Un consortium marocain remporte le marché de gestion d’eau au Cameroun
· Il est constitué de l’Onep, Delta Holding et Ingema
· Un contrat d’affermage de 10 ans
Le verdict est tombé. L’Etat camerounais a désigné un adjudicataire provisoire pour la production et distribution d’eau. Il s’agit d’un consortium marocain constitué de l’Onep, Delta Holding et du cabinet conseil en travaux publics, Ingema. Mais une source proche du dossier confie à L’Economiste que l’adjudication n’a pas été encore notifiée officiellement aux intéressés. Une affaire de formalité administrative, laisse-t-on entendre, car une délégation de l’Onep est attendue dès la semaine prochaine à Yaoundé, la capitale.
Auprès de l’ambassade du Cameroun à Rabat, il est indiqué que «l’officialisation de cette concession va intervenir vers la fin de l’année». Déjà, citant le ministère camerounais des Finances en charge du dossier, la même source indique que «l’Etat et le consortium marocain vont travailler ensemble au lancement des activités de la société d’exploitation, Le Fermier, et de la société de patrimoine Camwater». Le nom de la société fermière, qui devrait être connu au terme du processus administratif, exploitera le patrimoine mis en place par Camwater et reversera ainsi des royalties à l’Etat camerounais, en contrepartie.
Rappelons que le consortium marocain a soumissionné à l’appel d’offres international lancé par le gouvernement camerounais en juillet 2006, relatif à la mise en affermage du volet production, transport, traitement, stockage, distribution et commercialisation de l’eau de la Snec (Société nationale des eaux du Cameroun). Ce contrat de concession, sous forme de fermage (gestion) va courir sur dix ans. Après une première tentative déclarée infructueuse en 2003, le processus de privatisation de la Snec semble donc résolument avoir amorcé sa phase finale. La production, le transport, le traitement, le stockage, la distribution et la commercialisation de l’eau relèveront désormais du consortium privé marocain.
Aux côtés du consortium, Veolia Water Ami était également en lice. Les offres offres ont été examinées au sein d’un comité de pilotage, sous la supervision de la Commission technique de privatisation et des liquidations, avec l’appui des bailleurs de fonds, notamment la Banque mondiale à travers la Société financière internationale (SFI) et l’Agence française de développement (AFD). Au-delà de la conformité des offres, du business plan et du financement proposés par les deux concurrents, l’élément déterminant du choix du gouvernement au profit de consortium marocain, est le prix exploitant. Autrement dit, la quote-part revenant à la société fermière et à l’Etat, dans le prix de chaque mètre cube d’eau vendu. L’Onep a fait parler son expérience, nous confiera le patron d’Ingema, Ahmed Fouad Chraïbi.
L’Economiste



















































