Algérie : l’impatience des investisseurs français

Depuis quelques semaines, les chefs d’entreprises français multiplient les signes d’impatience à l’égard de l’Algérie. Malgré l’évolution positive des relations politiques ces dernières  années entre Alger et Paris, les groupes hexagonaux restent à la traîne en termes de contrats sur le marché algérien. Signe de ce début d’impatience : attendu en décembre prochain à Alger pour une visite d’Etat, Nicolas Sarkozy pourrait, selon nos informations, ne pas être accompagné par une délégation d’hommes d’affaires français.

Certes, la France reste le premier partenaire commercial de l’Algérie. De même que plusieurs groupes français ont remporté récemment quelques privatisations de PME, comme celle que vient de décrocher Saint-Gobain pour 8.89 millions de dollars. « C’est dérisoire. Ce type d’opérations est certes courant en Algérie pour des entreprises françaises mais ce n’est pas cela le business. Du moins, ce n’est pas cela que les patrons français attendent de l’Algérie. Pour l’instant, les entreprises françaises ne se sentent pas particulièrement désirées en Algérie », relativise le PDG d’un groupe industriel implanté en région parisienne.

Pour les patrons français, le constat est sans appel : les contrats les plus importants, notamment dans le secteur de l’énergie, vont aux Américains et aux Britanniques, voire parfois aux Espagnols. « Le gouvernement algérien, pour des raisons que nous ignorons, a beaucoup aidé les Espagnols à s’implanter en Algérie au détriment des groupes français. Pourtant, ces derniers sont toujours très volontaires, comme le montre la proposition d’un partenariat entre GDF et Sonatrach », explique un consultant en stratégie qui conseille des groupes français dans leur stratégie internationale.

Plusieurs patrons ont été surpris par la réaction algérienne après la décision de Renault d’implanter une usine de montage de voitures au Maroc. « L’Algérie a attribué tous les contrats importantes aux autres pays et elle voudrait que des entreprises françaises la choisissent en priorité au détriment du Maroc où elles ont tous les avantages possibles. C’est incompréhensible ! », souligne le PDG du groupe industriel.

Les patrons français attendent à présent l’attribution de trois appels d’offres dans les prochaines semaines : la privatisation du Crédit populaire d’Algérie (CPA), les construction des deux centrales électriques de Sonelgaz et le projet de protection des frontières. «Ces contrats seront déterminant pour l’avenir des relations économiques algéro-françaises », conclut le consultant.

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