Algérie • La colère des jeunes de Diar Chems (Alger)

De violentes émeutes ont éclaté en Algérie, des protestations bien plus violentes et qui secouent depuis lundi le quartier populaire de Diar Chems à l’est d’Alger. Hier pour la deuxième journée consécutive, les jeunes, qui réclament des logements décents, ont affronté les forces de l’ordre. Bilan, au moins une cinquantaine de blessés.
Des affrontements encore plus violents que la veille, rapporte la presse privée algérienne. « Diar Chems sur une poudrière », Le Soir d’Algérie, « Diar Chems ne décolère pas », « Pierres, bouteilles… tout était bon pour caillasser les policiers anti-émeutes qui répondaient au gaz lacrymogène et aux canons à eau. Mais certains des jeunes émeutiers n’ont pas hésité non plus à lancer des cocktails Molotov. Bilan, plusieurs dizaines de blessés dont 11 policiers et de nouvelles arrestations. Hier soir, le quartier était notamment bouclé et els autorités algériennes avaient aussi envoyé les forces anti-émeutes protéger le quartier administratif en contrebas et même les abords d’un quartier non loin du palais présidentiel, pour calmer un début de panique des résidents et éviter une éventuelle contagion.
Pas d’information aujourd’hui matin sur la reprise de ces protestations, mais la rage et le désespoir qui habitent ces jeunes et leurs familles ne sont près de s’éteindre. Le quartier Diar Chems c’est en effet une excellente illustration de la crise du logement qui s’éternise en Algérie malgré la mise en chantier ces dernières années de nombreux programmes d’habitat social. Selon le wali délégué responsable, Diar Chems doit être restructuré dans le cadre du plan d’aménagement urbain d’Alger, mais il y a des années qu’on promet aux habitants immeubles neufs et relogement et qu’ils ne voient rien venir. 1500 familles environ s’entassent dans de minuscules appartement d’une ou deux pièces (40 m² maximum), et depuis 1958 pour certaines. Conséquence qui n’a rien d’inhabituel, certains squattent des terrains et construisent une ou deux pièces de plus faisant fleurir les bidonvilles que les autorités locales sont décidées à détruire.
Après le début des émeutes lundi et pour la première fois des habitants de Diar Chems ont pu discuter avec le wali délégué et les autorités locales sans parvenir à trouver donc une issue qui calme la colère des jeunes.

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