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Paris • Consultations déterminantes de la Mauritanie avec l’UE

Des consultations, qualifiées de déterminantes, de la Mauritanie avec l’Union Européenne menées aujourd’hui à Paris par le premier ministre mauritanien, il s’agit pour Nouakchott de convaincre les européens d’accepter le nouveau pouvoir militaire, pendant qu’à l’inverse, les opposants au putsch appellent l’Europe à aider à la restauration du président renversé.
Les européens iront-ils jusque là, demanderont-ils eux aussi le retour au pouvoir du président Ould Cheikh Abdallahi ? Rien n’est moins sur. L’Union Européenne, c’est vrai, l’exigeait au lendemain du putsch en août dernier, mais elle semble avoir depuis assoupli sa position. La France notamment, qui préside actuellement l’UE, apparaît aujourd’hui moins intransigeante qu’avant et elle déclare maintenant souhaiter un compromis, en d’autres termes une solution conforme à la constitution mauritanienne.
C’est précisément ce dont vont débattre aujourd’hui à Paris, les représentants des 27 et la délégation mauritanienne emmenée par l’actuel 1er ministre Mohamed Laghdaf, le rendez-vous a été fixé dans un lieu plutôt neutre politiquement, ni à l’Elysée ni à Matignon mais dans les locaux de la banque mondiale, une façon pour les européens de montrer qu’ils n’ont toujours pas l’intention de reconnaître officiellement la junte actuellement au pouvoir à Nouakchott, et de lui signifier aussi que l’enjeu au-delà du politique est aussi économique et financier, car avec 150 millions d’euros d’aides promises d’ici 2013, Bruxelles reste encore aujourd’hui le principal bailleur de fonds de la Mauritanie, le resteront-ils ? Les 27 s’interrogent, ils veulent en tout cas des garanties à charge aujourd’hui pour la délégation mauritanienne de les rassurer.
Selon des sources diplomatiques, Nouakchott pourrait profiter de ce rendez-vous pour proposer une ébauche de sortie de crise, on parle beaucoup en Mauritanie d’une 3ème voie. La junte au pouvoir s’effacerait maintenant non pas pour permettre au président déchu de revenir, mais pour favoriser l’élection d’une autre personnalité, et à ce titre, un nom revient souvent dans la presse celui du colonel qui dirigea le pays de 2005 à 2007.
Tout est maintenant question de volonté et de calendrier, le temps presse. Faute de progrès, Bruxelles pourrait prendre des sanctions. Les Etats-Unis, eux, ont déjà pris les devants en annonçant la semaine dernière des restrictions de voyages pour les responsables de la junte.

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Posté par R. Maghari le 20 octobre 2008

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