Le Maroc écarté par l’Algérie de la médiation en Libye

La diplomatie algérienne a réussi à convaincre l’ONU d’écarter le Maroc du dossier libyen. Retournement de situation, à la place de Rabat, c’est finalement Alger qui abritera la semaine prochaine une réunion entre les factions armées libyennes.
De nouveaux doutes sur la tenue, demain au Maroc, du troisième round du dialogue interlibyen. Mardi, la Mission d’appui des Nations Unies en Libye (UNSMIL) annonçait, dans un communiqué, qu’une réunion des représentants de dirigeants et militants politiques libyens se tiendra la semaine prochaine en Algérie. Pire, l’UNSMIL a écarté le royaume de la liste des pays devant accueillir une rencontre de ce genre.
Aujourd’hui, sur une radio publique locale, le ministre chargé des affaires Maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a révélé que son gouvernement se prépare à accueillir « dans les prochains jours » une réunion à Alger de « tous les leaders politiques et les chefs des partis politiques reconnus en Libye », à l’exception des groupes terroristes.
« Nous nous sommes beaucoup investis » sur ce dossier
L’annonce de la nouvelle exprime clairement le refus du voisin de l’Est à ce que le Maroc joue un rôle dans la résolution de la crise libyenne. Messahel explique que son pays a reçu durant les derniers mois « plus de 200 acteurs libyens. Nous l’avons fait dans la discrétion la plus totale ». Et d’ajouter pour renforcer son propos que « nous nous sommes beaucoup investis, et inscrivons nos efforts dans la recherche d’une solution politique pour la Libye ».
Sur le choix d’Alger pour abriter des pourparlers, sous l’égide de l’ONU, le ministre a déclaré qu’ « il est évident que l’Algérie prenne le leadership pour emmener la communauté internationale à plus de cohésion dans son approche et dans la définition du terrorisme, et dans sa lutte qui doit être globale ». Abdelkader Messahel s’est dit confiant que « le processus commencé à Alger doit aboutir et permettre à ce pays (la Libye) de trouver sa stabilité ».
Alger a des cartes que Rabat ne possède pas
Ce revirement des Nations Unies est dû à une forte mobilisation algérienne, durant les derniers jours, pour changer le lieu du dialogue interlibyen. Les voisins de l’Est ont une certaine influence sur les islamistes qui contrôlent le parlement à Tripoli. La semaine dernière, des députés du Parti de la Justice et de la Concorde, l’antenne locale des Frères musulmans, ont vivement dénoncé le choix du Maroc pour abriter des négociations de paix. Une carte que Rabat n’a pas.
Comme sur le dossier malien, Alger semble avoir réussi à écarter Rabat de toute médiation sur le conflit libyen.
© Yabiladi

5 mars 2015

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