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Maroc: tractations en cours pour former les conseils municipaux

Les tractations allaient bon train lundi au Maroc pour former les conseils municipaux après les élections locales de vendredi, marquées par une victoire d’un nouveau parti fondé par un ami du roi Mohammed VI et une stagnation des islamistes.
En remportant 6.015 des 27.795 sièges à pourvoir, soit 21,7% du total, le PAM -créé en 2008 par l’ancien ministre délégué à l’Intérieur Fouad Ali El Himma- a réussi son pari et remporté son premier test électoral.
« Le PAM a, pour la première fois, une légitimité et il fait désormais partie de l’équation électorale marocaine» , a déclaré le politologue Mohamed Darif, joint par l’AFP.
Selon cet expert, il y a « deux raisons»  à la victoire du PAM.
La première, c’est que ce parti, coalition de cinq petites formations politiques, « a ciblé les notables, bénéficié de cadres déjà formés, de gens ayant accumulé de l’expérience, de professionnels des élections» .
La seconde, c’est que « le PAM a réussi son implantation en milieu rural» . « Sa force vient de là, a ajouté M. Darif, soulignant que « près de 5.500 des 6.015 sièges obtenus par le PAM sont en milieu rural» .
Pour autant, a-t-il poursuivi, il est prématuré d’en tirer des conclusions pour les prochaines législatives de 2012, objectif avoué de Fouad Ali El Himma.
« En trois ans, il peut se passer pas mal de choses, a souligné cet analyste. Le PAM, c’est un mélange politique, il n’a pas d’idéologie nette et ça pourrait devenir une faiblesse» .
Vendredi, le PAM devancé le Parti (nationaliste) de l’Istiqlal, du Premier ministre Abbas El Fassi (5.292 sièges/19%), le Rassemblement National des Indépendants (RNI/4.112/14,8%), l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP/3.226/11,6%), le Mouvement Populaire (MP/2.213/8%) et le Parti (islamiste) Justice et Développement (PJD/1.513/5,4%).
Interrogé sur la modeste sixième place des islamistes modérés du PJD -qui ambitionnaient d’» arriver en tête» , Mohamed Darif a relativisé et estimé qu’» il s’agissait plus d’une stagnation que d’un échec» .
Le PJD « n’a pas réussi à s’implanter en milieu rural mais, dans plusieurs grandes villes, il a souvent obtenu la première place» , a-t-il noté. Notamment à Casablanca, capitale économique du Maroc, où le PJD -avec 32 sièges sur 147- est en tête pour le nombre de sièges au conseil municipal.
« Historiquement, a-t-il expliqué, presque tous les partis -sauf ceux qui ont bénéficié du soutien des autorités-, ont eu du mal à s’implanter dans les campagnes, c’est un milieu +makhzenisé+» , c’est à dire proche du pouvoir central.
Les quotidiens marocains portaient dans l’ensemble un jugement plus sévère sur le score du PJD.
« Les communales laisseront, sans aucun doute, un arrière-goût amer aux islamistes» , notait ainsi Le Soir, selon qui « la formation islamiste s’essoufle, voire se banalise» . Et pour L’Economiste, le verdict est clair: « le PAM écrase socialistes (ndlr: de l’USFP) et islamistes» .
Une autre leçon de ces municipales -les deuxièmes du règne du roi Mohammed VI, au pouvoir depuis 1999-, c’est le fait que huit partis ont récolté 90 des sièges à pourvoir et 84% des voix.
Les 22 autres formations politiques en lice vendredi se sont donc partagées le reste, illustrant les limites de la balkanisation de la vie politique.
Plus de sept millions de Marocains, sur un total de quelque 13,3 millions d’inscrits, ont voté vendredi, une participation de 52,4% légèrement inférieure à celle du précédent scrutin (54%), en 2003, selon le ministère de l’Intérieur.
D’Après AFP

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Posté par R. Maghari le 15 juin 2009

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