9ème édition du festival national du film à Tanger

Le palmarès de la 9ème édition du Festival national du Film de Tanger a récompensé des films abordant des thèmes dérangeants comme la question de l’identité, l’impuissance masculine, l’exode des juifs marocains ou le procès de jeunes rockeurs accusés de « satanisme ».Ainsi, le Grand prix du Festival a été remporté ce week-end par « Les coeurs brûlés », récit en partie autobiographique du réalisateur marocain Ahmed Maanouni qui met en scène un ingénieur revenu de France assister un oncle sur son lit de mort, abordant la question de l’identité et de la déchirure.

Le « prix spécial du jury » a quant à lui été attribué au long-métrage « Les jardins de Samira » de Latif Lahlou qui aborde le thème de l’impuissance masculine et rafle deux autres prix: ceux des meilleurs premier et second rôles masculins, revenus à Mohamed Khouyi – qui incarne un mari impuissant trompé par sa femme – et Youssef Britel.

En outre, « Les anges de Satan » du réalisateur Ahmed Boulane, récit d’un scandale qui avait secoué le Maroc en 2003, a reçu le prix de la musique originale. Le film reprend l’histoire de quatorze jeunes musiciens de hard-rock arrêtés par la police et condamnés par la justice à des peines allant de trois mois à un an pour « ébranlement de la foi musulmane » et « satanisme ».

Le prix du scénario a été accordé au film « Tabite or not Tabite » de Nabil Lahlou, qui évoque le sujet de l’abus de pouvoir, en revenant lui aussi sur un scandale provoqué par un commissaire de police du royaume, exécuté en 1993, pour avoir violé des dizaines de femmes.

Autre sujet qui avait provoqué l’ire des islamistes qui avaient qualifié ce film de « sioniste », le prix de l’image est revenu au film « Où vas-tu Moshé? », qui évoque l’exode des Juifs marocains vers Israël dans les années 60.

Quelque 30 millions de dirhams (près de 4 millions de dollars) sont dédiés à la promotion du cinéma marocain, ce montant devrait passer à 50 millions en 2008, l’année du 50ème anniversaire de la production du premier long-métrage marocain.

Le Festival, tenu du 18 au 27 octobre en présence de la nouvelle Ministre de la Culture, la comédienne Touria Jabrane, a mis en comptétition 25 long-métrages et les 28 court-métrages en lice.

Lors de la précédente édition du Festival de Tanger, le Grand prix avait été attribué à Yasmine Kassari pour son film « L’enfant endormi », qui narrait la vie de femmes dans un village déserté par les hommes, partis travailler à l’étranger.

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