Algérie :Michelin rapatrie les familles de ses cadres

La compagnie française Michelin-Algérie a annoncé, samedi 6 octobre, avoir rapatrié les familles de ses cadres « à titre préventif » il y a une semaine, à la suite des menaces d’Al-Qaida contre la France et les Français au Maghreb. Une quarantaine de personnes ont été évacuées. Michelin est la plus ancienne entreprise française en Algérie, installée depuis 1963. Elle avait fermé ses portes en 1993, au début de la « décennie de sang », et son retour en 2002 avait été perçu comme le signe d’une normalisation.

Mais les récents attentats-suicides et les menaces d’Al-Qaida appelant, le 20 septembre, par la voix du numéro deux du mouvement djihadiste, Ayman Al-Zawahiri, à « nettoyer le Maghreb des fils de la France et de l’Espagne », inquiètent. Al-Qaida a, en Algérie, accordé son « label » au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaida au Maghreb islamique.

Deux ressortissants français travaillant à Alger pour Aéroports de Paris (ADP) ont été rapatriés, le 21 septembre, tandis que deux autres Français, employés de la société Razel, ont été évacués après avoir été blessés dans un attentat à la voiture piégée, le 21 septembre, à Lakhdaria, à l’est d’Alger.

MÉDIATISATION MAL PERÇUE

Le fait que Michelin choisisse de faire rentrer en France les familles de ses cadres ne surprend pas en Algérie. En revanche, la médiatisation de cette annonce est mal perçue. Le patronat algérien est irrité. Il craint que la décision de Michelin nuise à « l’image de l’Algérie ».

Voilà des années que l’Algérie multiplie les efforts pour attirer les investisseurs étrangers et affirme que les conditions sécuritaires ne sont plus un problème. Pour le pouvoir autant que pour la presse algérienne, les observateurs dramatisent la situation. Et s’il y a des morts – une centaine en septembre -, ce ne sont pas des étrangers mais des Algériens.

Selon le quotidien électronique Tout sur l’Algérie, huit PME de la région Lorraine ont annulé des visites de leurs cadres en Algérie depuis le début du ramadan, comme l’avait fait le groupe LVMH. « A qui profite le désengagement des entreprises françaises ? » s’interroge le journal, redoutant que l’Algérie finisse par se retrouver, « à la faveur des redditions en cascade », dans un état d’isolement comparable à celui des années 1990.

Le 5 octobre, une note de l’Oxford Business Group, « Terreur et économie », soulignait que la recrudescence du terrorisme risquait de contrarier les réformes économiques en cours en Algérie et de « refroidir les investisseurs étrangers », mais que la menace terroriste était « bien réelle ».

Le Monde

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