L’armée française fait des économies, l’hôpital du Val-de-Grâce fermé

val de grace fermetureLe gouvernement français a annoncé mercredi plusieurs restructurations dans les armées en 2015, dont la fermeture du célèbre hôpital du Val-de-Grâce qui a soigné nombre de dirigeants étrangers, pour faire face à ses défis budgétaires.
Déjà mises au régime sec ces dernières années pour redresser les comptes publics, les armées vont perdre un nouveau régiment – celui d’artillerie de marine (RAMa) de Châlons-en-Champagne (nord-est) – ainsi qu’une base navale à Anglet (sud-ouest), a détaillé le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dans un communiqué. Au total, 7.500 postes seront supprimés en 2015.
Le Val-de-Grâce, hôpital militaire emblématique de la capitale dont la mise aux normes s’annonçait coûteuse, va renoncer à ses activités de soins pour se recentrer sur la recherche et la formation dans la médecine militaire.
Il a accueilli le gotha de la politique française, dont le président Jacques Chirac hospitalisé en plein mandat, en 2005, à la suite d’un accident vasculaire cérébral et son successeur Nicolas Sarkozy, opéré à la gorge en 2007.
L’établissement est aussi une référence pour de nombreux dignitaires étrangers, notamment africains. Le président algérien Abdelaziz Bouteflika y a été soigné pendant plus de deux mois en 2013 suite à un AVC. Le président de Guinée-Bissau Malam Bacai Sanha y est décédé en 2012.
Les activités médicales du Val-de-Grâce seront progressivement transférées vers deux autres hôpitaux militaires de la région parisienne dont Percy, à Clamart, où le leader palestinien Yasser Arafat est décédé en 2004, a indiqué M. Le Drian.
Responsable, la Défense prend part aux efforts de la Nation pour redresser sa situation budgétaire, a relevé M. Le Drian. J’ai respecté mes engagements qui consistent à toucher le moins possible les unités opérationnelles et à procéder le moins possible à des dissolutions, a-t-il ajouté.
Ces restructurations, imposées par la loi de programmation militaire 2014-2019 (au total 23.000 postes doivent être supprimés sur cette période), sont cohérentes avec les responsabilités internationales de la France, son engagement actuel sur plusieurs théâtres d’opérations et le maintien de la dissuasion nucléaire, a-t-il ajouté.
L’armée française comptait 278.000 personnels civils et militaires fin 2013. Quelque 8.000 soldats français sont déployés actuellement dans des missions à l’étranger.
En dehors d’une mesure lourde, la dissolution du 1er RAMa de Châlons-en-Champagne, la Défense a opté pour des transferts ou transformations d’unités, qui vont se traduire chaque fois par la suppression de plusieurs centaines de postes.
Dans l’armée de Terre, qui doit préserver ses capacités d’engagement, soit 66.000 soldats projetables, plusieurs régiments sont ainsi réorganisés.
Dans la marine, le transport de chalands de débarquement Siroco et le pétrolier-ravitailleur Meuse vont être désarmées à Toulon (sud), de même que le patrouilleur austral Albatros à La Réunion (océan Indien) et les patrouilleurs de surveillance de site Athos et Aramis à Anglet.
Ces restructurations ont toujours un fort impact dans les régions, avec pour certaines communes le départ de centaines de militaires et de leurs familles. Une manifestation est déjà prévue jeudi à Châlons-en-Champagne, la ville la plus touchée en 2015, pour réclamer des compensations à la perte de ces emplois militaires.
© AFP

Laisser un commentaire à propos de l'article- Merci de noter que ce n'est pas un site où mettre vos CV et informations personnelles.