France • Levée du secret-défense dans l’affaire des moines de Tibhirine
C’était il y a 13 ans maintenant, l’enlèvement et l’assassinat des 7 moines de Tibhirine. L’affaire empoisonne les relations entre l’Algérie et la France, mais elle est entrain de prendre un tour nouveau. En effet, le ministère français des affaires étrangères a finalement transmis des documents internes au juge d’instruction qui les demandait, le secret-défense a été donc levé.
Les documents ont été transmis avant-hier au juge d’instruction chargé de l’enquête après l’avis favorable rendu la semaine dernière par la commission consultative du secret-défense. En France, le secret défense concerne ce que l’on appelle des informations dites « classifiées» dûment définies par le code pénal, qui touchent généralement la sécurité à la défense nationale et dont la diffusion est interdite. C’est l’avocat des familles des 7 moines de Tibhirine qui en avait demandé la levée afin de déterminer ce que le gouvernement français connaît véritablement de cette affaire. Une demande formulée au début de l’été dernier après que le général Buchwalter – attaché militaire à l’ambassade française à Alger au moment des faits – eut spectaculairement relancé l’enquête en déclarant que les moines de Tibhirine n’avaient pas été tués par des islamistes qui les détenaient, mais avaient été en réalité victime d’une bavure de l’armée algérienne. Selon lui, des hélicoptères militaires avaient ouvert le feu sur un bivouac lors d’une patrouille tuant non seulement les membres d’un groupe armé qui étaient sur place, mais aussi les moines qui se trouvaient ave ceux.
Une thèse en totale contradiction avec la version officielle des autorités algériennes selon lesquels les religieux français ont été assassinés par le GIA qui avait échoué à les échanger contre certains de ses membres emprisonnés.
Les 7 moines de Tibhirine avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996 dans leur monastère isolé de Notre-Dame de l’Atlas au sud d’Alger. Quelques semaines plus tard, le GIA avait annoncé les avoir décapité en accusant le gouvernement français d’avoir fait capoter les négociations. Une issue tragique qui avait soulevé une émotion considérable à travers la France.




































