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France • Polémique autour du plutonium de Cadarache

Inquiétudes et interrogations en France après la découverte de plusieurs dizaines de kilos de plutonium sur un site nucléaire en cours de démantèlement. Une quantité qui a échappé à tout inventaire et pourtant c’est l’équivalent de 5 bombes nucléaires. Les écologistes sont en colère d’autant que l’incident a été caché pendant plus de 3 mois.
C’est une nouvelle polémique qui fait rage en France autour de la sûreté nucléaire dans le pays après la découverte de plusieurs dizaines de milliers de kilos de plutonium sur un site en cours de démantèlement. Une quantité très importante (l’équivalent de 5 bombes nucléaires), mais une quantité qui avait manifestement échappé à tout inventaire !
L’autorité de sûreté nucléaire (ASN) a classé l’incident au niveau 2 sur une échelle internationale qui en compte 7. Mais davantage que sa gravité, c’est aussi le décalage entre le moment ou le commissariat à l’énergie atomique en a eu connaissance et celui ou il a cru bon de le rendre public qui laisse songeur !
L’affaire remonte en effet au mois de juin alors que le CEA n’a prévenu l’autorité compétente que la semaine dernière, ce qui fait évidemment beaucoup ! Impressionnante aussi les quantités mises en causes puisque, selon un dernier pointage, le montant du plutonium ayant échappé à tout inventaire évalué dans un premier temps à 8 kilos, serait de l’ordre de 22 kilos à ce jour ! une quantité qui pourrait même, dit-on, s’élever à près de 39 kilos au total, l’équivalent grosso modo de 5 bombes atomiques.
Au moment de la découverte, le site de Cadarache – situé dans le Bouches-du-rhône dans le sud de la France – était en cours de démantèlement. Créé en 1964, son activité principale consistait à produire du combustible Mox destiné à alimenter les réacteurs des centrales nucléaires. Mais depuis 2003, il n’avait plus aucune fonction industrielle, bien entendu les opérations de démantèlement initiées au printemps dernier ont été suspendues.
Pour sa défense, le CEA plaide la bonne foie et affirme n’avoir déclaré l’incident que le 6 octobre parce qu’il souhaitait avoir une vision globale de la situation avant de communiquer. Il n’empêche, le ministre français de l’énergie Jean-Louis Borloo a réclamé une enquête et exigé une transparence absolue en matière de sûreté nucléaire, et même si l’incident n’a eu aucune conséquence, ni sur le personnel du site ni sur l’environnement, l’ASN affirme que la sous-estimation de la quantité de plutonium a conduit à réduire fortement les marges de sécurité prévues pour prévenir tout accident de criticité. Criticité, un terme qui recouvre tout simplement le risque des réactions nucléaires en chaîne.

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Posté par R. Maghari le 15 octobre 2009

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