Le Qatar investisseur de référence en France

Le Qatar serait-il devenu insatiable, et surtout aurait-il jeté son dévolu sur la France ?
Question que n’ont pas manqué de se poser les observateurs cette semaine en France après que l’on ait appris que le Qatar (richissime émirat du Golfe) via son Fonds souverain avait acquis 2 % de Total, la plus forte capitalisation boursière française et 1 % de LVMH indétrônable leader mondial des industrie du luxe. Deux investissements réalisés dans la plus grande discrétion ces derniers mois en France et qui font du Qatar désormais l’un des actionnaires de référence de Total juste derrière les salariés du groupe et le milliardaire belge Albert Frère et qui – soit dit en passant – devrait constituer d’excellentes affaires. Le titre de la compagnie pétrolière Total s’étant envolé de plus de 32 % au cours des 6 derniers mois. Et LVMH continuant d’afficher année après année des taux de croissance à faire rêver quelque soient les crises et les soubresauts qui agitent l’économie mondiale.
Mais deux investissements qui viennent aussi s’ajouter à une liste déjà longue de prise de participation dans des fleurons de l’industrie française tous secteur confondus. En moins de trois mois, le Qatar est ainsi devenu actionnaire à 100 % du PSG (club de foot leader de Ligue 1) dont il avait déjà pris le contrôle l’an dernier, il a racheté le Carlton, un Palace de Cannes et raflé à la famille Lagardère le titre de premier actionnaire de sa branche Médias.
Aujourd’hui, le Qatar détient en France un portefeuille d’actifs tout ce qu’il y a de plus varié, allant de groupes spécialisés dans les services aux collectivités locales, la maroquinerie de luxe en passant par l’immobilier, le sport et les médias. Dans l’industrie, le Qatar possède 5,6 % du groupe de BTP Vinci, 5 % du leader mondial du traitement de l’eau Veolia, et fort de sa participation chez Lagardère qui, outre une radio et un hebdomadaire, détient également – ne l’oublions pas – 7,5 % de EADS. Le Qatar espère bien obtenir un siège d’administrateur au sein du géant européen de l’aéronautique et de la défense.
Pour les autorités du Qatar, la France est bel et bien devenue une tête de pont privilégiée. D’abord pour leurs investissements dans le sport, c’est sans doute la partie la plus visible de l’Iceberg, il y va du rayonnement économique et politique de l’émirat. Dans la foulée de l’acquisition du PSG, le groupe de télévision qatari Al-Jazira a ainsi raflé une partie des droits de diffusion du championnat de France de football, ainsi que de multiples autres droits de diffusion d’événements sportifs. Mais aussi dans la prière, le Centre de Conférences international de l’avenue Kléber à Paris, le Royal Monceau situé dans le triangle d’or de la capitale française, ainsi qu’un beau ticket dans la Société Fermière du casino de Cannes qui exploite Le Gray d’Albion et Le Majestic sont désormais dans le portefeuille des qataris. A tel point que certains viennent se demander si une telle boulimie d’achat ne va pas finir par devenir inquiétante. Ce à quoi les spécialistes répondent, que pour un état dont la fortune repose –ou plutôt reposait – jusqu’ici exclusivement sur les richesses de son sous-sol en hydrocarbure, il n’est jamais trop tôt pour préparer l’avenir, et que celui-ci passe indéniablement par une diversification de son économie. Tandis que pour la France qui, comme tout le monde, doit affronter les méfaits de la crise et trouver des liquidités, et que son endettement ne lui permet plus d’aller chercher à fond sur les marchés. Un tel apport de capitaux ne serait être que bienvenu, pour ne pas dire miraculeux.

18 mars 2012

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