Crise financière • Henry Paulson face à la rébellion du congrès
Le FBI enquête sur une vingtaine de sociétés financières en difficultés, impliquées dans la crise que l’administration Bush veut combattre avec son plan de sauvetage de 700 milliards de dollars, mais au congrès, les parlementaire font de la résistance.
Rechercher des solutions tout en essayant de punir les coupables, c’est la double démarche de Washington dans la crise financière. Désormais, le FBI enquête sur une vingtaine de sociétés impliquées dans le crash économique de ces derniers jours, certaines pourraient avoir maquiller leurs bilans. Des enquêtes qui montrent la volonté de l’état de ne pas passer par profits et pertes les évènements de ces derniers jours, un volontarisme qui convainc pas tout à fait les parlementaires du congrès ; depuis plusieurs jours maintenant, ils plongent sur le plan de sauvetage de 700 milliards de dollars concoctés par l’administration Bush, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas envie de signer un chèque en blanc.
Il y a eu du grand théâtre, hier, dans la salle de la commission bancaire du sénat alors que le roi Henry, comme l’appelle Newsweek, faisait face à une rébellion des sénateurs. Henry Paulson, le secrétaire au trésor, a essayé de convaincre le congrès d’adopter son plan de sauvetage de 700 milliards de dollars, mais son plaidoyer a été accueilli avec scepticisme et parfois hostilité. « Pourquoi le contribuable doit-il payer pour les erreurs de Wall Street ?» Ont demandé les parlementaires qui refusent de signer un chèque en blanc au gouvernement. Le président de la commission, le démocrate Chris Dodd a qualifié le plan d’inacceptable en l’état, et a proposé un contre plan de 44 pages pour garantir que ce soit pas finalement l’américain moyen qui payera la facture.
Paulson a souligné l’urgence d’une action immédiate et indiquait que les banques étrangères actives aux Etats-Unis pourraient aussi profiter du plan. Celui-ci devrait permettre aux banques de vendre au rabais au gouvernement leurs créances douteuses, obtenant ainsi des liquidités pour pouvoir de nouveau prêter de l’argent. Plutôt malmené par la commission, Henry Paulson a été sauvé par le directeur de la banque centrale Ben Bernanke qui a rappelé qu’il a été professeur et pas banquier. Il a fait observer que les titres rachetés à bas prix pourraient être vendus, une fois la crise terminée, plus chers permettant, si tel est le cas, au gouvernement de faire un bénéfice. Mais il a surtout assisté sur les dangers de ne rien faire, hausse du chômage, augmentation des saisis de logements, risques de récession. Ces sombres prédictions ont calmé la fureur des sénateurs et après 5 heures d’audition et de récrimination, le plan de sauvetage semblait avoir des chances d’être sauvé, même si son adoption prendra un peu plus de temps que prévu.



















































