L’accord de libre échange Maroc-USA et ses conséquences encourageantes

Plus de deux années après l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange (ALE) entre le Maroc et les Etats-Unis d’Amérique, les deux partenaires outre-atlantiques semblent plutôt satisfaits du déroulement des termes sur la scène des opérations. Des acquis, bien entendu, des progrès aussi, mais peut encore mieux faire ! Moulay Hafid Elalamy, président de la CGEM.

En tout cas, les deux économies, à travers leurs décideurs au front et les opérateurs les plus engagés dans le libre échangisme maroco-américain, expriment leur optimisme à l’évaluation de la mise en exécution de l’ALE, à travers une dynamique d’ouverture « cadrée » et de suppression progressive des entraves au commerce libre, accompagnée d’une assistance technique et d’expertise de mise à niveau des entreprises marocaines, de la prise en compte des droits à la propriété intellectuelle et de la transparence totale des marchés publics.

Et tant pis pour les Cassandre à la petite semaine qui avaient hâtivement conclu au résultat anticipé de « Goliath bouffant David », en rangeant précipitamment l’ALE entre le Maroc et les USA dans la catégorie du « néo-impérialisme » propice à la banqueroute » de l’économie nationale face aux appétits dominateurs de la première puissance unipolaire planétaire. Alors que cet accord a été longuement mûri et âprement, au niveau des experts des deux rives atlantiques pendant plus de 13 mois avant d’être approuvé par les pouvoirs législatif et exécutif respectifs, et entériné par les deux chefs d’Etat, le Roi Mohammed VI et le Président Georges Bush.

L’on se souvient encore de la levée de boucliers entre les Vieux et Nouveaux continents, lors de la violente polémique opposant une Union européenne, voyant dans cette initiative une « concurrence déloyale » imposée par l’Amérique à l’accord d’association la liant au Royaume depuis 1996, et entré en vigueur à partir de 2000. Tandis que la réaction de l’oncle Sam, ruant dans les brancards, ne s’était pas fait attendre de la bouche de Robert Zoellick, ancien Représentant américain au Commerce et actuel patron du FMI, en qualifiant la « vieille dame » de « nostalgie coloniale ». Mais l’actualité est tenace et la première réunion du Comité de Suivi de l’ALE Maroc-Etats-Unis, dont les travaux se sont déroulés le 13 à Rabat, a permis de dresser un bilan de parcours plutôt encourageant dans les d’échanges qualifiés de « mutuellement avantageux ».

Mieux encore, les partenaires américains participant à la rencontre, comprenant des responsables gouvernementaux et des hommes d’affaires américains conduits par l’ambassadeur Shaun Donnelly, représentant adjoint au Commerce, ont assuré que les progrès tangibles du partenariat économique entre les deux pays situent, incontestablement, le Maroc dans la catégorie des challengers ambitieux, aptes à s’ériger en « une plate-forme économique compétitive », à l’instar des dragons asiatiques qui avaient crevé l’écran, en affolant les taux de croissance et en raccourcissant considérablement les délais de passage de transition d’une économie en voie de développement à une formation émergente.

Cet impressionnant panel d’hôtes de l’autre rive, a fait le point avec Mohamed Chraïbi, vice-président général de la CGEM, le 14 mars au siège casablancais du patronat, tout en convenant des perspectives de développement de la coopération douanière bilatérale, des règles d’origine, des programmes d’appui technique et d’assistance sectorielle ciblant en priorité l’artisanat, le commerce, les services, la propriété intellectuelle, l’agriculture, la pêche, le textile et l’énergie. Le patron des patrons, Moulay Hafid Elalamy persiste et signe : « l’ALE Maroc-USA a contribué au renforcement des flux commerciaux et au développement des activités économiques des deux pays en termes d’investissements, de marchés publics et de logistique ». A en juger par les statistiques avant et depuis l’application de l’ALE, les évolutions dénotent, indépendamment de leur envergure ou du poids économique et financier, d’une forte croissance enregistrée tant au volet du commerce extérieur qu’au chapitre des IDE (Investissements directs étrangers).

Cette croissance à deux chiffres au registre des échanges commerciaux, a marqué un taux de progression de 57% en 2007 avec 18,5 milliards de DH contre seulement 11,7 milliards de DH en 2006, est devenue subitement « galopante » pour s’inscrire dans une logique d’évolution à trois chiffres en termes d’investissements privés américains au Maroc l’année du démarrage même de l’ALE. En effet, 2006 a livré un montant IDE de 2,37 milliards de DH en valeur, correspondant à une augmentation de 184%, contre 835 millions de DH seulement en 2005.

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