L’événement de la semaine aux Etats-Unis
Pendant les deux prochaines semaines, la campagne électorale américaine va connaître une pause salutaire. Le tir à l’arc étant une discipline olympique, les américains ne seront pas fâchés pour un moment de regarder les archers de Pékin, plutôt que Barack Obama et John McCain entrain de se décocher des flèches perfides. Obama se repose à Hawaï, McCain prendra un peu plus tard lui aussi quelque repos dans son ranche arizonien.
Avant de partir en vacances, Obama a affronté McCain sur le terrain de l’énergie. Même si le prix du baril de pétrole a dégringolé, faire le plein reste une affaire coûteuse pour bien des américains. Barack Obama a lundi présenté un plan qui, affirme-t-il optimiste, devrait permettre aux Etats-Unis en 10 ans de ne plus dépendre ni du Moyen-orient, ni du Venezuela pour ses besoins en pétrole. Pour 150 milliards de dollars, il veut créer des voitures hybrides, développer des sources d’énergies renouvelables et réduire la consommation d’électricité. Pour régler en partie la facture, Obama compte faire payer les compagnies pétrolières, bouc émissaire parfait, puisqu’à l’heure que les américains se serrent la ceinture pour mettre de l’essence dans leurs réservoirs, elles enregistrent des profits astronomiques, profits, disent-elles pour leur défense, qui sont investis dans la recherche de nouvelles sources d’énergie.
John McCain qui a un faible à cette heure-ci pour le nucléaire, estime quant à lui qu’il faut exploiter le pétrole américain. “Il faut forer”, dit-il discours après discours, et “il faut forer maintenant”. Il recommande les forages en mer qui sont interdits par le congrès, et c’était dans le Golf du Mexique. Le président Bush a demandé la levée de cette interdiction, mais les parlementaires sont partis en vacances sans voter une nouvelle loi sur l’énergie, les démocrates ont fait obstruction. Les américains au départ guerre chauds pour les forages le long de leurs côtes, y sont maintenant beaucoup plus favorables, du coup, Barack Obama qui s’y opposait, y est aujourd’hui beaucoup moins hostile, si précise t-il, “l’exploitation peut se faire sans trop de dangers pour l’environnement”.
McCain qui, ces jours-ci, privilégie la moquerie pour ridiculiser son rival, le comparant tantôt à Paris Hilton, tantôt à Moise, a trouvé un nouveau moyen de se railler de son programme. Comme Obama avait suggéré aux américains pour consommer moins d’essence, de vérifier que leurs pneus étaient gonflés correctement, l’équipe du sénateur républicain a distribué des jauges de pression de pneus sur lesquelles était inscrit ” Plan d’énergie d’Obama”. Ce dernier n’a apprécié que très modérément la plaisanterie.
Alors qu’approchent les conventions, la seule question qui reste toujours sans réponse est celle des vice-présidents. Obama met plus de temps qu’il ne leur ait souhaité à se décider, McCain qui est un peu moins pressé préférera peut-être annoncer son choix pendant la convention démocrate, histoire de détourner un moment la tension des médias qui n’auront d’yeux que pour Obama. Celui-ci souhaite une convention marquée par l’harmonie, mais il n’est pas exclu que des partisans d’Hillary Clinton qui n’ont pas encore digéré sa défaite, soumettent sa candidature au vote des délégués. Ce serait une sorte de barreau d’honneur qui leur permettrait avant de renter dans le rang, de se soulager de leurs frustrations et d’exprimer leur attachement à la perdante.
L’équipe du sénateur noir n’est guère chaude pour une telle manifestation, qui pourrait nuire à l’image d’unité qu’Obama veut donner de la famille démocrate. Il a accordé sur le programme des festivités une place de choix à son ancienne rivale, et a même accepté que son mari, Bill, avec qui il est en délicatesse, prenne la parole. Mais il veut être la seule et unique vedette du grand show de Denver. Un ancien candidat va se voir privé de micro, John Edwards, après s’être retiré avait apporté son soutien à Obama, et il souhaitait défendre une nouvelle fois à la convention, la cause des pauvres dont il s’était fait l’avocat pendant sa campagne. Son aveu toutefois vendredi à la chaîne ABC d’une liaison extra-conjugal, il y a deux ans, avec une vidéographe, va le tenir à l’écart de la fête, d’autant qu’au moment de son infidélité, sa femme Elizabeth souffrait d’un cancer incurable. Pas très joli donc d’un homme qui, durant sa campagne souhaitait que les américains fassent preuve d’une plus grande moralité et accordent plus de temps à leurs familles.














































