Le cyclone politique aux Etats-Unis
Alors que les républicains consultent avec inquiétude la météo, craignant que l’ouragan Gustav ne vienne gâcher leur convention, l’Amérique a été balayée au cours de ces derniers jours par un cyclone politique avec coup sur coup la désignation d’un noir pour la présidence des Etats-Unis et d’une femme pour la vice-présidence ; comme l’a dit Barack Obama, ça bouillonne dans le chaudron américain. L’un ou l’autre occupera la maison blanche l’an prochain.
Le choix inhabituel de chaque camp a coïncidé avec le 45ème anniversaire de l’anniversaire du discours de Martin Luther King sur les marches du mémorial à Lincoln « j’ai fait un rêve », et le 88ème anniversaire du droit de vote pour les femmes. Mercredi soir lorsque Obama a été élu par acclamation, les noirs se sont pincés pour s’assurer qu’ils ne rêvaient pas, jamais ceux qui se sont battus aux côtés de King pour obtenir les droits les plus fondamentaux, auraient pu imaginer que la route de Selma conduirait 4 décennies plus tard l’un des leurs vers la maison blanche. Mais ne voulant pas réveiller les vieux démons, l’héritier de leur combat est resté discret sur sa race, se limitant à reconnaître qu’il n’avait pas le profile traditionnel d’un candidat à la présidence.
Si le sénateur afro-américain gouverne avec la même compétence qu’il a orchestré la convention à Denver, l’Amérique est entre de bonnes mains. Du début à la fin, chacun a suivi sa partition. En ouverture un hommage au patriarche du parti Ted Kennedy qui, en dépit de sa tumeur au cerveau, a tenu à faire le fatiguant voyage à Denver pour donner son soutien au candidat. Puis Michelle Obama a adouci son image de militante en affirmant son amour pour son pays qui lui avait donnée comme à son mari, des opportunités pour réussir. Lorsque ses deux fillettes Sacha et Maya l’ont rejointe et que Barack Obama est apparu via satellite sur un écran géant pour leur dire bonjour, les cœurs ont fondu.
Mardi, Hillary Clinton oubliant sa déception a demandé à ses 18 millions de partisans et à son millier de délégués dans la convention, de voter pour son ancien rival. Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le lendemain Bill Clinton qui n’a rein perdu de sa popularité, à en juger par l’accueil triomphale auquel il a eu droit, Bill en dépit de ses relations tendues avec Obama, lui a, lui aussi apporté son soutien, le flambeau changeait de main, l’élection de Joe Bidon n’a été qu’une formalité, le colistier est immédiatement passé à l’attaque contre McCain, répétant l’antienne de la semaine « voter pour McCain, c’est voter pour une troisième présidence Bush ».
Et puis est venu le jour du certain ! Il fut presque aussi grandiose que la cérémonie de clôture des jeux olympiques de Pékin, 84.000.000 personnes dans le stade et des centaines d’autres faisant la queue dehors. Sur la scène, un faux temple gréco-romain avec des colonnes doriques en contreplaqué, mais le coeur antique est remplacé par Stevie Wonder, Sheryl Crow et Whitney Huston, pour chauffer le public, le professeur Al Gore vient faire un exposé sur le réchauffement de la planète, et puis à 22 h 15, vêtu non pas de la toge mais d’un complet bleu marine à 1500 $, le césar moderne fait son entrés et le stade explose, les flashs crépitent et les petits drapeaux s’agitent. Barack Obama ne décevra pas son public, est-ce le dédore hellène, amis lorsqu’il dit que d’un ton énergique, l’Amérique en a assez de 89 années de George Bush, il fait penser à Zeus tenant dans ses mains la foudre. Lorsqu’il se déclare prêt à affronter McCain pour débattre de ses qualifications de commandant en chef, c’est Mars, le dieu de la guerre qui parle. Et puis sur la fin il retrouve les accents de 2004 pour se faire rassembleur et inviter tous les américains à refaire de leur pays une terre riche de promesses pour tous. La foule exulte, les confettis pleuvent, les feux d’artifice éclatent. Joe Bidon accompagné de toute sa famille rejoint celle d’Obama pour la traditionnelle photo du ticket, la convention s’achève dans l’extase, la division entre les partisans de Clinton et d’Obama a été évitée, le parti est uni et prêt à affronter John McCain et Sarah Palin, 2ème femme seulement à être candidate à la vice-présidence depuis Geraldine Feraro en 1984, mais la gouverneur d’Alaska est déjà taxée par les démocrates de manque d’expérience et aussi accusée d’abus de pouvoir dans une obscure affaire de divorce familial.
Même si Obama est l’avocat du changement en période électorale, rien ne change et tous les coups, y compris les plus bas, sont permis.














































