Les enjeux et les perspectives des biocarburants pour l’Afrique

Au Maroc, des investisseurs espagnols envisagent d’investir dans le secteur.
Une conférence internationale sous le thème : « Enjeux et perspectives des biocarburants pour l’Afrique » est prévue du 27 au 29 novembre 2007 au Burkina Faso. Objectif : évaluer le potentiel des biocarburants en Afrique.
Selon le Réseau International d’accès aux énergies durables (RIAED), cette évaluation sera réalisée sur la base d’études de cas et de situations existantes, par des panels d’experts qui s’attacheront à mettre en évidence les bénéfices potentiels et les impacts environnementaux des biocarburants, et apporter des éléments de décision sur les différentes options technologiques nécessaires à la mise en place de politiques cohérentes et novatrices dans ce secteur en Afrique.
Trois sessions plénières sont ainsi prévues lors de cette conférence. La première sera consacrée à l’état de la production des biocarburants : aspects technologiques et économiques. La seconde sera consacrée aux défis et risques des biocarburants pour la région. Quant à la troisième session, elle aura comme thème : « Biocarburants : aspects institutionnels et politiques ».
De même, des tables-rondes, au nombre de huit, sont prévues. Elles sont destinées à élaborer des recommandations et des conseils sur les biocarburants liquides dans le contexte des pays en développement en général et de l’Afrique en particulier. Il s’agit en fin de compte d’inciter les pays africains à produire de biocarburants. D’ailleurs, l’AFD (Agence Française pour le Développement) estime que nombre d’entre eux sont désormais capables de les produire, et ce, pour diverses raisons :main d’œuvre bon marché, climat favorable et disponibilité de grandes surfaces. C’est justement pour cette raison que l’Association des Pays Africains non Producteurs de Pétrole a vu le jour en 2006.
Celle-ci engage les Etats- membres à mettre en place un cadre institutionnel et réglementaire ainsi que des incitations pour le développement des biocarburants. Pour l’AFD (Agence Française pour le Développement), cette orientation est appuyée par le Brésil, premier producteur mondial de biocarburants, qui souhaite établir des complexes agro-industriels pour développer la filière bio-éthanol. La promotion de cette filière exige, précise les experts de l’AFD, un cadre législatif et des incitations fiscales (détaxation).
Pour l’Afrique, les filières les plus adaptées seraient la canne à sucre et les huiles végétales.
Seulement, la disponibilité en terre cultivable reste un frein au développement de ces filières qui, entrant en concurrence avec d’autres usages du sol, pourrait se faire au détriment de la sécurité alimentaire ou de la couverture forestière. Le risque de concurrence entre usages énergétiques et alimentaires est élevé dans les pays à faible précipitation, selon la même source.
La production d’éthanol, souligne-t-on, est réalisée à partir de deux types de cultures : les plantes sucrières (betterave et canne à sucre) et les plantes amylacées (principalement blé et maïs) contenant de l’amidon. La réaction de base est la fermentation des sucres par l’action de micro-organismes, levures et bactéries. L’éthanol utilisé à faible teneur (5 à 10 % d’éthanol incorporé dans l’essence) est interchangeable avec l’essence et les moteurs.
Les mélanges à plus haute teneur en éthanol nécessitent des moteurs spécialement conçus.
Par ailleurs, l’AFD citant une étude fait savoir que l’Angola, le Congo, la République centrafricaine et la Zambie possèdent des terres qui pourraient être dédiées à la production de biocarburants.
Autre point soulevé est qu’au Brésil, en Europe et aux Etats-Unis, les biocarburants sont fabriqués directement à partir de cultures dédiées.
Cependant, ils peuvent aussi être produits à partir des sous-produits des cultures en place. L’éthanol peut ainsi être obtenu en valorisant la mélasse issue de la production de sucre de canne et des huiles végétales peuvent être extraites des graines de coton produites en excès.
Les filières de bio-diesel développées en Europe et aux USA ne sont pas encore compétitives face au gazole. De plus, selon toujours l’AFD, la forte demande d’huile alimentaire de pays comme l’Inde et la Chine hypothèque le développement de ces filières.
Trois facteurs ont contribué d’ailleurs à la « redécouverte » des biocarburants par de nombreux pays à l’exception des Etats-Unis et du Brésil qui avaient poursuivi les efforts entrepris après le premier choc pétrolier. Il s’agit de la hausse des prix du pétrole, de la volonté de réduction des émissions de carbone et de la dépendance énergétique.
Au Maroc, faut-il le souligner, un programme de réforme du secteur de l’énergie est déjà lancé. D’un montant de 7,7 milliards de dollars, engagé sur la période 2007- 2012, ce programme est destiné à diversifier ses sources d’énergie et renforcer la concurrence sur les marchés intérieurs et régionaux.
Afin de diversifier les sources d’énergie, il faut le rappeler, le Maroc a procédé depuis février 2005 à l’introduction du gaz naturel dans le système énergétique national. Une étude technico-économique a été ainsi réalisée par le Ministère de l’Energie pour identifier l’infrastructure optimale pour le développement de son utilisation du gaz naturel au Maroc. Ce qui a abouti à la nécessité de réaliser un projet de terminal gazier d’une capacité annuelle initiale de 5 milliards de mètres cubes en 2013, qui sera doublée d’ici 2020 pour atteindre 10 milliards de mètres cubes.
Toutes ces mesures ont un seul objectif : rendre le Maroc moins indépendant du pétrole. Toute hausse de son prix de baril représente en effet une fatalité pour l’économie nationale. Il est temps alors à ce que les autorités fournissent des efforts pour développer les sources d’énergie dont les biocarburants. D’autant plus que les investisseurs étrangers dont les espagnoles sont intéressés par un investissement dans des projets agroalimentaires au Maroc, destinés à produire justement des biocarburants à partir de la jatropha — une plante très robuste originaire d’Amérique du Sud à forte teneur en huile.
Dans une déclaration accordée durant les derniers mois au site Internet Maghrebia, le ministre de l’Energie et des Mines, Mohammed Boutaleb, a souligné que les autorités marocaines étaient disposées à fournir les installations nécessaires pour le succès futur de ce projet. “Les investisseurs espagnols ont mené des études dans plusieurs régions du pays, cherchant un terrain adapté à la culture de la jatropha”.
Ces études, ajoute-t-il, étaient encourageantes, dans la mesure où elles démontrent que les biocarburants permettront de répondre à 2% des besoins en énergie du Maroc d’ici 2012, lorsque les champs de jatropha auront atteint leur maturité et que la phase de production industrielle de biocarburants à grande échelle aura débuté.

L’Opinion

Commentaires

  1. queenday a écrit:

    Ola, what’s up amigos? :)
    I will be happy to receive any help at the start.
    Thanks and good luck everyone! ;)

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  2. tmk2008 a écrit:

    je voudrais savoir les conséquences des biocarburants sur l’elevage en algerie en particulier l’aviculture car son alimentation est à base de mais et soja sourtout et qui sont importés .Merci

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