopération aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne, la route de l’ouest a enregistré l’année précédante 7.840 passages (mer et terre) contre 170.760 (mer) en route centrale et 50.830 (mer et terre) en route de l’Est.
D’autres chiffres de Frontex ont indiqué également qu’entre 2009 et 2013, la tendance est à la baisse comme en attestent les statistiques établies durant ces années. Ainsi, de 254 tentatives en 2009 à 300 en 2010, on est passé à 775 en 2011 et à 364 en 2012 avant de revenir à 282 en 2013, soit une baisse de 23%.
© Libe.ma

1 mai 2015

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