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Ahmadinejad largement réélu selon le gouvernement, Moussavi revendique la victoire

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a été réélu dès le premier tour avec 66,1% des voix, contre 30,3% à son rival réformateur Mir Hossein Moussavi, qui revendique pourtant la victoire, selon des résultats partiels communiqués vendredi soir par le ministère de l’Intérieur.
L’ultra-conservateur Ahmadinejad a recueilli 66,1% des voix sur 61% des suffrages comptabilisés, selon un responsable des élections, Kamran Daneshjou. L’ancien Premier ministre Moussavi n’obtiendrait que 30,3% des voix.
Les résultats officiels ne sont pas attendus avant samedi mais une chose est sûre, la participation a été très forte, voire record, parmi les 46,2 millions d’électeurs inscrits. Les files d’attentes étaient telles par endroits que la fermeture des bureaux a été repoussée de six heures, à minuit, heure locale (19H30 GMT, 21H30 à Paris). Une participation élevée devrait bénéficier à M. Moussavi.
Avant même la fermeture des bureaux de vote, l’agence de presse d’Etat IRNA a annoncé la victoire de M. Ahmadinejad et M. Moussavi la sienne. Disant se fonder sur « toutes les indications venant de tout l’Iran» , M. Moussavi a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il était « indubitablement le vainqueur de l’élection» . Ni lui ni IRNA n’ont fourni de détails pour étayer leurs affirmations. Les déclarations de M. Moussavi suggèrent qu’il pourrait tenter de contester les résultats du scrutin.
D’autant plus que pendant le vote, certains moyens de communication ont été perturbés dans le pays: les SMS très utilisés par les jeunes ne passaient plus et les connections à Internet -y compris celles de médias comme l’Associated Press- ont été considérablement ralenties, tandis que des sites soutenant M. Moussavi étaient bloqués, sans que l’on sache pourquoi.
Signe des tensions qu’a suscitées la campagne: le ministère de l’Intérieur -qui supervise les opérations de vote- a annoncé que tous les meetings et les réunions politiques seraient interdits jusqu’à l’annonce des résultats.
La campagne électorale, qui a duré un mois, a déchaîné les passions, augurant une participation record. Les meetings très fréquentés, les drapeaux et gadgets aux couleurs des candidats -le vert de M. Moussavi- les slogans de campagne soigneusement choisis, les débats télévisés ont d’ailleurs fait plus penser à des élections à l’occidentale qu’aux campagnes un peu ternes, scénarisées à l’avance, de la plupart des autres pays de la région.
Les résultats de l’élection présidentielle ne modifieront en tous cas pas de manière importante la politique iranienne, et n’auront pas d’influence sur les grandes décisions, comme d’éventuels pourparlers avec Washington. Ces décisions sont en effet directement prises par les mollahs, au premier rang desquels le Guide suprême, Ali Khamenei.
Mais Mir Hossein Moussavi a fait des promesses visant à donner plus de libertés aux citoyens. S’il est élu, il pourrait essayer de mettre fin à la répression visant les médias libéraux et les bloggers, et pousser les mollahs à répondre favorablement à la proposition de dialogue de Barack Obama, après près de 30 ans de gel diplomatique avec les Etats-Unis.
Des Iraniens du monde entier ont également participé au scrutin. A Dubaï, où vivent quelque 200.000 d’entre eux, les rues autour du consulat iranien, où se trouve un bureau de vote, étaient bondées, et les électeurs très majoritairement favorables au réformateur Moussavi. « Il est notre Obama» , a affirmé Maliki Zadehamid, 39 ans, qui travaille dans l’import-export.
Avant la fin des opérations de vote, l’ancien président Mohammad Khatami a prédit une victoire de son allié et ancien conseiller Mir Hossein Moussavi. Le Premier ministre des années 1980, pendant la guerre Iran-Irak est devenu en quelques mois le héros d’une bonne partie de la jeunesse du pays. Un peu partout à Téhéran, des mères, leurs bébés dans les bras, attendaient leur tour dans de longues files d’attente. « Toutes les indications laissent penser que Moussavi a gagné» , confiait Mohammad Khatami à des journalistes.
Si aucun candidat n’obtient plus de 50% des suffrages au premier tour de l’élection présidentielle, un second tour sera organisé le 19 juin.
D’Après AP

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Posté par R. Maghari le 13 juin 2009

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