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Obama veut faire payer à Israël l’enlisement des négociations de paix

Benjamin Netanyahu a été reçu en toute discrétion par Barack Obama hier soir, une heure et demi d’entretien et aucune apparition devant la presse. Les crispations se confirment entre Washington et Tel-Aviv.
Un premier ministre israélien à Washington reçu en catimini à la maison blanche, un entretien suivi d’un communiqué laconique de la présidence américaine. Le fait est assez rare pour être souligné, Benjamin Netanyahu n’a pas été reçu en grande pompe hier soir par Barack Obama.
C’est moins qu’on puisse dire, d’habitude en effet tout premier ministre israélien est reçu avec tout le décorum et les sourires réservés à l’ami et l’allié stratégique. Hier soir Benjamin Netanyahu n’a même eu droit aux protocoles en usage pou n’importe quel haut dirigeant étranger ! Pour beaucoup de commentateurs, c’est bien sur un nouveau signe des tensions qui éloignent actuellement Washington et Tel-Aviv.
Frustration, irritation même de la maison blanche, les messages se sont multipliés. D’abord, le rendez-vous entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu n’a été confirmé que quelques heures avant d’avoir lieu. Ensuite, il n’y avait ni caméras ni journalistes pour répercuter accolades et poignées de mains. Puis l’entretien – 1h40 tout de même – n’a été suivi que d’un communiqué laconique, 3 lignes pour résumer l’ordre du jour, négociations de paix et Iran avec une formule convenue sur l’engagement constant des Etats-Unis à assurer la sécurité d’Israël. Enfin juste avant que Benjamin Netanyahu n’arrive à la maison blanche, le porte-parole réaffirme que « le gouvernement américain voulait la fin de la colonisation juive, c’est l’objectif depuis des décennies et il n’a pas changé ».
Climat très froid donc qui fait penser aux tensions des années 90 lorsque George Bush père et son secrétaire d’état James Baker avaient usé de pressions financières sur Israël, mais même alors, les formes diplomatiques avaient été respectées. L’un des ministres qui fait partie de la délégation israélienne a bien tenté de minimiser les divergences, mais l’analyse quasi unanime c’est que le président Obama veut faire payer au gouvernement israélien – comme on dit – l’enlisement des négociations de paix. L’émissaire de président, George Mitchell, se heurtent à un mur d’intransigeance en Israël alors que Barack Obama a entamé sa présidence en dénonçant un statu quo intenable entre israéliens et palestiniens. Plus encore, la marge de manœuvres de l’administration est très limitée par le Congrès travaillé par un intense lobbying pro-israélien, on l’a bien vu lorsque la chambre des représentants – dans un vote de principe il y a quelques jours – a refusé à une écrasante majorité de même seulement examiner le rapport Goldstone (rapport de l’ONU qui estime qu’Israël a peut-être commis des crimes de guerre à Gaza).
L’administration Obama est donc contrainte au surplace, et elle risque même aujourd’hui de perdre son interlocuteur palestinien. L’autorité palestinienne n’a jamais été aussi affaiblie et Mahmoud Abbas assure qu’il ne se représentera pas pour un 2e mandat présidentiel, il pourrait même démissionner rapidement, à en croire ce que dit aujourd’hui l’un de ses proches Saëb Erakat.

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Posté par R. Maghari le 10 novembre 2009

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