Hamas accuse l’Egypte de complicité avec Israël
L’Egypte se retrouve en position d’accusé, non seulement pour son refus d’ouvrir sa frontière mais aussi parce qu’elle serait complice d’Israël. L’accusation est portée aussi bien par le Hamas que par une partie de l’opposition égyptienne. Le Caire tente de parer le coup par la diplomatie avec un déplacement de son ministre des affaires étrangères en Turquie pour parler de cessez-le-feu.
Les autorités égyptiennes étaient-elles prévenues de l’offensive israélienne sur Gaza ?
C’est la question que tout le monde se pose dans le monde arabe. Hier, plus de 50.000 personnes ont manifesté en Egypte, beaucoup accusait leur gouvernement d’avoir collaborer avec Israël pour cette attaque. Une thèse avancée notamment par le Hezbollah libanais comme par le Hamas et reprise par le quotidien panarabe Al Quds Al Arabi. Selon le journal qui site des sources diplomatiques arabes, les services de renseignements égyptiens auraient désinformé le Hamas en minimisant le risque d’une attaque immédiate, d’où l’effet de surprise et le nombre important de victimes.
Ces accusations sont rejetées par les officiels égyptiens. Certes, la ministre israélienne des affaires étrangères Tzipi Livni était au Caire jeudi pour prévenir le président Moubarak d’une prochaine attaque. Certes, l’Egypte a renforcé sa sécurité à la frontière dès vendredi. Mais les égyptiens l’assurent, ils n’étaient pas au courant du planning israélien. Israël l’aurait même assuré que l’attaque n’aurait pas lieu avant la fin des négociations menées par le Caire en vue d’une nouvelle trêve.
La violence et la soudaineté de l’offensive israélienne place en tout cas le Caire dans une situation délicate à sa frontière avec Gaza. L’Egypte a envoyé de l’aide humanitaire, elle proposé d’accueillir les blessés palestiniens, mais elle a repoussé hier plusieurs infiltrations de gazaouis à travers des brèches percées dans le mur frontalier, les échauffourées ont fait un mort de chaque côté.
L’Egypte veut à tout prix éviter de revivre le scénario de janvier dernier quand des centaines de milliers de palestiniens avaient déferlé sur le Nord-Sinaï, mais il lui sera difficile de l’empêcher si l’offensive israélienne se poursuit, d’ou ses efforts pour tenter de négocier un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas.




































