Sarah Palin • La vedette de la semaine aux Etats-Unis
Plus que deux mois qui nous séparent de l’élection présidentielle aux Etats-Unis. La semaine passée de la campagne électorale a connu la naissance d’une vedette, qui n’est autre que la colistière républicaine Sarah Palin.
Les républicains ne peuvent plus accusé Barack Obama d’être une star de Rock, ils ont maintenant aussi la leur, Sarah Palin la colistière de John McCain, qui en moins d’une semaine est, de simple figurante, devenue premier rôle.
Bien des américains avaient des doutes sur l’état mental de John McCain lorsqu’il avait annoncé son choix. Le candidat républicain avait-il toutes ses facultés ? Sarah qui ? Demandaient-ils, la gouverneur d’un état grand certes par sa superficie mais avec une population de tout juste un peu plus d’½ millions d’âmes et qui ne dispose que de 3 voix au collège électoral. Et avant le gouvernorat, la mairie d’une ville de moins de 8000 habitants, un bien mince CV pour quelqu’un qui peut-être appelé à devenir président des Etats-Unis. Apres tout, John McCain a 72 ans et même si ses médecins affirment qu’il est en excellente santé, il a du affronter par 3 fois un cancer.
Le choix de McCain rappelait celui de George Bush père en 1988, il avait surpris tout le monde en prenant comme colistier un obscure sénateur de l’Indiana, Dan Quayle, ce qui ne l’avait pas empêché d’ailleurs d’être élu.Mais Sarah Palin peut-elle aider John McCain à remporter la maison blanche ? C’est un pari risqué. Le discours qu’a prononcé mercredi soir la candidate a certes ravi les républicains qui se trouvaient dans la salle de l’Xcel center de Saint Paul, elle a insufflé à la convention un enthousiasme qui manquait un peu au début. L’ouragan Gustav avait déjà renié un jour sur les festivités, ce qui n’a pas forcément eu un effet négatif. Laura Bush et Cindy McCain ont fait une brève apparition pour lancer un appel en faveur des sinistrés du cyclone. Ce désintéressement a adouci l’image d’un parti jugé souvent, même si à tort, comme indifférent aux difficultés des moins fortunés.
Dès mardi, la convention reprenait son cours normal avec comme vedette, non pas George Bush qui n’a eu droit qu’à 8 petites minutes via vidéo et pas même en prime-time, mais le sénateur Joe Liberman ! Oui Joe Liberman, l’ancien colistier d’Al Gore en 2000. Prenant la parole devant les républicains, le sénateur du Connecticut, devenu aujourd’hui indépendant même s’il continue à voter dans 90 % des cas avec son ancien parti, est en profond désaccord sur l’Irak, il s’oppose à un retrait prématuré des forces américaines tant que la victoire n’est pas assurée. Liberman et McCain sont très amis et le candidat aurait bien aimé le prendre comme son second, mais il a hésité en raison des positions en faveur de l’avortement et des mariages gays et lesbiens de Liberman. Cela aurait indisposé la base conservatrice qui n’a jamais vraiment considéré McCain comme l’un des siens.
Mercredi 3 anciens candidats Mitt Romney, Mike Huckaby et Rudolph Giuliani sont venus chauffer la salle avec d’élogieux portraits du ticket McCain-Palin, ils ont aussi planté les banderilles en écorchant Barack Obama, mais c’est Sarah Palin qui allait procédé à la mise à mort et recevoir les 2 oreilles du taureau ” Pour utiliser le langage tauromachique”.
En 40 minutes, 37 millions d’américains, un tout petit million de moins que ceux qui avaient suivi le discours d’Obama, vont découvrir qui est Sarah Palin. C’est une remarque à l’improviste qui l’a définie peut-être le mieux, quelle est la différence entre une mère qui amène ses enfants jouer au hockey, sport très populaire en Alaska, et un pitbull ? Demande t-elle à l’audience. Apres une légère pause, elle donne la réponse, le rouge à lèvre. Mère de famille Sarah allait avec 5 enfants dont Trig le dernier, 4 mois, qui est trisomique, mais aussi pitbull si besoin est.
Si McCain, 24 heures plus tard, a donné quelques coups de griffes à son rival, Sarah Palin lui a infligé quelques sérieux coups de crocs. Cette grande amatrice de fusils de chasse a aussi envoyé un peu de plomb dans le postérieur des médias, leur disant qu’elle n’est pas à Washington pour leur plaire mais pour servir le peuple, les délégués ont adoré, les acclamations n’en finissent plus. Plus personne en Amérique en tout cas demande “Sarah qui ?”.
Mais en dépit de cette ascension ultra-rapide, Sarah Palin n’aura t-elle été que la reine d’un soir. Madame la gouverneur traîne tout de même derrière elle quelques casseroles, une enquête pour abus de pouvoir, une fille célibataire de 17 ans enceinte (une version réelle du film “Juno” qui n’était pas le film favori des évangéliques), mais plus important sans doute, un manque d’expérience incontestable dans le domaine international. Elle entrain de suivre un cours accéléré de politique étrangère en prévision de son débat du 2 octobre avec Joe Bidon qui préside au sénat la commission des affaires étrangères. Sur son passeport 3 tampons seulement peut-être 4, Canada, Allemagne, Koweït et Mexique à titre personnel, mais celui de George Bush était aussi peu rempli.
Pour battre Barack Obama qui, après Denver, conserve un avantage de 5 à 7 points, on ne sait pas encore si McCain va bénéficier d’un rebond dans les sondages après sa convention, le candidat républicain et sa colistière doivent montré aux indépendants et aux démocrates qu’ils sont les authentiques agents du changement. Ils ont à Saint Paul réussi à réunifier conservateurs et modérés, ils leur faut maintenant tout comme Obama attirer à eux les indécis qui sont en définitive ceux qui décideront qui sera le 44ème président des Etats-Unis.














































